I. Les Landes girondines
SITUATION CARACTÉRISTIQUES ENJEUX

Les Landes girondines occupent le Nord de l’immense triangle de la forêt des Landes, qui court de Soulac à Nérac et à Hossegor et forme le plus grand massif forestier d’Europe (plus d’un million d’hectares). Elles sont délimitées par la Pointe de Grave au nord, les lacs et les dunes du littoral à l’ouest, et par le Médoc, l’agglomération Bordelaise, les Graves et le Bazadais à l’est, le long de l’axe Gironde-Garonne. S’étendant sur environ 140 km du nord au sud et 90 km d’est en ouest, c’est la plus vaste unité paysagère du département. Couvrant le cœur du massif forestier - plus de 300 000 ha répartis sur les départements de la Gironde et des Landes -, le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne a été créé en 1970, permettant de valoriser et de protéger ces milieux naturels et ces paysages, méconnus et fragiles.Au sein de ce territoire quasi-uniforme, quatre sous-entités ont été distinguées, pour affiner l’analyse de ce territoire plus riche qu’il n’y paraît :

  • les vallées habitées
    au sud de l’unité, les rivières (la Leyre, le Ciron, le Gât Mort, le Saucats) sont accompagnées d’une urbanisation plus marquée et de boisements feuillus ;
  • les landes rases
    les milieux naturels originels des landes ont été préservés sur de rares sites ;
  • les clairières de cultures
    de vaste champs - essentiellement du maïs - forment des clairières d’échelle monumentale au cœur de la forêt ;
  • les lisières du massif
    la forêt des Landes ne s’achève pas par des limites nettes, mais dessine des paysages de lisières particuliers en se mêlant aux unités voisines.
• Voir les communes concernées par cette unité de paysage

    ANDERNOS-LES-BAINS
    ARBANATS
    ARES
    ARSAC
    AUDENGE
    AVENSAN
    BALIZAC
    BELIN-BELIET
    BERNOS-BEAULAC
    BIGANOS
    BLANQUEFORT
    BOURIDEYS
    BRACH
    BUDOS
    CABANAC-ET-VILLAGRAINS
    CANEJAN
    CANTENAC
    CAPTIEUX
    CARCANS
    CASTELNAU-DE-MEDOC
    CASTRES-GIRONDE
    CAZALIS
    CESTAS
    CISSAC-MEDOC
    COURS-LES-BAINS
    CUDOS
    CUSSAC-FORT-MEDOC
    ESCAUDES
    FARGUES
    GAILLAN-EN-MEDOC
    GISCOS
    GOUALADE
    GRADIGNAN
    GRAYAN-ET-L’HOPITAL
    GUILLOS
    GUJAN-MESTRAS
    HOSTENS
    HOURTIN
    ILLATS
    LA BREDE
    LA TESTE-DE-BUCH
    LACANAU
    LAMARQUE
    LANDIRAS
    LANTON
    LARTIGUE
    LAVAZAN
    LE BARP
    LE HAILLAN
    LE NIZAN
    LE PIAN-MEDOC
    LE PORGE
    LE TAILLAN-MEDOC
    LE TEICH
    LE TEMPLE
    LE TUZAN
    LEGE-CAP-FERRET
    LEOGEATS
    LEOGNAN
    LERM-ET-MUSSET
    LESPARRE-MEDOC
    LIGNAN-DE-BAZAS
    LISTRAC-MEDOC
    LOUCHATS
    LUCMAU
    LUDON-MEDOC
    LUGOS
    MACAU
    MARCHEPRIME
    MARIONS
    MARTIGNAS-SUR-JALLE
    MARTILLAC
    MERIGNAC
    MIOS
    MOULIS-EN-MEDOC
    NAUJAC-SUR-MER
    NOAILLAN
    ORIGNE
    PAREMPUYRE
    PESSAC
    PODENSAC
    POMPEJAC
    PORTETS
    PRECHAC
    QUEYRAC
    ROAILLAN
    SAINT-AUBIN-DE-MEDOC
    SAINTE-HELENE
    SAINT-GERMAIN-D’ESTEUIL
    SAINT-JEAN-D’ILLAC
    SAINT-LAURENT-MEDOC
    SAINT-LEGER-DE-BALSON
    SAINT-MAGNE
    SAINT-MEDARD-D’EYRANS
    SAINT-MEDARD-EN-JALLES
    SAINT-MICHEL-DE-CASTELNAU
    SAINT-MICHEL-DE-RIEUFRET
    SAINT-MORILLON
    SAINT-SAUVEUR
    SAINT-SELVE
    SAINT-SYMPHORIEN
    SAINT-VIVIEN-DE-MEDOC
    SALAUNES
    SALLES
    SAUCATS
    SAUMOS
    SAUTERNES
    SAUVIAC
    SILLAS
    SOUSSANS
    UZESTE
    VENDAYS-MONTALIVET
    VENSAC
    VERTHEUIL
    VILLANDRAUT
    VIRELADE

