1 - Son rôle dans la formation des paysages
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Tout au long de l’histoire des paysages girondins, le climat a eu des rôles clefs à jouer, modelant directement les formations naturelles ou influençant le comportement des populations humaines. Aujourd’hui, les évolutions climatiques sont au cœur des enjeux du développement du territoire, notamment à proximité du littoral, et ces facteurs doivent être pris en compte dans tout regard porté sur ce département.

Son rôle dans la formation des paysages

Alors que le socle de la Gironde commençait à se former, la succession des ères climatiques transformait radicalement le visage du littoral aquitain. Les écarts de température entraînaient des modifications colossales du niveau de la mer, qui pouvait parfois s’abaisser de plus de 120 m. Ces fluctuations ont joué de façon majeure sur la mise en place des sédiments : importantes quantités de dépôts lorsque l’océan couvre la plaine ; constitution des palus palus terres marécageuses asséchées par drainage et cultivées à proximité des côtes par l’apport d’alluvions ; reprise des sédiments par le vent lorsque le recul des eaux les laisse à nu.

Les épisodes venteux sont en effet également responsables de changements morphologiques évidents : transportant les sables, ils ont entièrement remanié le substrat de la plaine. Le profil pédologique en a été modifié, mais également la morphologie du littoral, avec la formation du cordon dunaire qui accompagne toute la côte au sud de l’estuaire. Celui-ci n’a jamais été complètement stabilisé et continue aujourd’hui encore à se redessiner au gré des vents. Les précipitations ont également eu un rôle à jouer dans la mise en place de ce cordon, créant des cours d’eau qui ont participé au transport des sables.

Influence sur l’implantation humaine

Avec l’installation de populations humaines, le paysage a peu à peu été transformé par ces nouveaux habitants, selon leurs besoins et leurs moyens. Mais le climat est resté un facteur déterminant, qui a influencé directement leurs décisions et aménagements.

Ainsi, la mise en place progressive du vignoble bordelais n’a pas pu se faire sans prendre en compte un élément aussi important. Le niveau des précipitations qui arrosent le département n’étant pas propice à la culture de la vigne, des plants particuliers ont dû être développé et les implantations se sont limitées aux terrains capables de drainer une telle quantité d’eau. L’ensoleillement a aussi un effet direct sur la réussite ou l’échec des récoltes et a donc déterminé quelles terres seraient plantées.

Le vent, soufflant depuis les vastes étendues océaniques, a forcé les hommes à se protéger de ses rafales, comme le montre le bâti vernaculaire, souvent plus fermé vers l’ouest. Mais il a aussi joué un rôle indirect en déplaçant les dunes littorales. Menaçant parfois d’engloutir des villages entiers (l’église de Soulac-sur-Mer a été recouverte par les sables), celles-ci ont forcé des groupements de population à se déplacer vers l’intérieur des terres, avant d’inciter les autorités à initier de grands travaux de fixation. Le visage du département en a été durablement transformé, non par le vent lui-même, mais par la réaction humaine à ses effets.

L’action du vent sur les arbres modifie aussi les formes urbaines : si la ville d’hiver d’Arcachon bénéficie d’un mélange intime des villas avec les pins - proximité permise par la profondeur sableuse des dunes, qui offre un enracinement de qualité - cette configuration ne peut s’adapter partout. En banlieue de Bordeaux, les sols moins généreux n’offrent pas cette garantie : pour éviter les chutes d’arbres sur les maisons, un dégagement est nécessaire à l’ouest des bâtiments, ce qui ne permet pas de retrouver l’imbrication ville / forêt.