B1. Le méandre de Sainte-Foy-la-grande
SITUATION CARACTÉRISTIQUES ENJEUX

À l’extrémité est du département, le premier méandre girondin de la Dordogne définit une plaine agricole qui s’étend sur 9 km d’est en ouest et s’installe, du coteau à la rivière, sur 5 km au maximum. La proximité du département de la Dordogne fait naître ici un paysage hybride, déjà fortement marqué par la viticulture, mais bien plus varié que la vallée en aval. Il s’achève vers l’aval à Sainte-Foy-la-Grande, qui occupe une position resserrée de la vallée. La RD936 forme l’axe de communication principal d’est en ouest, parallèle à la voie ferrée à l’exception du tronçon plus récent contournant Sainte-Foy-la-Grande par le sud.

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    PINEUILH
    SAINT-ANDRE-ET-APPELLES
    SAINT-AVIT-SAINT-NAZAIRE
    SAINTE-FOY-LA-GRANDE
    SAINT-PHILIPPE-DU-SEIGNAL

crédits : Agence Folléa-Gautier

Une plaine variée, aux formations caractéristiques

Les anciens séchoirs à tabac parsèment le paysage - Saint-Avit-Saint-Nazaire
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Les vergers évoquent la transition vers les paysages périgourdins - Saint-Avit-Saint-Nazaire
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Bien qu’elle n’apparaisse pas clairement depuis la RD936, la plaine agricole révèle ses paysages dès que l’on s’éloigne de la départementale : aussitôt franchie la marge urbanisée qui l’accompagne, on découvre la richesse de cette vallée, aux cultures variées. L’association de celles-ci, incluant des éléments peu communs dans le reste du département (séchoirs à tabac, vergers), compose un paysage à l’aspect jardiné et aux multiples visages.

Labours, vignes, vergers et cours d'eau dessinent un paysage encore enrichi par la présence des arbres - Saint-Avit-Saint-Nazaire
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Les haies et alignements structurent cet ensemble, et les ripisylves soulignent le réseau hydrographique complexe, créant une ambiance bocagère très différente des vastes étendues de monoculture viticole rencontrées plus à l’ouest. Divers étages de végétation se côtoient, enrichissant encore cette composition par la variété de leurs volumes : prairies, vignes, fruitiers, arbres.

Dans ce fond de vallée alluviale, les circonvolutions passées de la Gironde ont, plus qu’ailleurs, laissé des traces sur le territoire. Peu visibles au premier abord sur le terrain, celles-ci apparaissent clairement sur le bloc diagramme : ourlets boisés circulaires, ruisseaux... Ces traces traduisent en fait la présence d’anciens méandres de la rivière, qui se constituèrent alors que le débit du fleuve était moindre. Fixées dans le paysage par les usages humains (chemins, limites parcellaires), qui se sont adaptés aux microreliefs, et soulignées par la végétation, elles participent aujourd’hui de la composition complexe de la vallée.En limite de cette plaine, au nord, une route-digue suit les berges (RD130). Au long de celle-ci, on trouve quelques hameaux et de l’habitat dispersé, mais aucun vrai village ne s’est installé sur cette rive de la Dordogne. Sainte-Foy-la-Grande reste donc presque le seul port sur ce tronçon du fleuve (sur la rive périgourdine, Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt ainsi que le Fleix ont aussi cette fonction). Au sud, le coteau de l’Entre-Deux-Mers s’élève. Sur les hauteurs et les pentes les plus raides, des friches boisées marquent la fin de ces paysages, tandis que les piémonts accueillent des parcelles de vignes, surplombant un bâti dispersé à la naissance de la plaine.

Sainte-Foy-la-Grande, un patrimoine à redynamiser

Les rues rectilignes créent des cadrages sur le coteau au nord - Sainte-Foy-la-Grande
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Les bâtisses de la vieille ville valorisent ce paysage urbain assez préservé - Sainte-Foy-la-Grande
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Les quais offrent un bel espace en contact avec le fleuve, face aux paysages moins urbains de la rive droite - Sainte-Foy-la-Grande
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Sainte-Foy-la-Grande est le pôle urbain principal de cette unité. Cette bastide a été une place forte importante : fondée en 1255 par Alphonse de Poitiers, elle occupe un point stratégique, à la frontière de la Guyenne anglaise et du comté de Toulouse, sous domination française. Le patrimoine architectural assez préservé confère à la ville un charme certain, et un vrai potentiel touristique : la place centrale, l’église, le plan caractéristique de l’urbanisme des bastides, les quais sur la Dordogne... Toutes ces qualités contribuent à valoriser l’image de la ville, mais celle-ci est menacée par les évolutions en cours.

Les lotissements s'étalent sans réflexion sur les terres agricoles autour de Sainte-Foy-la-Grande - Pineuilh
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Aujourd’hui, bien que les limites administratives de la commune soient à peine plus grandes que l’enceinte de la bastide originelle, l’urbanisation s’étend par les faubourgs, sur le territoire de Pineuilh.