crédits : Agence Folléa-Gautier

L’immensité

Aborder les landes girondines, qui se prolongent largement au sud pour couvrir le département voisin des Landes jusqu’à l’Adour, c’est plonger dans un paysage particulièrement étrange, d’abord marqué par l’immensité. Une immensité atypique en France et en Europe, où les paysages changent à des échelles plus rapides. Ici, aucun accident topographique majeur : le plateau sableux s’étire imperturbablement à l’horizontale, et porte aujourd’hui un océan de pins maritimes sur 1,4 millions d’hectares, comme il portait hier une mer infinie de landes humides dévolues aux troupeaux. Pour l’automobiliste pressé, cette immensité déroule sur des kilomètres de routes rectilignes un kaléidoscope de troncs démultipliés à l’infini. Mais les landes girondines, au-delà d’une monotonie apparente, sont d’abord ce réservoir d’espace unique en Europe, un territoire d’évasion. Cette valeur de l’étendue interroge nécessairement les projets en cours et à venir, qui pourraient la clôturer (photovoltaïque) ou la couper (lignes TGV, projet de voie de contournement de Bordeaux).

Un relief très plat, où l’eau s’écoule difficilement et dessine des paysages particuliers

Sur ce plateau uniforme et horizontal, constitué de sables apportés et triés par les vents, le drainage naturel des sols est très réduit, la pente n’étant pas suffisante pour permettre une évacuation efficace des eaux. C’est cette particularité hydrographique qui a constitué le paysage de landes très humides qui préexistait à la forêt de pins. Si un système agropastoral permettait alors à la population de tirer sa subsistance de ces terres pauvres (cf sous-unité I-b et ’le plateau et la forêt des Landes’), ce n’est qu’au prix de travaux importants de drainage artificiel que la pinède a pu être plantée, suite à une volonté forte de valoriser ce territoire.

Les mares et lagunes restent très discrètes, facilement occultées par la végétation - Naujac-sur-Mer
crédits : Agence Folléa-Gautier
De petites zones humides se forment autour des fossés - Naujac-sur-Mer
crédits : Agence Folléa-Gautier
Au cœur de la pinède, les eaux stagnantes sont source de diversité - Lège-Cap-Ferret
crédits : Agence Folléa-Gautier
Répartition des lagunes dans les Landes de Gascogne
crédits : Agence Folléa-Gautier / Atelier de l'Isthme / d'après LEGIGAN, 1979

L’eau est donc très présente dans ces paysages, même si elle reste souvent discrète : qu’il s’agisse des lagunes ou tourbières constituées naturellement ou des fossés de drainage creusés de main d’homme (les crastes), elle dessine des motifs particuliers et des réseaux complexes, apportant une certaine richesse écologique et paysagère dans les sous-bois de la pinède industrielle. Discrètement éparpillées dans la forêt en archipels, lagunes et zones humides occupent les légères dépressions de terrain plus ou moins envahies par l’eau de la nappe phréatique. Elles composent de nouvelles ambiances, intimes et mystérieuses, en général de grande qualité paysagère. Elles se présentent comme des mares ou des étangs de quelques mètres ou dizaines de mètres de diamètre, miroirs d’eau silencieuse et immobile, qui reflètent précisément les pins alentours : une dimension verticale qui s’oppose soudain aux immensités horizontales du plateau.

Ces lagunes seraient issues de la fonte de lentilles de glace piégées dans le sol lors des dernières glaciations. On y trouve toute la flore de la lande humide, mais aussi des plantes carnivores comme le droséra (rotundifolia et intermedia) ou l’utriculaire (Utricularia intermedia), la littorelle et le faux cresson de Thore (espèces protégées).Dans certains secteurs, par exemple aux sources du Ciron, dans la région de Lubbon et de Losse, un œil attentif pourra identifier d’anciennes lagunes asséchées : champ de molinie entouré d’une ceinture de fougère aigle. Dans la moitié sud de l’unité, les maigres ruisseaux du plateau finissent par former de véritables petites rivières, offrant des lumières particulières et immédiatement reconnaissables, avec leur fond sablonneux sur lequel court l’eau ferrugineuse d’une curieuse couleur orangée. Autour d’elles, le pin maritime a cède la place à d’autres essences, caduques, qui viennent offrir de toutes autres et précieuses ambiances (cf sous-unité I-a).

