4 - L’apparition de la diagonale Garonne-Gironde
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L’apparition de la faille de la Garonne, au Pléistocène moyen (de 800 000 à 420 000 ans avant aujourd’hui), est l’un de ces évènements majeurs : le socle calcaire commun à l’ensemble du bassin se scinde en deux, la partie ouest s’effondrant, et le fleuve s’installe au long de cette flexure, sous un escarpement dont la dénivellation atteint 40 à 50 m. Celui-ci reste toujours bien visible et précieux dans les paysages de la vallée de la Garonne et dans ceux de l’estuaire : des coteaux bien marqués se dessinent, qui jouent à la fois le rôle de "vitrine / présentoir" depuis la plaine, et de "balcon" depuis les hauteurs.

Ce même socle calcaire originel s’est ainsi retrouvé profondément enfoui à l’ouest de la faille suite à cet effondrement, recouvert d’une importante couche de sédiments épandus par les fleuves et rivières. Du côté est, il est à l’inverse affleurant et offert aux éléments qui ont poursuivi le modelage des paysages par l’érosion : de larges vallées ont ainsi été creusées par les cours d’eau, par étages successifs. On peut trouver sur les terrasses alluviales successives les couches de graves des Pyrénées qui, en parallèle de ces changements morphologiques, ont été épandues massivement depuis l’Entre-Deux-Mers jusqu’à l’embouchure de l’estuaire. Ces graves vont jouer un rôle considérable dans les paysages et l’économie girondine en étant favorables à la présence de la vigne. Les mouvements souterrains des roches dures se sont aussi traduits par des reliefs bosselés en surface, notamment au sein de l’Entre-Deux-Mers.