2 - L’urbanisation du territoire aujourd’hui / cartographie
Démarrer le diaporama | Pause

Dans la répartition du bâti se lit une fois de plus la dichotomie est-ouest qui organise le département : à l’est de la diagonale Garonne-Gironde, l’occupation humaine se répartit assez uniformément, héritage lointain des premières implantations agricoles gallo-romaines ; à l’ouest au contraire, le caractère désertique des Landes girondines reste dominant, et les villages semblent bien isolés les uns des autres - le Bassin d’Arcachon, véritable agglomération balnéaire, fait encore une fois figure d’exception. Entre ces deux pays très distincts se trouvent Bordeaux et son aire urbaine, accrochées à un méandre de la Garonne et réunissant plus de la moitié de la population girondine.

Carte générale de l’urbanisation + -
PDF - 5.4 Mo
Carte de l’urbanisation et des réseaux de déplacement
(source : Ocs2004 / IGN BD Topo - BD Alti)

Historiquement, l’urbanisation du territoire girondin est peu dense, et adopte plutôt une organisation diffuse. Cette structure du bâti, associée à une géographie relativement plane qui ne présente que peu de contraintes et offre beaucoup d’espace disponible, tend à exposer le département aux occupations lâches et au mitage.

Depuis le milieu des années 1970, l’augmentation du nombre de voitures individuelles a en effet transformé les modes d’urbanisation : jusqu’alors, les populations se groupaient autour des villes et des faubourgs, ou à proximité des réseaux de transports collectifs ; avec l’automobile, la croissance urbaine s’est progressivement diffusée de façon plus large et moins dense. La possibilité de travailler (ou d’accéder à des services) loin de son lieu de résidence a changé la donne et amorcé les phénomènes d’étalement urbain ("développement extensif et peu dense de l’urbanisation autour des centres urbains, en grande majorité sous la forme d’habitat individuel") et de mitage des espaces périurbains et ruraux ("développement progressif, dispersé et anarchique des constructions dans les paysages naturels ou agricoles").

Jusqu’en 1999, les pressions urbaines restent concentrées principalement aux alentours de Bordeaux et son agglomération, ainsi que sur le pourtour du Bassin d’Arcachon, mais depuis, on observe une baisse de l’importance de la Communauté Urbaine de Bordeaux dans la part des constructions neuves. Le développement résidentiel se diffuse aujourd’hui bien plus largement, d’autant plus que le réseau des infrastructures rend très accessible la majeure partie du département. De nouveaux secteurs sont ainsi soumis à des pressions urbaines fortes : le Cubzadais, la rive gauche de la Garonne en amont de Bordeaux et celle de l’estuaire en aval, ou encore le bassin versant de la Grande Leyre.

La population de plus de 1,4 millions d’habitants augmente régulièrement (environ 15 000 personnes par an entre 1999 et 2008), et la densité (142 h/km²) est supérieure de près de 40 % à la moyenne nationale. En 2008, la surface urbanisée sur le département représentait au total 42 000 ha, soit environ 4 % du territoire (deux fois plus que vingt ans plus tôt), dont 30 000 à l’intérieur du périmètre du SCoT SCoT Schéma de Cohérence Territoriale bordelais.

Tendances de la croissance urbaine en Gironde jusqu'en 1999 - document a'urba
crédits : a'urba
Tendances de la croissance urbaine en Gironde depuis 1999 - document a'urba
crédits : a'urba