Le fossé marque la limite entre les parcelles céréalière et forestière - Audenge
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le franchissement de la craste est peu mis en valeur sur la route - Audenge
crédits : Agence Folléa-Gautier
La bande coupe-feu donne plus de lisibilité au fossé - Lanton
crédits : Agence Folléa-Gautier
La large craste de l'Eyron s'accompagne d'un cheminement - Saumos
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les nombreux fossés creusés par l’homme afin d’ensemencer ces landes dessinent aussi un réseau important, structure discrète de ce paysage construit. Mais la valeur paysagère de ces crastes reste au stade de potentiel à développer, car les pratiques sylvicoles laissent rarement l’espace nécessaire au développement d’une ripisylve ripisylve formation végétale du bord des cours d’eau . Au sein des boisements résineux, on lit donc très peu leur présence, qui ne se révèle un bref instant que lorsque la route franchit leur cours.

La forêt de pins, une couverture pas si uniforme

Les parcelles s'animent parfois du travail des machines - Audenge
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les grumiers sillonnent les routes de la pinède - Marcheprime
crédits : Agence Folléa-Gautier
La présence des scieries participe du paysage de forêt industrielle - Captieux
crédits : Agence Folléa-Gautier
Jeune pinède et diversité de la strate arbustive : ajoncs, genêts et bruyères - Lerm et musset
crédits : Centre Régional de la Propriété Forestière d'Aquitaine - Amélie Castro
Sous bois de pins à fougères - Cabanac
crédits : Centre Régional de la Propriété Forestière d'Aquitaine - Amélie Castro
Lande séche en premier plan d'un boisement de pins
crédits : Centre Régional de la Propriété Forestière d'Aquitaine - Amélie Castro

Avant les projets de plantation généralisée des landes au XIXème siècle, le pin était déjà bien présent naturellement sur ce territoire, et couvrait alors près de 200 000 ha. Ces peuplements endémiques étaient principalement concentrés sur quelques buttes au sol moins gorgé d’eau et sur une partie des dunes littorales. Après la loi de 1857 (cf ’le plateau et la forêt des Landes’) et les travaux de drainage, le visage des landes s’est transformé radicalement pour devenir un paysage de sylviculture industrielle, intégralement géré par l’homme.

Les pins adultes forment des parcelles transparentes - Le Barp
crédits : Agence Folléa-Gautier
Un ourlet feuillu peut accompagner les boisements adultes - Marcheprime
crédits : Agence Folléa-Gautier
Au vaste dégagement de la coupe rase succède un horizon boisé impénétrable - Lacanau
crédits : Agence Folléa-Gautier
Etant donnée la taille des parcelles, les coupes rases dégagent de très larges horizons - Audenge
crédits : Agence Folléa-Gautier
Après la respiration de la clairière, l'horizon est barré par les jeunes pins - Cestas
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les jeunes peuplements font de cette voie un corridor fermé - Lège-Cap-Ferret
crédits : Agence Folléa-Gautier

C’est de cette nature ’construite’ du paysage que peut naître une certaine monotonie, liée à l’unité du mode de gestion et à la très grande échelle des cultures. Mais ce mode de gestion implique aussi, à l’inverse, certaines variations paysagères : coupé aujourd’hui vers 40 ans, organisé en parcelles d’âge équienne, le pin maritime présente un paysage attractif lorsqu’il est adulte, grâce à la majesté des arbres qui dépassent les 20m de haut, mais aussi à la transparence des vues qui sont alors possibles à travers les troncs ; les coupes rases dégagent des hectares d’ouvertures dans le manteau boisé ; tandis que les jeunes peuplements bloquent toute ouverture visuelle.

Les landes sèches accompagnent les routes de fleurs jaunes - Marcheprime
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les sous-bois dominés par la fougère aigle de la lande mésophile - Saumos
crédits : Agence Folléa-Gautier

Si la frugalité du pin maritime lui permet de couvrir uniformément le plateau sableux, les variations de l’humidité du sol influent sur le cortège floristique et dessine des paysages distincts sous la couverture boisée continue.

