1 - Les paysages bâtis
EVOLUTIONS ORIENTATIONS

Les dynamiques d’évolution récente

1.1 - Un étalement non maîtrisé de l’urbanisation (extensions linéaires, modèles pavillonnaires consommateurs d’espace) : absence de traitement des transitions espace bâti / espace agricole, dégradation des entrées de ville, dépendance à la voiture, coût élevé des réseaux et des services

La consommation excessive d’espace, liée en grande partie aux modes actuels de construction basés sur des modèles peu économes (lotissements pavillonnaires, extensions linéaires, constructions isolées,...), représente un enjeu prioritaire à l’échelle du département : depuis 1999, chaque année, 15 000 nouveaux habitants viennent augmenter la population girondine. Entre 1999 et 2007, l’urbanisation a conquis 7500 ha en Gironde, ce qui correspond à une moyenne de 0,9 % d’augmentation des surfaces urbanisées par an. En 20 ans, les surfaces urbanisées du département ont doublé, pour atteindre aujourd’hui un total de 42 000 ha. La qualité des paysages, mais aussi la préservation des terres de production agricole, sont aujourd’hui menacés par le développement de ces formes d’urbanisation peu durables.

Lacanau, 1950
crédits : Agence Folléa-Gautier
Lacanau, 1980
crédits : Agence Folléa-Gautier
Lacanau, 2004
crédits : Agence Folléa-Gautier

Lacanau en 1950, 1982 et 2004 - Bien que l’urbanisation de Lacanau soit encadrée par les principes de la MIACA - qui préserve, entre les sites bâtis littoraux, des Secteurs d’Equilibre Naturel -, les extensions vers l’est de la station balnéaire ont presque atteint les berges de l’étang en retrait, s’implantant dans les dunes en réduisant fortement la coupure d’urbanisation entre Lacanau-Océan et les quartiers lacustres.

Saint-Sulpice-et-Cameyrac, 1950
crédits : Agence Folléa-Gautier
Saint-Sulpice-et-Cameyrac, 1984
crédits : Agence Folléa-Gautier
Saint-Sulpice-et-Cameyrac, 2004
crédits : Agence Folléa-Gautier

Saint-Sulpice-et-Cameyrac en 1950, 1984 et 2004 - Autour d’une situation déjà diffuse en 1950 - les quelques bourgs présentent alors une structure plutôt distendue, et de nombreux hameaux et fermes isolées sont dispersés entre ces villages - l’urbanisation a rapidement occupé une surface très importante : extensions linéaires autour des voiries existantes et des chemins ruraux, ou lotissements pavillonnaires implantés à l’écart des centres, ont déjà envahi les terrains agricoles dès 1984 ; par la suite, les coupures d’urbanisation et les parcelles restées libres sont bâties à leur tour, dessinant des continuités bâties étendues mais peu denses, consommatrices d’espace sans être créatrices d’une réelle urbanité.

Saint-Ciers-sur-Gironde, 1950
crédits : Agence Folléa-Gautier
Saint-Ciers-sur-Gironde, 1984
crédits : Agence Folléa-Gautier
Saint-Ciers-sur-Gironde, 2004
crédits : Agence Folléa-Gautier

Saint-Ciers-sur-Gironde en 1950, 1984 et 2004 - Les implantations d’origines, dispersées en 1950 au long des routes principales rayonnant depuis le bourg, ont été complétées par deux types de construction : de petits quartiers constitués sur des dessertes secondaires ou des culs-de-sac créés de toutes pièces à proximité des voies de circulation ; des pavillons isolés alignés les uns après les autres au fil des routes. Ces formes d’urbanisation n’offrent pas, aujourd’hui, la structure d’un bourg bien constitué : éloignement du centre, obligation d’utiliser la voiture, absence d’espaces publics de qualité dans les extensions...

Baron vers 1910.
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Baron aujourd'hui, un lotissement a récemment remplacé les prairies qui entouraient le village.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Autour des extensions récentes, les transitions entre le bâti et les espaces agricoles sont rarement travaillées : clôtures grillagées et haie de thuyas pour ces maisons neuves à Bieujac, en contact direct avec les terres cultivées.
crédits : Agence Folléa-Gautier
L'impact visuel des lotissements banalisants est ici accentué par la grande ouverture des terres viticoles et l'absence d'accompagnement végétal du bâti - Teuillac
crédits : Agence Folléa-Gautier
Pour une part importante, l'urbanisation récente se compose de lotissements décentrés, dont l'organisation basée sur l'utilisation quasi-systématique de la voiture ne permet pas le développement d'une réelle urbanité (absence de commerces ou services de proximité, inexistence de l'espace public, dessertes en cul-de-sac ne créant pas de liens avec le bourg...) - Artigues-Près-Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier
Au fil des routes s'étirent de nombreuses extensions linéaires, alignements de pavillons souvent isolés en cœur de parcelle ; coûteuses en termes d'espace, de réseaux (eau, énergie...) et de services (transports scolaires, ramassage des ordures...), ces formes de développement imposent en outre l'utilisation quotidienne de la voiture et réduisent fortement les coupures d'urbanisation entre les bourgs, favorisant la constitution de continuums urbains - Belin-Beliet
crédits : Agence Folléa-Gautier
En limite est de l'agglomération bordelaise, cette frange urbaine ne tire aucun parti de la présence du vignoble : la rencontre entre les deux espaces est matérialisée par une voie goudronnée, et la qualité du paysage rural ne trouve pas d'écho dans cette lisière au traitement pauvre - Artigues-Près-Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier
Cette grande surface commerciale au bord de la RD936 coupe les perceptions du paysage depuis la route, et n'offre à la place qu'une architecture banale et une clôture peu valorisante - Saint-Avit-Saint-Nazaire
crédits : Agence Folléa-Gautier
Depuis le bourg ancien, groupé sur la ligne de crête, les nouvelles constructions se sont étalées progressivement au fil des routes, colonisant le coteau de plus en plus bas et atténuant la perception de l'organisation première du village - Gornac
crédits : Agence Folléa-Gautier

