2 - L’organisation des sols suit également la diagonale Garonne-Gironde

Comme la morphologie, Les paysages s’organisent largement selon la fameuse diagonale Garonne-Gironde par leur nature physico-chimique : podzols et sables des dunes côtières à l’Ouest, et kaléidoscope plus diversifié à l’Est, où la roche-mère reste calcaire et les sols, selon les cas, lessivés, argileux ou mollassiques.

Des exceptions notables qui enrichissent les paysages

Mais chacune de ces parties connaît son exception :

  • à l’Est de la ligne Garonne-Gironde, dans la partie nord du département, on retrouve des sables (mais d’origine différente : ils viennent du massif Central et non de l’Océan) qui, également couverts de pins maritimes, composent une curieuse avancée du massif landais hors de son emprise triangulaire connue, comme un avant-poste annonciateur à ceux qui descendent du nord et arrivent dans le département. Et, logiquement, les pays ainsi formés sont appelés "le Landais" et "la Double" ;
  • à l’Ouest de la ligne, c’est le pays du Bazadais, avec ses moutonnements de collines et son calcaire sur les façades des maisons et dans les sols des bourgs, qui se démarque nettement de son appui que constitue le massif Landais. Au sortir du massif des pins en arrivant par le Sud, ce pays lui aussi fait figure d’événement, grâce aux vues qui enfin peuvent dominer, et à Bazas, avec sa merveilleuse place de calcaire qui surprend tant dans un pays que l’on croyait encore de sable.

La diagonale Garonne-Gironde, catalyseur de la variété des sols

Ces deux exceptions confirment néanmoins la règle générale, qui veut que la Garonne, prolongée par la Gironde, constitue la colonne vertébrale des paysages du département, matérialisant la rencontre entre des mondes totalement distincts, les uns fait de sables, les autres de calcaires, ceux-là plats et ceux-ci moutonnants en collines rondes.

Surtout les sols concentrent particulièrement leur diversité sur cette colonne vertébrale Garonne-Gironde, à proximité immédiate de l’eau, se découpant en pièces de puzzle beaucoup plus petites. La carte des unités de paysage le montre clairement : c’est là, sur cette ligne diagonale de frottements entre l’eau, le sable, le calcaire, ajoutés aux graves charriés des Pyrénées par le fleuve, que se concentrent la diversité des paysages du département, démultipliés par la richesse de situations que provoquent ces rencontres.