On en distingue trois types :

  • Les paysages de lande sèche : les landes de bruyère

Contrairement à ce que l’on peut croire, la lande sèche n’est jamais bien loin d’un cours d’eau. Car c’est là que le sol est le mieux drainé. Les bruyères y dominent : la callune, la bruyère cendrée, auxquelles s’ajoutent les hélianthèmes (hélianthème à gouttes, hélianthème faux alysson), l’ajonc d’Europe, le genêt à balai, l’onagre qui égaie le bord des routes de ses fleurs jaunes.

  • Les paysages de lande mésophile : les landes de fougère

Plus on s’éloigne des cours d’eau, moins le sol est drainé. Sur la lande mésophile, les terrains ni totalement secs, ni totalement humides, sont le domaine de la fougère aigle. Elle tapisse les sous-bois de ses frondes élégantes, rousse en automne/hiver et vert tendre au printemps/été.

  • Les paysages des landes humides : les landes de molinie

Les paysages des landes humides se remarquent facilement à la couleur beige pâle de la molinie, herbacée qui envahit les semis de pins et tapisse les pinèdes. Elle est le signe de l’eau présente dans le sol : la nappe phréatique affleure, insuffisamment drainée par les ruisseaux ou les fossés. On la trouve donc dans les espaces interfluves, là où les ruisseaux sont absents ou à peine naissants. Ce sont ces landes humides qui ont le plus régressé, drainées par les crastes, asséchées par les plantations de pins, pompées pour la culture du maïs ou les cultures maraîchères.

Fragilité de la pinède

Si le pin est une espèce adaptée aux conditions de sol rencontrées ici, qui a permis de planter cette forêt aux dimensions spectaculaires, le massif landais reste fragile. Une fois résolu le problème de l’eau, son premier ennemi fut le feu : durant l’été 1949, plus de 130 000 ha de forêts ont ainsi été détruits. Des sous-bois et coupe-feux mal entretenus, trois étés de sécheresse successifs, et des vents violents ont mené à ce désastre écologique et humain (82 morts, l’incendie le plus meurtrier qu’ait connu la France). Des mesures ont été prises depuis afin de mieux maîtriser ces événements : surveillance, gestion régulière des coupes-feux, entretien des sous-bois, mise en place de réservoirs d’eau... La monoculture de pins reste néanmoins un milieu fragile, toujours exposé au risque des incendies. Plus récemment, les très violentes tempêtes subies par le territoire aquitain (Lothar et Martin en 1999, Klaus en 2009) ont révélé à la fois les risques nouveaux auxquels nous expose le changement climatique et la faiblesse structurelle des futaies régulières de la forêt landaise. La gestion en parcelles d’âge équienne laisse exposées des lisières peu résistantes, qui cèdent facilement en laissant sans défenses les peuplements suivants. Ces épisodes venteux destructeurs fragilisent les écosystèmes de la forêt : engorgement des fossés et des crastes, attaques massives d’insectes (scolytes, ips, erodée, hylesines), déstabilisation du biotope des gibiers.Enfin, le maintien d’un peuplement mono-spécifique ne permet pas de parvenir à l’équilibre d’un biotope naturel, et expose la forêt à d’autres risques. Face à une attaque parasitaire notamment, les pins courraient un risque majeur, et c’est donc l’ensemble du massif qui pourrait dépérir ; au contraire, un boisement constitué de plusieurs espèces serait plus à même de résister.