1.2 - Une pression forte de l’agglomération bordelaise en cœur de département (consommation de l’espace de respiration entre Bordeaux et Arcachon, urbanisation diffuse de l’Entre-Deux-Mers, urbanisation linéaire des vallées Garonne et Dordogne), qui se reporte aujourd’hui sur des pôles secondaires

L’agglomération bordelaise a longtemps concentré la très grande majorité de la croissance urbaine autour des axes routiers majeurs qui l’entourent (la rocade, la RD1250 l’A10...) : les trois quarts de la surface urbanisée du département sont, aujourd’hui encore, inclus dans le périmètre du SCoT SCoT Schéma de Cohérence Territoriale de l’aire métropolitaine bordelaise. Le système urbain du Bassin d’Arcachon, également marqué par une urbanisation et un développement économique importants, constituait le seul pôle urbanisé complémentaire majeur sur le département.
Depuis 1999, les tendances ont évolué, et les pressions liées à la croissance urbaine se sont réparties sur l’ensemble du territoire. Le développement résidentiel se multiplie dans tout le département, tandis que la construction au sein de l’agglomération connait une baisse notable. D’autres systèmes urbains s’affirment autour du Barp, de la vallée de Garonne, dans le Cubzadais...

Croissance urbaine de l'agglomération bordelaise entre 1950 et 1999
crédits : A'Urba
Tendances de la croissance urbaine en Gironde jusqu'en 1999 - document a'urba
crédits : a'urba
Tendances de la croissance urbaine en Gironde depuis 1999 - document a'urba
crédits : a'urba
Les terres agricoles de l'Entre-Deux-Mers sont de plus en plus mitées par un bâti pavillonnaire envahissant, qui se diffuse autour des implantations anciennes dispersées et peu denses - Pompignac
crédits : Agence Folléa-Gautier
L'entre-deux Bordeaux-Arcachon est un axe important de développement de l'urbanisation : au long de la RD1250 se forme progressivement un couloir bâti qui empiète de plus en plus sur cette coupure d'urbanisation majeure - Pessac
crédits : Agence Folléa-Gautier

1.3 - Une constitution de zones d’activités monofonctionnelles hors des villes : consommation de surface, fragilisation des centres, qualité architecturale et urbanistique médiocre

Le développement de l’offre commerciale se fait de plus en plus sous la forme de pôles monofonctionnels, situés en périphérie des bourgs et accueillant principalement des grandes enseignes. Depuis 2002, chaque année, se sont entre 73 000 et 112 000 m² de surfaces commerciales qui sont mis en construction sur le département. Ces zones commerciales - qui se développent autant dans le périmètre de la CUB que dans le reste du département - tendent à vider les centres-villes, dont les commerces ferment ou se déplacent à leur tour en périphérie. De plus, leur aménagement reste le plus souvent tourné exclusivement vers l’utilisation de la voiture et n’offre pas d’image de qualité, successions répétitives de parkings et de volumes bâtis sommaires.

Les zones d'activités se multiplient, implantées à distance des centres et à proximité des axes majeurs de circulation (souvent de façon linéaire) elles constituent des écrans entre les routes et le paysage et dégradent les abords des villes - RD937 à l'est de Blaye, Saint-Martin-de-Lacaussade
crédits : Agence Folléa-Gautier
Zone d'activité à l'ouest de La Réole, sur la RD1113 - Gironde-sur-Dropt
crédits : Agence Folléa-Gautier
La délocalisation de l'offre commercial hors des villes entraine une dévitalisation notable de nombreux centres urbains : vacance des commerces, souvent suivie d'un abandon des logements et d'une dégradation du bâti - Sainte-Foy-la-Grande.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Situé sur la limite extérieure du bourg, ce petit ensemble de commerce s'accompagne d'un parking et d'aménagements spécifiques : le vocabulaire des grandes surfaces commerciales sert ici de modèle - Salleboeuf
crédits : Agence Folléa-Gautier
Au-delà des lotissements qui entourent la bastide de Créon se développe cette zone commerciale, aux abords de la RD671.
crédits : Agence Folléa-Gautier
L'approche de Libourne par la RD670 se fait à travers une profusion de grandes surfaces commerciales, agglutinées au long de la route.
crédits : Agence Folléa-Gautier

1.4 - Une fragilisation des coupures d’urbanisation

Avec la multiplication des constructions pavillonnaires en bord de route et des zones commerciales ou d’activités, le phénomène d’urbanisation linéaire s’aggrave autour de nombreuses entrées de ville. Dans certains cas, les fuseaux bâtis ainsi constitués se rapprochent d’un bourg à l’autre, jusqu’à réduire de façon importante les coupures d’urbanisation qui les séparent. La fragilisation de ces espaces de respiration laisse alors la place à des continuités bâties qui empêchent toute lecture du paysage et de la structure ancienne de l’urbanisation.

