C. L’estuaire et ses rivages
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Au-delà du Bec d’Ambès, rejeton terrestre de ces eaux, la rencontre entre Garonne, Dordogne et Atlantique donne ici naissance à un estuaire hors d’échelle, paysage aquatique majestueux qui longe les terrasses alluviales du Médoc en rive gauche, les marais de Braud-et-Saint-Louis en face. Les eaux des deux fleuves ont longtemps enrichi ces rives de nombreux matériaux, constituant d’une part des terrasses de graves bien drainantes, propices au développement du vignoble, et d’autre part des palus palus terres marécageuses asséchées par drainage et cultivées que le travail de l’homme a rendu exploitables en prairies et labours. Depuis les berges de la Gironde s’étalent donc les marais cultivés et pâturés, organisés par de complexes réseaux de drainage et accueillant des ports presque en pleine terre, surplombés par des pentes aux vignes soigneusement cultivées et ponctuées de châteaux.

Le plus vaste estuaire d’Europe se divise en un grand nombre d’unités de paysage, depuis sa naissance à la confluence Dordogne-Garonne jusqu’à son embouchure maritime. A la rencontre des deux fleuves, l’accumulation d’alluvions a formé le Bec d’Ambès, extension marécageuse de l’Entre-Deux-Mers. En rive droite, un ancien méandre a laissé la place au marais de Prignac-et-Marcamps, replat agricole au pied des coteaux de Bourg, annonciateur des plus vastes espaces agricoles du marais de Braud-et-Saint-Louis, en aval. En rive gauche, après les palus palus terres marécageuses asséchées par drainage et cultivées de Ludon-Médoc, terres humides aux portes de Bordeaux, les terrasses graveleuses et marais forment différents paysages dans le Médoc viticole : le Médoc de Margaux et ses vignobles prestigieux ; la clairière de Listrac, encadrée par le massif forestier ; le Médoc de Pauillac, résolument tourné vers l’estuaire ; le Médoc de Saint-Christoly, territoire partagé entre vignes et marais ; le Médoc des Mattes mattes terres basses artificielles, gagnées sur les eaux par la construction de digues , aux terres gagnées sur les eaux, nettement marqué par les marais agricoles. A l’embouchure enfin, la pointe de Grave forme la connexion entre Gironde et Atlantique, et clôture les paysages de l’estuaire et ses îles. Onze unités de paysages se dégagent ainsi pour l’estuaire :

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crédits : Agence Folléa-Gautier