6 - La formation du cordon dunaire littoral
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Au cours de périodes plus proches, des précipitations importantes entraînent le creusement de nouvelles vallées dans la plaine littorale : une partie des sables à proximité de ces cours d’eau s’est alors trouvée entraînée vers l’océan. Avec la fin de ces précipitations, ces sables, mal évacués, s’accumulent sur le littoral.

Une nouvelle période d’activité éolienne remodèle alors ces paysages, transportant ces sables pour les accumuler en hautes dunes continentales, avant de les déformer et de les repousser vers les terres. Au néolithique, le vent n’a plus assez de puissance pour transformer de nouveau ces masses de sable, et la végétation envahit ce paysage et fixe les dunes : au long des côtes, 200 000 ha de boisements naturels s’installent, et maintiennent en place une grande partie des sables. Néanmoins, sur la frange littorale, une bande de sable reste libre, et un étroit cordon dunaire continue à évoluer, sans cesse en mouvement selon les vents.

Du fait de l’action des vents marins, soufflant toujours dans la même direction, les dunes littorales prennent deux formes principales, selon le développement de la végétation. Tant que celle-ci ne s’installe pas, on observe la formation de barkhanes, dunes en demi-lune dont la face exposée au vent est convexe. Lorsque la végétation apparaît, elle tend à stabiliser les extrémités de la masse sableuse, l’action des vents se concentre alors sur la partie centrale, qui poursuit son avancée : la dune prend une forme en U, dont la partie concave, à l’inverse, fait face aux vents.

Cet ensemble de dunes sableuses constitue une barrière physique nette entre la plaine des Landes et l’océan Atlantique. Pour les cours d’eau qui drainent ce territoire, peu vigoureux étant donné l’extrême planéité du relief, cette limite est infranchissable : au lieu d’avoir l’océan pour exutoire, ces eaux créent des étangs permanents aux pieds des dunes, tout au long de la côte. La seule exception est le bassin d’Arcachon, où le cours de L’Eyre est parvenu à franchir cette barrière, transformant l’étang en lagune lagune dans le massif landais, ce terme désigne de petites étendues d’eau circulaires (de 10 à 80 m de diamètre) isolées, particulièrement riches en biodiversité . Au creux des vallonnements qui séparent les dunes, des zones plus humides se développent parfois : ce sont les lettes. Marais, étangs ou prairies humides, selon le niveau de l’eau, elles accueillent une flore et une faune différentes au cœur de ces déserts sablonneux.

Succession des dunes littorales
crédits : Agence Folléa-Gautier
Évolution de la péninsule du Médoc
crédits : Agence Folléa-Gautier