Zones d'activités et lotissements établis au fil de la RD1250 réduisent de plus en plus la coupure d'urbanisation entre Bordeaux et le Bassin d'Arcachon - Cestas
crédits : Agence Folléa-Gautier
Lanton, 1950
crédits : Agence Folléa-Gautier
Lanton, 2004
crédits : Agence Folléa-Gautier

Lanton en 1950 et en 2004 - L’exemple de Lanton est révélateur de l’importance et de la fragilité des coupures d’urbanisation : au bord du Bassin d’Arcachon, de nombreux lieux de contact entre le massif forestier et les eaux, bien marqués en 1950, ont aujourd’hui disparu sous l’urbanisation ; aujourd’hui, seuls les boisements entre Lanton et Audenge soulignent encore la séparation nette entre les deux communes.

1.5 - Une banalisation de l’architecture

Les modèles architecturaux adoptés de façon majoritaire pour les constructions nouvelles n’offrent pas une image de qualité, mais, au contraire, tendent à banaliser les paysages : en reproduisant des modèles bâtis décontextualisés et souvent mal inscrits dans les sites, l’archétype de la maison pavillonnaire colonise le paysage en en diminuant les qualités. La part importante des maisons individuelles dans le parc de logements girondin (65,5 %) fait de ce phénomène une problématique majeure, mais d’autres types de bâti participent de cette évolution, notamment au sein des zones d’activité ou de commerce.

crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le vocabulaire architectural de ce pavillon, sans liens avec son site d'implantation, banalise le paysage dans lequel il s'inscrit en ignorant les spécificités locales - Loupiac-de-la-Réole
crédits : Agence Folléa-Gautier
Architecture banalisante des pavillons - Talais
crédits : Agence Folléa-Gautier
Multiplication de bâtiments banals et identiques, véritables 'clones' architecturaux groupés sur ce coteau - La Réole
crédits : Agence Folléa-Gautier
La grande majorité des bâtiments industriels ne présente pas de qualité architecturale, ni de tentative d'inscription dans les paysages qui les accueillent - Blanquefort
crédits : Agence Folléa-Gautier
Implanté de façon isolée et légèrement surélevé par rapport au sol naturel, ce pavillon impose son image banalisante au premier plan des paysages ruraux de l'Entre-Deux-Mers – Salleboeuf
crédits : Agence Folléa-Gautier

1.6 - Un cloisonnement des paysages par les jardins privés et une banalisation par les essences ornementales

La végétalisation importante des jardins privés, notamment sous la forme de hautes haies en périphérie des propriétés, dessine des situations de cloisonnement important du paysage. Le pourtour des villages, autrefois souvent cultivé, laisse ainsi place à des jardins d’agrément où l’on cherche à créer une intimité grâce au végétal, en se refermant sur soi-même ; les constructions sur les coteaux amènent à privatiser des points de vue de qualité ; le recul sur les façades bâties offert par certains jardins est remplacé par une paroi végétale opaque fermant la perspective de la rue... De plus, les essences employées - parmi lesquelles domine souvent le thuya - tendent à banaliser les palettes végétales et à uniformiser certains paysages.

crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
La-Teste-de-Buch vers 1910 et aujourd'hui - Tandis que la transparence entre espace privé et public restait importante au début du XXème siècle, les haies ornementales opaques ont transformé radicalement le paysage urbain de La-Teste-de-Buch, aujourd'hui bien plus cloisonné.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Saint-Ciers-sur-Gironde vers 1910 et aujourd'hui - Cette haute haie de Thuyas, à droite, réduit de façon importante la perception du village depuis l'entrée est.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Asques vers 1910 et aujourd'hui - La vue sur l'église d'Asques, en arrivant par la RD137, est aujourd'hui obstruée par une haie végétale privative, ce qui dévalue cette entrée du bourg.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Bazas vers 1910 et aujourd'hui - Au nord de la ville de Bazas, l'urbanisation du coteau a entrainé la privatisation de cette vue sur la cathédrale.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les clôtures présentent aussi souvent une image disgracieuse : pauvreté des matériaux et des couleurs, absence de cohérence... Pineuilh
crédits : Agence Folléa-Gautier

1.7 - Une dévalorisation des espaces publics par l’envahissement de la voiture

La place grandissante prise par la voiture dans nos déplacements quotidiens a transformé radicalement les paysages urbains depuis le début du XXème siècle et ne permet plus, aujourd’hui, l’appropriation de l’espace de la rue pour d’autres usages. Les surfaces dévolues aux piétons sont très réduites, l’artificialisation des sols a effacé l’image rurale des villages, les stationnements ont remplacé les alignements d’arbres... Ce n’est que depuis quelques années que les efforts de requalification des centres-bourgs misent sur le piéton en lui donnant priorité, sans exclure la voiture, dans un équilibre délicat mais indispensable.

crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Arbanats vers 1910 et aujourd'hui - Les espaces publics arborés d'Arbanats ont été supplantés par des places de stationnement.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Bazas vers 1910 et aujourd'hui - La belle place à arcades de Bazas est restée intacte, mais l'omniprésence des voitures la dévalorise.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Bourg vers 1910 et aujourd'hui - L'importance de la voiture a entrainé une artificialisation complète des sols.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Sainte-Terre vers 1910 et aujourd'hui - Les beaux trottoirs ombragés par les platanes accueillent aujourd'hui surtout les voitures.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les zones d'activités fonctionnant sur le principe du tout-voiture, aucun espace n'est prévu pour les piétons ou les circulations douces- Artigues-Près-Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier
La surface dévolue à la voiture semble disproportionnée et les piétons sont relégués sur d'étroits trottoirs - Etauliers
crédits : Agence Folléa-Gautier
La belle place centrale à arcades de la bastide de Créon est dévalorisée par la présence excessive des voitures.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les lotissements pavillonnaires sont dessinés en fonction des dessertes automobiles, ce qui laisse peu ou pas de place au piéton - Salleboeuf
crédits : Agence Folléa-Gautier
Malgré l'espace disponible sur la voie, les véhicules sont stationnés juste au pied des façades, n'offrant aucun recul aux trottoirs et peu de confort aux piétons - Castillon-la-Bataille
crédits : Agence Folléa-Gautier

1.8 - Une transformation marquante de Bordeaux par la mise en valeur du patrimoine et de l’espace public

Au cours des dernières années, les transformations radicales de l’espace public de Bordeaux ont permis de requalifier la ville de façon spectaculaire. La mise en place du tram, la transformation des quais, le renouvellement des sites emblématiques, la rénovation des façades... ont dessiné un nouveau visage pour la capitale du département. Le piéton a retrouvé sa place en centre-ville et sur les bords de Garonne, tandis que les circulations automobiles ont été restreintes par la mise en place de structures plus contraignantes. Les projets se poursuivent plus largement autour du centre, de la gare, et surtout en rive droite avec la construction programmée de deux ponts supplémentaires.

crédits : Agence Folléa-Gautier
Bordeaux en 1996 et aujourd'hui - Les quais, autrefois envahis par les voitures, sont aujourd'hui dédiés en premier lieu aux loisirs et aux circulations piétonnes et cyclistes.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Agence Folléa-Gautier
Bordeaux en 1996 et aujourd'hui - Au cœur de la ville, les bords de Garonne sont aujourd'hui accessibles aux badauds dans des conditions confortables.
crédits : Agence Folléa-Gautier
La mise en place du réseau de tramway a été l'occasion d'un réaménagement pour les espaces publics - Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier
De nombreux chantiers d'espaces publics parsèment encore les rues de Bordeaux, soulignant la dynamique de transformation de la ville.
crédits : Agence Folléa-Gautier

1.9 - Une requalification des espaces publics dans les villages ruraux, parfois teintée de connotations trop urbaines

Tout comme pour les grandes villes du département, la qualité des villages dépend en grande partie de l’aménagement de leur espace public, et de nombreux bourgs ont déjà mis en œuvre des chantiers de valorisation de leurs centres. Si les projets offrent souvent une réelle mise en valeur des patrimoines et une requalification réussie, certaines opérations présentent aussi des transformations moins heureuses, au sein desquelles domine un vocabulaire trop urbain, qui s’inscrit mal dans le contexte rural des villages : bitume omniprésent, mobilier à caractère très urbain...

Valorisation du parvis de l'église de Sainte-Terre.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Aménagement touristique du site géologique de Sainte-Croix-du-Mont, avec ses falaises d'huîtres fossiles.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Place de la mairie - Bouliac
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Le Barp vers 1910 et aujourd'hui - L'aménagement de l'espace public de certains villages tend à faire disparaître le vocabulaire 'rural' ; dans le cas présent : disparition du fossé enherbé, plantation d'essences ornementales, mise en place d'éclairages de style urbain.
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La forte présence visuelle des potelets ne correspond pas au statut rural du bourg d'Eynesse.
crédits : Agence Folléa-Gautier
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carte orientations des paysage bâtis

Orientation 1.1 - Limiter l’étalement urbain ; favoriser la densification et le recentrage du bâti

Les objectifs visés :

  • Limiter la surconsommation d’espace agricole et naturel par l’urbanisation
  • Conforter les centralités existantes et renforcer la vitalité des centres des villes et villages
  • Requalifier les espaces urbanisés en linéaire ou en diffus et inventer la centralité dans les quartiers où elle fait défaut
  • Améliorer la qualité de vie et consolider le lien social au niveau local
  • Favoriser la mixité sociale en centres-bourgs
  • Réduire la dépendance à la voiture et les émissions de GES (gaz à effet de serre), faciliter les déplacements de proximité à pied ou à vélo
  • Réduire les coûts induits des extensions pour la collectivité
  • Reconquérir l’attractivité des centres-bourgs

Les principes à adopter :