Une urbanisation très faible et dispersée

Du temps de la gestion agropastorale, les familles de bergers habitaient un airial airial forme urbaine des Landes regroupant quelques fermes et leurs dépendances, réparties dans une clairière au sein du massif forestier , ensemble bâti constitué de la demeure et de quelques dépendances (grange, poulailler, four à pain...) ; l’habitat s’organisait en quartiers, lieux-dits réunissant plusieurs airials. Outre l’architecture caractéristique de la ferme landaise (ossature bois, toiture de tuiles basses, façade avec auvent - emban ou estantada - orientée à l’est ou au sud-est...), l’airial airial forme urbaine des Landes regroupant quelques fermes et leurs dépendances, réparties dans une clairière au sein du massif forestier se distingue par son accompagnement végétal : à l’âge de l’agropastoralisme, l’airial airial forme urbaine des Landes regroupant quelques fermes et leurs dépendances, réparties dans une clairière au sein du massif forestier forme un îlot boisé au sein de la lande rase. Implanté à proximité d’un cours d’eau afin de bénéficier d’un sol mieux drainé, il dessine un espace enherbé habité, entouré de ’varats’ (fossés) souvent doublés d’un talus planté, la ’dougue’. Avec la plantation des pins sur l’ensemble du plateau landais, cette situation s’est inversée : aujourd’hui les airials forment des clairières au cœur de la forêt, plantées de feuillus d’âge souvent vénérable (chênes), parfois encore pâturées par les moutons. Ce contraste crée des évènements privilégiés dans le paysage des Landes girondines, dessinant des espaces lumineux, plus ouverts et aérés que la pinède, frais et habités, en opposition aux sous-bois clos, sombres et déserts. Les arbres et les pelouses y déploient des teintes vertes plus claires que les boisements résineux alentour.

La RD1250 à Marcheprime
crédits : Agence Folléa-Gautier

Bien que l’ensemencement de la lande ait été synonyme de regain pour la région, et que l’exploitation de la forêt ait permis de ralentir l’exode rural, la population est restée peu nombreuse, principalement dispersée dans les vastes étendues forestières. Quelques hameaux se développent en lien avec l’exploitation forestière ou le réseau ferré : Sainte-Hélène sur la ligne Bordeaux-Lacanau ; Marcheprime, développée par les frères Péreire à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle sur la ligne Bordeaux-La Teste, en lien avec une exploitation forestière de 10 000 ha et une usine de distillation de la résine de pins produisant de l’essence de térébenthine.

Marcheprime est implantée au croisement de la RD1250 et de la RD5
crédits : Agence Folléa-Gautier

Aujourd’hui encore, les Landes girondines restent le pays le moins peuplé du département, en contraste complet avec les agglomérations de Bordeaux et d’Arcachon qui le bordent. Parcourues par un réseau de longues routes rectilignes, elle voient leur population se concentrer dans quelques villes situées sur les carrefours : Sainte-Hélène, Le Barp, Hostens, Saint-Symphorien... A partir des noyaux originels, petits groupements bâtis implantés au long des axes, l’urbanisation s’est développée de façon particulièrement lâche, multipliant les lotissements pavillonnaires.

Les paysages de la route

Lisières boisées et fossés enherbés au long de la RD1250 - Cestas
crédits : Agence Folléa-Gautier
patrimoine arborée est dévalorisée par des élagages sauvages - Marcheprime
crédits : Agence Folléa-Gautier
Passage à travers les boisements mixtes du nord Médoc - Vendays-Montalivet
crédits : Agence Folléa-Gautier
La route est longée de fossés enherbés et de pistes de terre, dégageant un passage clair dans la forêt - Lanton
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le tracé rectiligne des routes dessine de longues trouées dans les arbres - Captieux
crédits : Agence Folléa-Gautier

La découverte des paysages des Landes girondines se fait avant tout par la route : RD1010 de Bordeaux à Belin-Béliet, RD3 et RD5 du nord au sud, RD106 de Bordeaux à Lège-Cap-Ferret... Les trajets reliant les villages isolés font parcourir de longues distances au travers de boisements sans fin. Développé pour l’exploitation de la pinède, le réseau des routes présente des tracés rectilignes, filant tout droit entre les arbres. C’est donc de la qualité de sa relation à la forêt et de son traitement d’accompagnement que dépend l’animation du parcours : légère surélévation ’en digue’ qui favorise les vues, enherbement des bas-côtés qui éclairent, égayent et donnent un air soigné, transparence de la forêt qui évite l’effet de couloir...

Les pistes cyclables en lisière, bénéficiant du couvert des arbres tout en étant séparées de la route - Marcheprime
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les pistes en milieu urbain complètent le réseau et facilitent les déplacements quotidiens - Marcheprime
crédits : Agence Folléa-Gautier