De nombreux commerces et logements sont vacants en plein centre-ville - Sainte-Foy-la-Grande
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Ainsi, les zones d’activités et grandes surfaces commerciales fleurissent dans cette couronne, alors même que le centre-ville voit ses locaux commerciaux et ses logements désertés. Cet abandon du bâti mène à une dégradation progressive du patrimoine de la ville et de son animation. De plus, la présence du contournement sud menace d’accentuer et d’accélérer ce phénomène.

Une urbanisation linéaire qui fait écran au paysage

Pavillons, entreprises, haies et réseaux aériens forment un paysage très encombré autour de la route - Saint-Avit-Saint-Nazaire
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Rayonnant principalement à partir de Sainte-Foy-la-Grande, l’urbanisation se développe linéairement, au long des routes principales et secondaires. Ainsi, la D936 ne présente presque pas de vraies coupures d’urbanisation : tout au long de son parcours, elle est accompagnée d’un chapelet de constructions. Malgré une certaine mixité du bâti (bâtiments agricoles, de commerce, de logement...), cette omniprésence tend à uniformiser et banaliser les paysages traversés, qui sont pourtant d’une grande richesse.

Les vignes forment une respiration et ouvrent sur les paysages au-delà de la route - Saint-Avit-Saint-Nazaire
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On trouve cependant encore de rares vastes parcelles (vignes ou pâturages) qui s’étendent jusqu’aux abords de la route, dégageant des vues plus large et révélant ces paysages. Ces effets de coupures sont précieux, et permettent d’apercevoir en ’fenêtres’ la richesse paysagère de la plaine.

Double alignement de platanes majestueux, mais déjà très réduit par les transformations autour de la route - Pineuilh
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De même, quelques tronçons sont encore accompagnés d’alignement d’arbres qui valorisent la route et ses paysages, mais ils disparaissent dès que leur place devient trop prisée (élargissement de la voie...), phénomène aggravé par l’urbanisation linéaire.

Le bâti s'implante au bord des routes, occultant le paysage sans créer de vrai espace urbain - Pineuilh
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La continuité bâtie est presque déjà une réalité entre Sainte-Foy-la-Grande et Saint-Avit-Saint-Nazaire, par la D936 mais aussi par la route locale plus au nord. Tout au long de celle-ci, les logements pavillonnaires implantés au centre de grandes parcelles et entourés de clôtures opaques forment un rideau continu, banalisant totalement ce parcours. De plus, aucun espace public n’accompagne cette urbanisation et rien n’est fait pour accueillir un éventuel usage alternatif à la voiture.

A proximité de l'échangeur, les premiers bâtiments d'activité s'imposent déjà dans le paysage - Pineuilh
crédits : Agence Folléa-Gautier

Au sud de Sainte-Foy-la-Grande, le contournement routier relance à son tour des dynamiques de périurbanisation. Traversant le territoire de Pineuilh, il prolonge l’axe de la RD936 sur un nouveau parcours, et on peut prévoir que cela destine toute cette frange à un développement périurbain. Déjà , quelques zones d’activité viennent miter les pâtures à proximité des échangeurs.

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Enjeux de protection / préservation

A gauche, la vigne laisse découvrir les paysages alentour ; à droite, la concession automobile ferme l'horizon - Saint-Avit-Saint-Nazaire
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les coupures d’urbanisation autour de la RD936 et de la rue Jean Moulin : classement en zones inconstructibles des parcelles non-bâties au long des routes principales, valorisation paysagère des fenêtres ainsi préservées.

Enjeux de valorisation / création

Les alignements d’arbres : protection des tronçons encore plantés, plantation de nouveaux alignements en accompagnement des routes.

L'association de la vigne, d'un alignement de noyers et d'un séchoir à tabac compose un paysage riche qui mérite d'être valorisé - Saint-Avit-Saint-Nazaire
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les éléments forts de la plaine agricole (vergers, séchoirs à tabac, ripisylves, traces des méandres anciens) : protection en tant qu’éléments patrimoniaux, valorisation par la mise en place de sentiers.

Enjeux de réhabilitation / requalification

L'implantation d'une maison sur la ligne de crête impacte fortement la perception des paysages - Pineuilh
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le développement désordonné du bâti, notamment pavillonnaire : maîtrise du foncier autour du contournement, protection des coteaux de l’Entre-Deux-Mers, mise en place de documents d’urbanisme, de chartes architecturales et paysagères.

L'abandon des bâtiments entraîne une dégradation rapide de ce patrimoine précieux - Sainte-Foy-la-Grande
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le patrimoine bâti de Sainte-Foy-la-Grande : restauration des bâtiments dégradés, revalorisation du commerce local.

La place prépondérante occupée par la voiture dévalorise les espaces publics de la vieille ville
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La voirie et les espaces publics de Sainte-Foy-la-Grande : aménagement en faveur du piéton, valorisation des espaces publics de la vieille ville.

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Carte de situation et bloc diagramme de l’unité B1_3.9 Mo