  • Faire appel à des hommes de l’art (architectes, paysagistes, urbanistes...) pour tout projet d’extension urbaine ou de renouvellement de centre
  • Améliorer les recommandations aux élus en matière d’urbanisme et de construction par le développement de réseaux de conseil (AMO)
  • Conforter les centralités existantes et promouvoir un urbanisme des courtes distances, relocaliser les équipements de service et de commerce au cœur des bourgs
  • Intensifier les centres bourgs, c’est-à-dire offrir des possibilités d’y vivre au quotidien, de travailler et de se divertir à proximité (l’inverse des quartiers dortoirs)
  • Etre créateur de centralité lorsqu’elle fait défaut (Entre-deux-Mers en particulier)
  • Favoriser une densité urbaine : logements collectifs et intermédiaires, mitoyenneté, …
  • Stopper l’urbanisation linéaire au fil des routes
  • Stopper l’urbanisation au gré des opportunités foncières ; encourager la constitution de portefeuille foncier public
  • Etablir les extensions prioritairement en continuité des centralités, en privilégiant les liaisons douces de proximité
  • Mailler les secteurs urbanisés par des systèmes de transports en commun à la fois urbains et interurbains
  • Créer un parcellaire permettant une certaine densité dans les extensions : éviter le parcellaire carré tendant à isoler la maison au milieu de sa parcelle
  • Assumer des volumes bâtis en continuité de ceux des centres-villes existants, y compris en proposant, selon les contextes, des R+1 ou R+2
  • Relier l’urbanisation diffuse existante et les équipements avec les centres-bourgs par des circulations douces
  • Privilégier le positionnement des équipements intercommunaux (collèges, lycées,...) dans les centres-bourgs, éviter les implantations « dans la nature », à égale distance des villages
  • Développer l’exemplarité en matière d’opérations urbaines, notamment sous la forme d’expérimentations

Dans le cas de la construction de nouveaux quartiers :

  • Positionner et concevoir les constructions dans l’objectif de conforter les centralités en place :
    • proximité physique au centre
    • liaisons au centre, aux commerces, et aux équipements publics via des circulations douces
  • Développer une trame viaire continue (éviter les impasses) pour favoriser la continuité du tissu bâti et les échanges sociaux
  • Redécouvrir la construction en limite de parcelle, souvent gage d’urbanité et d’harmonie avec l’urbanisme traditionnel en place
  • Privilégier les maisons proches les unes des autres ou mitoyennes plutôt qu’isolées au milieu des parcelles
Logements collectifs au centre de Bègles
crédits : Agence Folléa-Gautier
Construction de logements collectifs récents en centre-ville, utilisation qualitative du bois - Arès
crédits : Agence Folléa-Gautier
Reconstruction de petit collectif dans la ville ancienne : une opération qui s'inscrit bien dans les volumes préexistants du centre-bourg, même si le rapport à la rue pourrait être plus avenant - Branne
crédits : Agence Folléa-Gautier
Logements collectifs à Lormont
crédits : Agence Folléa-Gautier
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L'étude "5 dialogues pour 50 000 logements autour des axes de transports collectifs" cherche à développer des stratégies afin d'intensifier l'agglomération bordelaise, en recentrant sur les axes de transports existants le développement de la ville - source a'urba
crédits : a'urba

Orientation 1.2 - Poursuivre les démarches de valorisation de l’espace public, dans les villes comme dans les bourgs, au bénéfice du piéton et des transports en commun

Les objectifs visés :

  • Conforter l’attractivité des centralités des villes comme des bourgs
  • Améliorer l’image des espaces habités et la qualité des espaces publics urbains
  • Faciliter les usages agréables des espaces partagés et conforter le lien social
  • Accompagner qualitativement et « compenser » la densification et la structuration nécessaires des villes et des bourgs par les structures végétales
  • Eviter la standardisation et la banalité des aménagements

Les principes à adopter :

  • Faire appel à des hommes de l’art pour la définition des programmes et des cahiers des charges, ainsi que pour la conception et la mise en œuvre (paysagistes, architectes, éclairagistes, BET VRD, …)
  • Développer le confort d’usage et l’attractivité visuelle des liaisons douces : agréables, confortables, efficaces, sûres
  • Limiter les surfaces minérales imperméables
  • Réserver les espaces et les moyens nécessaires à la plantation arborée des espaces publics et à leur gestion
  • Promouvoir l’utilisation d’essences locales adaptées
  • Encourager la mise en valeur des façades bâties accompagnant les places publiques et les rues principales
  • Requalifier les places et les rues principales :
    • limitation de la place de la voiture
    • élargissement des surfaces réservées aux piétons
    • réorganisation ou « délocalisation » des espaces de stationnement
    • réfection des sols en privilégiant des matériaux naturels de qualité
    • valorisation des halles ou marchés couverts
    • réintroduction de l’arbre et de l’herbe (perméabilité des sols) dans les espaces publics où ils font défaut en privilégiant les espèces indigènes adaptées au contexte rural
  • Réserver les budgets d’entretien nécessaires et promouvoir la gestion différenciée des espaces publics plantés
Le parvis de la gare Saint-Jean, entièrement réaménagé, est aujourd'hui bien plus accueillant pour les piétons ; seuls les trams circulent encore sur cet espace - Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier
Réaménagement sobre des espaces publics de Gensac. Grâce au traitement de sol, la voiture n'apparait pas prioritaire, tout en ayant sa place en ville. Visuellement le parking est intégré au traitement général de la place, sans être trop différencié, les arbres replantés suffisent à délimiter les stationnements sans marquages au sol, le trottoir à droite n'est pas encombré de bornes anti-stationnement.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Quelques plantations basses suffisent à agrémenter cette rue et à délimiter l'espace piéton, tout en restant dans un aménagement à l'image rurale. Le pavage au centre de la chaussée évite le marquage routier banal ; les trottoirs sont différenciés de la chaussée par les matériaux et restent perméables. L'absence de bordure permet aux eaux de ruissellement d'arroser les plantes herbacées. La route est plantée - Hourtin
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le cœur de ce lotissement offre un espace extérieur collectif, relié au centre du village par un sentier piéton - Artigues-Près-Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 1.3 - Repenser le développement de l’activité (commerciale, de services, culturelle...) sous des formes plus mixtes, plus urbaines