Suivant l’exemple de l’ancienne voie ferrée Bordeaux-Lacanau, transformée en piste cyclable, quelques axes proposent des liaisons douces, parallèles mais bien séparées de la route principale : ces itinéraires offrent l’opportunité d’une redécouverte des paysages forestiers des Landes girondines. Avec les pressions foncières grandissantes, exercées notamment autour des agglomérations de Bordeaux et d’Arcachon, certains tronçons de routes se voient gagnés par une urbanisation linéaire importante. Formée principalement de zones d’activités et de lotissements pavillonnaires, celle-ci constitue progressivement une écorce accompagnant les voies. Si quelques-unes de ces opérations profitent du contexte forestier pour proposer une architecture inscrite harmonieusement dans son contexte, la plupart s’implantent en bordure de voie et présentent une architecture banalisante. Les couloirs bâtis ainsi créés sont coupés des paysages voisins, sans proposer la qualité d’espaces urbains bien constitués. Plus grave, l’irrésistible urbanisation linéaire, en particulier au fil de la RD1250 (Bordeaux-Arcachon) tend à faire disparaître le vaste espace de respiration qui distingue l’agglomération bordelaise de l’agglomération arcachonnaise.

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Enjeux de protection/préservation

Zone humide fragile en bord de route - Naujac-sur-Mer
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les milieux naturels humides (lagunes, tourbières, vallées) : protection des milieux, ouverture raisonnée aux visiteurs (vélos, randonneurs, canoës...).

Les boisements de la vallée de la Leyre - Belin-Beliet
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les ripisylves et forêts-galeries : gestion dans le temps et renouvellement de la forêt.

Les bords de rivières dans les vallées habitées : maîtrise du développement urbain et des activités touristiques.

Fin de l'urbanisation au fil de la RD1250 en sortie de Pessac
crédits : Agence Folléa-Gautier

La coupure d’urbanisation Bordeaux/Arcachon : arrêt de l’urbanisation linéaire, protection d’un vaste espace de respiration à l’échelle des deux agglomérations.

Enjeux de valorisation/création

L’habitat de type ’airial airial forme urbaine des Landes regroupant quelques fermes et leurs dépendances, réparties dans une clairière au sein du massif forestier ’ (clairières en forêt) : développement de quartiers et constructions contemporains inspirés des modes d’habiter traditionnels, confortement des centralités.

La maïsiculture n'autorise aucun usage alternatif des réseaux de fossés - Hourtin
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le réseau des crastes et fossés : gestion et développement de ripisylves, mise en place de circulations douces.

Les pistes forestières offrent des opportunités de développement de liaisons douces - Lège-Cap-Ferret
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le réseau de circulations douces : poursuite du développement du réseau, aménagement de pistes cyclables.

Les grandes clairières de cultures : valorisation paysagère par la mise en place de structures végétales (en accompagnement des réseaux de drainage par exemple), traitement des abords des routes en transition de la pinède aux cultures (plantations d’alignements).

Une frange boisée est maintenue en accompagnement de la zone industrielle - Landiras
crédits : Agence Folléa-Gautier

La gestion sylvicole de la pinède : mise en place de nouveaux modes de gestion permettant une meilleure résistance aux diverses menaces (futaie irrégulière, mixité résineux/feuillus...), prise en compte du paysage dans la gestion forestière.

L’habitat de type ’prairial’ (vallées, vallée de la Leyre en particulier) : développement de quartiers et constructions contemporains en lien avec les prairies de fauche ou de pâtures préservées.

Architecture bois - Le Porge
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le bois dans la construction : développement de filière, encouragement à l’architecture contemporaine bois.

D'importantes fermes photovoltaïques se développent déjà - Le Barp
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le développement photovoltaïque : inscription dans un plan de paysage global à l’échelle du massif, définissant les emplacements et principes d’aménagement.

Enjeux de réhabilitation/requalification

Chantier de l'autoroute A65 - Captieux
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les futurs projets routiers ou ferroviaires : rétablissement systématique des continuités (routes, chemins, eau) pour limiter les effets de coupures.

Les abords de la route sont peu amènes : absence de trottoirs ou de piste cyclable, stationnement désorganisé... - Belin-Beliet
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les alignements de pins valorisent la traversée de Captieux
crédits : Agence Folléa-Gautier

Les routes en traversée de villages : Mise en place de larges trottoirs et de pistes cyclables, valorisation de l’espace public par la plantation d’arbres d’alignement, limitation de la place dédiée aux voitures.

Succession de pavillons au sud de Villandraut
crédits : Agence Folléa-Gautier

L’urbanisation linéaire en sortie de bourgs : arrêt de la construction linéaire, revalorisation des haies et clôtures sur route et des emprises routières, mise en place de liaisons douces piétonnes et cyclistes vers les centres-bourgs.

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Carte de situation et bloc diagramme de l’unité I_3.3 Mo