A1. La plaine fluviale de Castets-en-Dorthe
SITUATION CARACTÉRISTIQUES ENJEUX

A son entrée sur le territoire girondin, la Garonne s’écoule au fil d’une vallée assez régulière, de deux à quatre kilomètres de large, qui s’oriente suivant un axe est-ouest. Entre les coteaux, très marqués au nord et moins élevés au sud, le fleuve ne dessine que quelques méandres, suivant un parcours peu sinueux. Des terrasses alluviales issues de pérégrinations hydrauliques plus anciennes organisent ce territoire en différents niveaux, les terrains élevés accueillant la majeure partie de l’urbanisation. Langon, Saint-Macaire, La Réole et Castets-en-Dorthe en constituent les principaux regroupements. Au long des 25 km de cette séquence de la vallée, la voie ferrée et la route départementale RD1113 empruntent des itinéraires à peu près parallèles en rive droite.

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    BARIE
    BASSANNE
    BLAIGNAC
    BOURDELLES
    CASSEUIL
    CASTETS-EN-DORTHE
    CASTILLON-DE-CASTETS
    CAUDROT
    FLOUDES
    FONTET
    GIRONDE-SUR-DROPT
    HURE
    LA REOLE
    LAMOTHE-LANDERRON
    LANGON
    LE PIAN-SUR-GARONNE
    LOUPIAC-DE-LA-REOLE
    MONGAUZY
    MONTAGOUDIN
    PONDAURAT
    PUYBARBAN
    SAINT-LOUBERT
    SAINT-MACAIRE
    SAINT-MAIXANT
    SAINT-MARTIN-DE-SESCAS
    SAINT-PARDON-DE-CONQUES
    SAINT-PIERRE-D’AURILLAC
    SAINT-PIERRE-DE-MONS
    TOULENNE

crédits : Agence Folléa-Gautier

Une vallée marquée par l’agriculture céréalière

L'agriculture céréalière dégage de grands espaces en fond de vallée - Lamothe-Landerron
crédits : Agence Folléa-Gautier

Sur les plaines de fond de vallée, la prédominance des cultures céréalières - et notamment du maïs - est évidente et caractérise en premier lieu les paysages des deux rives. Ces terrains plats constitués de sols alluvionnaires fertiles sont en effet très propices à la mise en culture de vastes surfaces, et l’agriculture reste dynamique.

Une présence boisée qui tend à occulter les vues

Sur les rives de la Garonne ou bordant ses affluents, des ripisylves touffues forment des rideaux végétaux denses, qui divisent la vallée et dessinent des horizons boisés au-dessus des cultures. Ces boisements constituent des corridors écologiques intéressants mais peuvent avoir des impacts divers en termes de perception. En effet, s’ils peuvent enrichir la composition d’ensemble des paysages, ils ferment aussi souvent les vues vers les cours d’eau, ou de rive en rive.

Les peupliers occupent tout l'horizon au-dessus de la digue - Bourdelles
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les paysages de Hure, en rive gauche, sont occultés par les plantations - Bourdelles
crédits : Agence Folléa-Gautier

Une évolution plus récente voit d’ailleurs se multiplier les plantations de peupliers à proximité du fleuve, aggravant ce phénomène d’obstruction visuelle. Cette transformation tend à refermer les paysages et à occulter les vues sur la Garonne, rendant moins évident le lien entre le fleuve et son territoire. L’effet de ces boisements (monospécifiques et d’une même classe d’âge) en termes d’écologie et de paysage est plutôt négatif en devenant massif.

Des coteaux boisés et viticoles

L'église Saint-André-du-Garn se dessine au-dessus du coteau boisé - Mongauzy
crédits : Agence Folléa-Gautier

Contrairement au fond de vallée, les coteaux sont occupés principalement par des boisements (notamment sur les pentes les plus raides) et des vignes. C’est surtout dans la partie ouest de l’unité, en aval de Castets-en-Dorthe, que la vigne prend de l’importance : outre les coteaux, les terrasses alluviales, larges et bien drainées, sont favorables à ce type de culture. Sur les pentes douces de la rive gauche, sur les coteaux découpés du nord et sur les terrasses alluviales de l’ouest, les vignes s’implantent sur les reliefs en dessinant des variations paysagères, perceptibles d’un côté à l’autre de la vallée, par-dessus les cimes des arbres.Les boisements occupent aussi les hauteurs des collines rondes de chaque côté, soulignant de façon discontinue les limites de la vallée. Certains offrent aussi des milieux écologiques précieux, tels ceux des coteaux calcaires de La Réole, en rive droite, classés en ZNIEFF ZNIEFF Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique de type 1.

La RD1113 axe de communication et d’urbanisation

A l'ouest de Saint-Macaire, la voie ferrée emprunte un viaduc majestueux, longé à ses pieds par la RD1113
crédits : Agence Folléa-Gautier

Sur la rive droite, la route départementale RD1113 est un axe de communication majeur. Elle suit plus ou moins le trajet de la voie de chemin de fer (ligne Bordeaux-Sète) mais, contrairement à elle, traverse presque systématiquement le cœur des villages.

L'alignement des façades accompagne la route dans ses moindres courbes - Lamothe-Landerron
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le hameau du Pas-Saint-Georges, coincé entre voie ferrée et RD1113, au pied du coteau - Casseuil
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Ces derniers se sont développés en lien direct avec cette route et les constructions s’alignent aujourd’hui à ses abords, formant un corridor urbanisé quasi-continu. Si l’image de la route reste le plus souvent urbaine lors du franchissement des bourgs, l’importance du trafic et de l’emprise des voies met à mal l’espace public et le confort de vie local. En rive gauche au contraire, aucune route importante ne parcourt la vallée : le sommet du coteau catalyse les implantations bâties, au long des RD225 et RD224, mais la tendance à la construction n’a pas encore constitué de continuité. De nombreuses coupures d’urbanisation subsistent et permettent la perception des paysages du coteau et de la vallée.