Les objectifs visés :

  • Revitaliser les centres et améliorer leur attractivité en maintenant et développant les commerces
  • Limiter la consommation des terres pour le développement des activités
  • Stopper l’allongement de l’urbanisation d’activités en linéaire le long des routes
  • Réduire l’utilisation de la voiture en assurant une offre commerciale de proximité

Les principes à adopter :

  • Optimiser le foncier disponible au sein de l’urbanisation existante : friches, dents creuses, réhabilitation/requalification d’anciennes ZA
  • Relocaliser certaines activités occupant des sites sensibles
  • Faciliter l’implantation des commerces à proximité des centralités existantes (services administratifs, écoles...)
  • Développer l’offre de transports en commun pour desservir les secteurs de commerce
  • Compléter les dessertes vers les centres par des maillages de circulations douces
Projet de densification, aménagement d'un îlot urbain pluri-fonctionnel - Saint-Denis-De-Pile
crédits : Conseil Général de la Gironde - Mission Paysage

Orientation 1.4 - Reconnaître les sites et formes bâtis dans leurs richesses et leur diversité

Les objectifs visés :

  • Valoriser les sites bâtis dans leurs relations avec le grand paysage
  • Préserver, mettre en valeur et réhabiliter le patrimoine architectural et urbain existant
  • Conforter l’image et l’attractivité touristique de la Gironde

Les principes à adopter :

  • Préserver les alentours des sites bâtis patrimoniaux par les documents d’urbanisme
  • Promouvoir les aides spécifiques à la réhabilitation du patrimoine construit
  • Valoriser les espaces publics des sites bâtis par des réaménagements de qualité
  • Assurer la visibilité des sites bâtis dans le paysage : gestion des coteaux enfrichés, recul des peupleraies...
  • Valoriser les séquences d’entrée de ville, améliorer leur lisibilité pour renforcer l’image des sites bâtis
  • Mettre en scène les sites bâtis depuis les alentours : points de vue aménagés, itinéraires de randonnée...
Formée par les spécificités du relief - le coteau est ici découpé par deux vallons - la silhouette architecturale majestueuse de La Réole bénéficie de la présence de la Garonne, qui dégage un recul important. Le projet de réaménagement des quais à venir doit prendre en compte cette situation exceptionnelle.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le site bâti de Rauzan conserve une image prestigieuse grâce à l'absence de constructions dans le vallon qui le jouxte : sa silhouette marquée par la présence du château s'impose ainsi aux regards.
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 1.5 - Créer des lisières urbaines, rencontres entre espaces bâtis et espaces agricoles, forestiers ou naturels

Les objectifs visés :

  • Constituer des espaces de transitions entre les villes et les villages et les étendues cultivées, économiquement acceptables par les agriculteurs et offrant des usages aux habitants
  • Améliorer la protection des espaces agricoles : constituer des limites tangibles pour maîtriser la consommation des terres par l’urbanisation, constituer des espaces tampons permettant de mieux gérer la fréquentation du public et de protéger les cultures, constituer des espaces tampons mettant à distance les logements des champs et des risques de nuisances (traitements phytosanitaires nécessaires, bruit des engins, …)
  • Stabiliser la répartition urbanisation/espaces agricoles dans l’espace et dans le temps
  • Matérialiser des limites appropriables pour les habitants
  • Offrir des espaces libres attractifs en accompagnement de la densification
  • Améliorer le paysage urbain des limites et entrées de villes et mettre en scène la transition entre espaces bâtis et cultivés
  • Offrir des espaces pour des implantations intégrées d’équipements agricoles, hydrauliques ou urbains à l’interface des deux milieux
  • Contribuer à préserver la biodiversité, en intégrant les lisières dans la trame verte et bleue du département

Les principes à adopter :

