C5. La clairière de Listrac
SITUATION CARACTÉRISTIQUES ENJEUX

En retrait des coteaux de la rive gauche de l’estuaire, la clairière de Listrac est un petit territoire viticole à l’ouest de Margaux, encadré par la forêt du plateau landais et relié au fleuve par quelques jalles accompagnées de boisements. Avec une emprise d’environ huit kilomètres du nord au sud et six kilomètres d’est en ouest, c’est une modeste enclave au cœur de la pinède. Son socle géologique, calcaire et plus ancien (ère tertiaire), se démarque nettement des terres alentour, constituées en grande partie d’une base argilo-sableuse du secondaire, et explique la nature particulière de ces paysages, bien distincts de la forêt du plateau landais.

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    AVENSAN
    CASTELNAU-DE-MEDOC
    LISTRAC-MEDOC
    MOULIS-EN-MEDOC

crédits : Agence Folléa-Gautier

Une clairière principalement viticole

Le paysage est en premier lieu constitué de vignes, s’étendant en très vastes parcelles quasiment exemptes de toute présence arborée. La majorité des terres, constituées des podzols humides des Landes, sont dédiées à la culture viticole, à l’exception de quelques boisements et des environs des implantations urbaines. Seuls les vallons humides, au long du ruisseau de Larrayaut et de la jalle jalle terme gascon signifiant "cours d’eau" de Tiquetorte, forment des ruptures dans cet ensemble par leur cortège dense de feuillus. L’horizon, au-delà des vignes, est ainsi constamment occupé par une lisière forestière, fin liseré sombre visible au loin dès que l’on sort des villages (qu’il s’agisse des franges de la forêt landaise ou de ces corridors accompagnant les cours d’eau). Ici plus que dans les autres paysages en rive gauche de l’estuaire, la présence de la forêt est très marquée : on perçoit ainsi constamment la configuration de cette unité en clairière, ourlée de sombres manteaux arborés au-dessus des cultures plus lumineuses.

Jusqu'à l'horizon forestier qui marque la limite de la clairière, la vigne s'étend sans concurrence, uniquement interrompue par les allées plantées de Château Peyre-Lebade - Listrac-Médoc
crédits : Agence Folléa-Gautier
La clairière est très nettement délimitée par une lisière en muraille végétale - Listrac-Médoc
crédits : Agence Folléa-Gautier

Des lisières qui concentrent l’urbanisation

La lisière de la clairière prend un rôle important dans l’organisation de cette unité, notamment en termes d’implantations urbaine : les franges de ce territoire concentrent une occupation bâtie plus marquée que le cœur. Castelnau-de-Médoc, Avensan, ou encore Donissan sont ainsi installées à l’interface entre forêt et plaine viticole, marquant bien la distinction avec le territoire de la pinède, presque inhabité. Ce contact entre deux univers bien différenciés offre des configurations très riches en termes de structures paysagères. D’une part, la lisière forestière voit les feuillus affirmer leur présence : une frange de boisements mixtes opère ainsi la transition entre la pinède et la clairière, offrant des horizons boisés plus composés (l’ourlet et le manteau arbustif offrent un visage différent de celui des hautes futaies de résineux).

D’autre part, les villages voient souvent des prairies encadrer leur pourtour, créant des espaces particuliers entre vignes et boisements. Aujourd’hui, ces franges ouvertes sont souvent gagnées par une urbanisation peu maîtrisée, due à la fragilité de ces prés, et méritent une attention particulière. Ces extensions urbaines récentes manquent de structure et de cohérence, alignant au fil des routes un pavillonnaire banal et disparate. Celui-ci est souvent accompagné de hautes clôtures opaques ou de haies de thuyas, ou bien est isolé et implanté au cœur du paysage. Dans les deux cas, les transitions ne sont assurées ni avec le bâti existant ni avec les éléments paysagers alentour, malmenant la cohérence du territoire.

L'urbanisation se mêle à la forêt, formant des lisières complexes, comme ici à Donissan, en limite nord de la clairière - Listrac-Médoc
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A proximité de la forêt, les villages sont entourés de franges de prairies - Moulis-en-Médoc
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Les extensions récentes tendent à coloniser ces prairies - Listrac-Médoc
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La croissance urbaine se produit par l'accumulation d'un bâti hétéroclite au long des routes Listrac-Médoc
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De légers vallons, soulignés par les boisements

Des paysages plus spécifiques accompagnent les légers vallons de plusieurs cours d’eau, tous affluents de l’estey estey petit chenal ; partie d’un cours d’eau se trouvant à sec à marée basse de Tayac. Un cortège de feuillus suit ainsi la jalle jalle terme gascon signifiant "cours d’eau" de Tiquetorte et l’estey estey petit chenal ; partie d’un cours d’eau se trouvant à sec à marée basse du Houguet - plusieurs cours parallèles forment ici un couloir d’une certaine ampleur - tandis que les ruisseaux de Larrayaut et du Cartillon sont flanqués de boisements mixtes. Ces reliefs peu marqués apparaissent ainsi soulignés par ces peuplements denses, dont les cimes s’élèvent en arrière-plan des vignes, et qui profitent des mêmes sols hydromorphes que les marais littoraux.

Les réseaux hydrauliques, aménagés par l’homme pour drainer ces sols trop humides et fournir de l’énergie, créent des ambiances agréables dans ces sous-bois, ouvrant des percées au sein de la forêt. Mais les routes traversent ces espaces sans les parcourir, n’en laissant découvrir qu’un aperçu restreint. Des nombreux moulins signalés sur la carte de Cassini, bien peu ont laissé des traces de ce passé industrieux des canaux, mais celui de Tiquetorte en offre un bel exemple, encore bien préservé aujourd’hui.

Les ambiances de bois feuillus dans ces vallons, traversés rapidement par les routes, offrent pourtant une image riche - Moulis-en-Médoc
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Les cimes de ces forêts s'immiscent dans les paysages viticoles de la clairière, interrompant les vignes - Moulis-en-Médoc
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La route longe l'estey du Houguey, formant une ouverture plus lumineuse dans les boisements - Moulis-en-Médoc
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Beau patrimoine bâti lié à la jalle : le moulin de Tiquetorte - Moulis-en-Médoc
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Enjeux de protection / préservation

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Cours d'eau à entretenir - Moulis-en-Médoc
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le patrimoine des réseaux hydrauliques (canaux, moulins...) : protection des éléments bâtis par classement dans les documents d’urbanisme, entretien des rivières et des canaux.

Les constructions en périphéries rognent sur les prairies des pourtours villageois - Listrac-Médoc
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les ceintures de prairies autour des villages : définition de zones non constructibles dans les documents d’urbanisme, gestion des prairies par pâturage.

Enjeux de valorisation / création

Le franchissement de la rivière n'est pas mis en valeur - Moulis-en-Médoc
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les paysages des vallons boisés : gestion des boisements, création d’itinéraires de promenades (piétons et cyclistes).

Cette extension banalisante ne s'inscrit pas dans la lisière boisée qui la borde - Donnissan
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les rencontres entre forêt et urbanisation : développement de lisières habitées, inscription des arbres dans la trame urbaine.

Enjeux de réhabilitation / requalification

Les successions de pavillons en bords de routes banalisent fortement les paysages - Listrac-Médoc
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les extensions urbaines pavillonnaires : arrêt du développement des constructions, définition de zones non constructibles dans les documents d’urbanisme, inscription dans les paysages des constructions existantes par la mise en place de lisières urbaines plantées.

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Carte de situation et bloc diagramme de l’unité C5_2.7 Mo