Les villages des berges, adossés sur les digues

Franchissement de la digue par la route, obstruable en cas de crue - Bourdelles
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Une grande partie des berges est longée par des digues : plus ou moins proches du fleuve, celles-ci permettent à la fois de maintenir une grande surface cultivable dans le lit majeur de la Garonne et de protéger - partiellement - les implantations urbaines sur les rives. Ces constructions participent aujourd’hui des paysages de la vallée, à la fois en tant qu’éléments perçus et en tant que structures d’organisation. Les bourgs fluviaux (Bourdelles, Le Rouergue, Floudès, Barie) sont le plus souvent implantés juste en retrait de ces ouvrages, à proximité directe des berges. La digue devient alors à la fois une limite du village et une interface avec la Garonne, dont les rives sont alors aménagées avec cales et quais.

Saint Macaire, patrimoine et village-site

La porte monumentale marque la limite entre la ville ancienne fortifiée et les quartiers plus récents - Saint-Macaire
crédits : Agence Folléa-Gautier

La commune de Saint-Macaire se loge sur un promontoire au dessus de la vallée, un demi-cercle densément bâti au sud correspondant aux limites du village ancien qui est longtemps resté fortifié. Prospère durant le Moyen-Âge, elle a périclité suite aux mouvements de la Garonne : autrefois site portuaire et commercial important au bord même du fleuve, l’éloignement de ce dernier a rapidement signifié le déclin du bourg.

Les cours et jardins orientés au sud surplombent la vallée - Saint-Macaire
crédits : Agence Folléa-Gautier

Reste aujourd’hui un patrimoine bâti et archéologique de grande qualité, qui bénéficie en outre de la situation avantageuse du village, en balcon sur la vallée (bien que la vue depuis certaines terrasses soit obstruée par des peupleraies).

Les voitures occupent une majeure partie de l'ancienne emprise des remparts - Saint-Macaire
crédits : Agence Folléa-Gautier
L'étroitesse des ruelles participe du charme du centre ancien - Saint-Macaire
crédits : Agence Folléa-Gautier
La place centrale entourée d'arcades pourrait être remise en valeur - Saint-Macaire
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le mail planté qui a remplacé les remparts, aujourd’hui employé comme parking, pourrait offrir un bel espace public ; les ruelles, assez étroites, sont vite encombrées par les voitures bien que celles-ci restent en nombre limité ; la place entourée de ses arcades est un lieu central qui devrait être valorisé.

Le canal latéral à la Garonne, infrastructure patrimoniale

Castets-en-Dorthe surplombe les dernières écluses du canal latéral à la Garonne
crédits : Agence Folléa-Gautier

C’est sur la commune de Castets-en-Dorthe que l’on peut ressentir les derniers effets de la marée sur le régime hydraulique de la Garonne ; elle est donc plus facilement navigable en aval de ce point. Cette caractéristique explique que le canal latéral à la Garonne débouche ici : les péniches peuvent ensuite naviguer sur le fleuve lui-même. Ouvrage colossal permettant, couplé au canal du Midi, de relier Atlantique et Méditerranée, il a dès sa création au XIXème siècle été concurrencé par le train.

Les abords du canal dessinent un espace public confortable - Castets-en-Dorthe
crédits : Agence Folléa-Gautier

Aujourd’hui, il forme un patrimoine aussi bien architectural que paysager, et la navigation fluviale est désormais touristique, prenant le relais du trafic commercial. S’insérant au pied du coteau, le canal latéral à la Garonne souligne nettement, par l’horizontalité de ses lignes et par ses alignements d’arbres majestueux, la limite entre la vallée de la Garonne et la terrasse du Bazadais.

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Enjeux de protection/préservation

La qualité des berges du canal tient en grande partie à la présence des alignements d'arbres - Castets-en-Dorthe
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le canal latéral à la Garonne : suivi et gestion des alignements d’arbres, entretien du canal et de ses abords, aménagement de liaisons douces sur les berges.

Les coupures d’urbanisation en rive gauche : arrêt de la construction linéaire au long des RD224 et RD225, aménagement de points de vue sur la vallée aux abords des routes

Le traitement du mail pourrait valoriser l'église - Castets-en-Dorthe
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le patrimoine bâti : entretien des bâtiments anciens, valorisation par le traitement des espaces publics.

Les coteaux calcaires de La Réole : protection et gestion des milieux naturels, création d’itinéraires de randonnée balisés.

Enjeux de valorisation/création

Ripisylve et peupleraies rendent les berges totalement opaques et empêchent une lecture claire du paysage - Caudrot
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les ripisylves de la Garonne : création d’ouvertures visuelles depuis les berges, gestion paysagère et écologique des boisements dans une démarche d’ensemble intercommunale, aménagement d’itinéraires de promenade et de liaisons douces au bord du fleuve.

Les longues digues linéaires pourraient accueillir des promenades - Fontet
crédits : Agence Folléa-Gautier

Aménagement des digues : création de liaisons douces suivant le tracé des digues, plantations d’alignements, création de lieux accueillants sur les berges.

Enjeux de réhabilitation/requalification

Les zones commerciales coupent la route des paysages environnants - La Réole
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les extensions linéaires sur la RD1113 : arrêt de la construction au long des routes, requalification du bâti, inscription des extensions dans le paysage par la plantation d’essences adaptées

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Carte de situation et bloc diagramme de l’unité A1_6.7 Mo