  • Repérer et identifier les lisières urbaines de qualité dans les documents d’urbanisme et d’aménagement
  • Constituer un espace spécifique en limite urbanisation/espace agricole, économe en foncier, notamment à l’occasion des opérations d’urbanisme, d’aménagement, d’infrastructures, d’équipements
  • Tirer parti des structures paysagères existantes dans le cadre de la création des lisières urbaines
  • Offrir des usages à cet espace : selon les cas voie de desserte plantée, circulation douce, jardins familiaux, aire de jeux, bassins de rétention paysagers, …
  • Planter l’espace ainsi réservé de la lisière
  • Maîtriser les clôtures et les implantations urbaines au contact de la lisière
  • Constituer des lisières économes en gestion
  • Limiter l’impact des nuisances occasionnées par les activités agricoles à proximité des habitations tout en permettant aux agriculteurs de travailler dans de meilleures conditions
  • A l’occasion de nouvelles extensions urbaines, créer des chemins piétonniers publics parcourant les lisières et irriguant les nouveaux quartiers ; accompagner les chemins créés d’arbres et de haies (arbres fruitiers, haies composées d’espèces indigènes favorables à la richesse de l’avifaune …)
  • Encourager les agriculteurs à différencier leurs modes d’exploitation sur le pourtour des villages
  • Mettre en place des lisières urbaines évolutives, permettant de gérer dans le temps les extensions du bourg
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Photo aérienne de la "prairie urbaine" de Lapouyade
crédits : Agence Folléa-Gautier
A la naissance de la Laurence, la ripisylve en fond de vallon accompagne la limite d'urbanisation de Pompignac.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Ces boisements conservés forment une lisière végétale à ce quartier pavillonnaire, mais aussi un espace public 'naturel' accessible - Artigues-Près-Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier
Au pied de ce quartier implanté dans un vallon, un sentier accompagné d'une haie arborée marque le talweg et la fin de l'urbanisation - Floirac
crédits : Agence Folléa-Gautier
Cette pelouse compose une 'prairie urbaine' ouverte sur le vignoble, et offre ainsi en transition entre ville et campagne un espace public de qualité et à l'image rurale - Lapouyade
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 1.6 - Maîtriser l’effet de vitrine des activités vis-à-vis des routes

Les objectifs visés :

  • Promouvoir l’attractivité économique du département, favoriser la qualité paysagère des activités
  • Eviter le syndrome des entrées de villes dévalorisées par l’urbanisation linéaire d’activités
  • Limiter et maîtriser l’affichage publicitaire, les enseignes et pré-enseignes
  • Lutter contre la banalisation du cadre de vie

Les principes à adopter :

  • Occuper et revaloriser en priorité les zones d’activités et de commerce existantes, et réinvestir les friches, avant d’envisager toute création
  • Maîtriser dans l’espace et dans le temps l’évolution des zones d’activités
Zones existantes :
  • Revaloriser les linéaires routiers dégradés (entrées de villes, …)
  • Connecter les activités aux centres par des liaisons douces confortables et sûres, aménagées et plantées d’arbres et de haies
  • Réguler la prolifération des pancartes, publicités et enseignes par la mise en place de chartes et de réglementations
Zones nouvelles :
  • Stopper l’urbanisation linéaire le long des voies d’entrée de villes et de villages
  • Mettre en scène les accès au territoire, aux villes et aux villages, longeant ou traversant la zone d’activités créée
  • Maintenir un espace géré, planté et entretenu, entre la route et les bâtiments d’activité situés en vitrine, formant un recul de lisibilité et d’inscription dans le territoire, intégré dans le cahier des charges de conception de la zone
  • Organiser des façades bâties ou pignons globalement parallèles à la route, tournés vers elle
  • Porter un effort particulier de qualité architecturale des façades bâties et des pignons, en particulier côté route principale (vitrine « image de marque ») : choix de matériaux et de couleurs adaptés (sombres), intégration des enseignes dans les volumes (sans excroissance), accompagnement végétal des volumes bâtis, pas d’espaces utilitaires côtés route (parking, aire de stockage)...
  • Assurer un traitement qualitatif des clôtures : utilisation de matériaux nobles et finitions soignées, accompagnement végétal, grillage de couleur sombre, limitation des hauteurs (2 mètres maximum)
  • Faciliter la reconversion ou la requalification des zones d’activités existantes par une intégration dans le paysage
  • Promouvoir la qualité et la cohérence du traitement architectural, par exemple sous la forme d’une charte commune, en édictant les principes d’aménagement et de construction des zones et bâtiments d’activités
  • Favoriser les liaisons entre les villages et les zones d’activités : circulations douces et routes directes
  • Soigner la qualité des espaces publics :
    • constitution d’une trame viaire plantée
    • aménagements pour le confort du piéton (trottoirs, traversées sécurisées...)
    • traitement des eaux pluviales par des aménagements paysagers de qualité : noues plantées, fossés, bassins de traitement des eaux, limitation des surfaces imperméabilisées
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le recul par rapport à la route, les arbres préservés et les choix architecturaux (façade bois, enseigne inscrite dans la silhouette...) contribue à atténuer l’impact visuel de cette grande surface commerciale depuis la route - Bassin d’Arcachon

Orientation 1.7 - Développer la qualité architecturale et paysagère des zones d’activités et de commerce

Bâtiment d'activité à l'architecture travaillée - Bassin d'Arcachon
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les objectifs visés :

  • Renforcer l’attractivité du territoire et valoriser l’économie locale
  • Favoriser la qualité paysagère, urbaine et architecturale des activités
  • Préserver la qualité du cadre de vie et éviter la banalisation du territoire

Les principes à adopter :

