Introduction

L’approche archéo-géographique développée dans ce chapitre "Les évolutions au long cours" met en évidence trois grands types de paysages Girondins : le plateau et la forêt des Landes ; le littoral ; les marais de l’estuaire de la Gironde. Plutôt que de brosser l’histoire de ces paysages, les chapitres s’attachent à présenter les éléments de permanence qui forgent la personnalité du territoire Girondin, traversant le temps jusqu’aux interrogations contemporaines : celles liées au devenir de la forêt après les tempêtes Martin de 1999 et Klaus de 2009 (plusieurs dizaines de millions de m3 de chablis à chaque fois) et à la disponibilité d’un important foncier qui pourrait être utilisé pour l’implantation de fermes solaires ; celles du changement climatique et de l’attaque du littoral atlantique et estuarien.

Les enjeux de l’approche archéo-géographique

L’aménagement des territoires, milieux et paysages se trouve aujourd’hui confronté à la question de la durabilité. Le choix de faire du « développement durable » une exigence politique et un cadre réglementaire de l’action publique conduit à prendre en compte la durée prospective (quels choix pour demain ?) et rétrospective (quelle est la trajectoire des dynamiques à l’œuvre ?). Sans prise en compte de la durée et de la durabilité des formes de l’écoumène écoumène notion géographique pour désigner l’ensemble des terres anthropisées (habitées ou exploitées par l’Homme) , de leurs conditions d’émergence, de transmission et de résilience résilience propriété d’un système qui, adaptant sa structure au changement, conserve néanmoins la même trajectoire après une perturbation dans le temps long, comment, en effet, promouvoir un développement et un aménagement durables ? Le droit de l’environnement, par la promotion de nouveaux principes (principe de précaution, notamment, qui suppose, dans le domaine qui nous occupe ici, une bonne connaissance des situations existantes et des effets induits par tout nouvel élément fonctionnel inscrit dans l’espace), invite à cette prise en compte du rôle de la mémoire et de l’héritage dans l’aménagement.

Cette vision dynamique des prospectives, fondée sur l’histoire des lieux et des milieux, se prête mal, cependant, aux périodisations historiques habituelles, car c’est autant d’espace que de temps dont il est question. L’idée selon laquelle une période définit simultanément un même processus (partout la même chose dans la même chronologie) est ainsi progressivement abandonnée ce qui conduit à envisager la production des formes paysagères au travers de nouvelles spatiotemporalités historiques qui n’ont pas de rapports obligés avec les « périodes » historiques et archéologiques. Gérard Chouquer a ainsi proposé plusieurs niveaux fondamentaux de réalisation des formes, sortes de « tendances lourdes », qui peuvent se superposer, se compléter ou s’opposer dans l’espace et dans le temps et qui, en association ou en conflit, produisent les véritables périodes de l’histoire de l’écoumène écoumène notion géographique pour désigner l’ensemble des terres anthropisées (habitées ou exploitées par l’Homme) (héritage, émergence, projet, organisation, représentation et auto-organisation). Ces tendances lourdes (évolution) permettent de mettre en perspective les enjeux actuels de l’écoumène écoumène notion géographique pour désigner l’ensemble des terres anthropisées (habitées ou exploitées par l’Homme) girondin et de suggérer des orientations pour la mise en œuvre des politiques publiques.