  • Adapter finement les implantations au terrain naturel et aux occupations anciennes (préservation de haies, de fossés, d’alignements...)
  • Maîtriser la qualité architecturale et paysagère dans une unité d’ensemble ; par exemple :
    • Façades sombres, couleurs denses, sauf exceptions (matériaux spécifiques)
    • Bardages de préférence horizontaux et non verticaux
    • Intégration des enseignes dans les volumes bâtis, sans excroissance
    • Accompagnement végétal des volumes bâtis ; pas d’espaces utilitaires visibles côté route principale sans traitement paysager (aires de stockages de matériaux, parkings…)
    • Limitation des clôtures, au bénéfice d’espaces ouverts et perméables
    • Traitement qualitatif des clôtures : limitation de l’usage des clôtures industrielles, utilisation de matériaux nobles et finitions soignées (murs maçonnés), accompagnement végétal (haies composées), clôtures grillagées sombres, limitation en hauteur (2,00 m maximum) - selon les contextes
  • Créer des trames viaires et pluviales plantées avec un plan d’ensemble d’aménagement paysager des eaux pluviales, intégrant noues, fossés, bassins, plantations, circulations douces
  • Limiter au maximum les surfaces imperméabilisées
  • Accompagnement par des plantations, des cheminements, des pistes et bandes cyclables pour la desserte interne de la zone et pour les liaisons avec les bourgs voisins
  • Améliorer l’aménagement des parkings de grandes surfaces : mettre en place des circulations piétonnes confortables, offrir de l’ombrage par des plantations...
  • Edicter, pour les zones d’activités existantes et futures, des principes communs d’aménagement, sous forme de charte communautaire par exemple, notamment en matière d’énergies renouvelables et de gestion des dépendances vertes (plantations de haies, mobilier urbain homogène, gestion des entrées, systèmes de clôtures…)
  • Maîtriser la qualité et la cohérence du traitement architectural : disposition, volumétrie, couleur et matériaux des bâtiments, etc.
  • Assurer le raccordement aux liaisons viaires existantes et l’accessibilité aux modes de transports collectifs (arrêt de bus si nécessaire)
  • Offrir des services aux personnes qui travaillent dans la zone :
    • Liaisons de qualité avec les bourgs voisins, y compris par circulations douces
    • Services rassemblés autour d’un espace public commun agréable et facile d’appropriation
  • Faire appel à des hommes de l’art pour élaborer et suivre les projets d’aménagement
  • Maîtriser dans l’espace et dans le temps l’évolution des zones d’activités :
    • Maîtrise foncière totale d’une tranche avant toute implantation d’entreprise
    • Constitution d’une enveloppe végétale extérieure forte pour chaque tranche, compatible avec la réalisation des tranches ultérieures ; l’objectif n’est pas de masquer des bâtiments qui ne peuvent pas l’être, mais de former une limite pérenne entre la zone d’activités et l’espace agricole, de nature ou urbain
  • Prévoir des dispositifs favorables au développement durable :
    • Recherche d’utilisation locale des déblais/remblais
    • Utilisation des volumes excédentaires pour conforter la trame paysagère, constituer des talus de protection phonique ou climatique
    • Recherche de production et utilisation des énergies renouvelables

Orientation 1.8 - Encourager une architecture de qualité, inscrite dans son site et dans son contexte, et promouvoir l’architecture contemporaine

Les objectifs visés :

  • Développer la qualité architecturale dans les opérations d’habitat
  • Adoucir la présence du bâti dans le paysage vu et vécu
  • Lutter contre la banalisation du cadre de vie induite par de nombreuses constructions récentes
  • Promouvoir l’architecture BBC adaptée aux conditions climatiques et économiques de la Gironde

Les principes à adopter :

  • Poursuivre les efforts de réhabilitation du patrimoine architectural et urbain
  • Faire appel à des concepteurs hommes de l’art (architectes, paysagistes, urbanistes) pour tout projet d’aménagement ou de construction
  • Associer aux réflexions de programmation et de réalisation les différents acteurs et décisionnaires, et ceci en amont des projets (DDT, ABF, …)
  • Alimenter les choix de constructibilité des terrains par une étude paysagère des sites bâtis : logiques d’implantation du bâti dans le paysage et réalisation de simulations d’implantations
  • Assumer des volumes bâtis en continuité de ceux des centres-villes existants, y compris en proposant, selon les contextes, des R+1 ou R+2
  • Initier des opérations exemplaires pour les projets de bâtiments publics où l’architecture traditionnelle pourra être une source d’inspiration sans être un frein à la modernité.
  • Prendre en compte les caractéristiques propres à l’architecture traditionnelle locale dans les constructions neuves :
    • rapport à la pente
    • hauteur et volumétrie
    • couleur dominante des façades et des toitures
    • typologie d’implantation par rapport à la rue
    • proportions des ouvertures
    • clôtures et végétal en limite d’espace public (ou visuellement public)
  • Eviter les haies monospécifiques de persistants (notamment type thuyas, laurier-cerise,...) dont l’effet est banalisant
  • Développer l’évolutivité des opérations et la gestion dans le long terme
  • Intégrer l’utilisation des énergies renouvelables à la conception architecturale et urbaine (Bâtiments Basse Consommation...)
L'extension du palais de justice de Bordeaux, construite en 1998.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Extension de chai viticole mariant les matériaux bois et calcaire - Pomerol
crédits : Agence Folléa-Gautier
La médiathèque d'Artigues-Près-Bordeaux, implantée au cœur du bourg.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Cette maison particulière reprend à son compte le matériau traditionnel girondin : la pierre calcaire taillée - Pompignac
crédits : Agence Folléa-Gautier
Opération architecturale de qualité - Le Teich
crédits : Agence Folléa-Gautier