4 - Le vignoble
Certains terroirs présentent une continuité de vignes quasi-ininterrompue, Saint-Genès-de-Castillon
crédits : Agence Folléa-Gautier
Terrassements et fossés ont permis la mise en culture de ce vallon en bordure du plateau de Saint-Emilion , Saint-Hippolyte
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Au coeur de l'Entre-Deux-Mers, la vigne est associée aux boisements et cultures en un paysage composite, Blasimon
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Les paysages viticoles sont souvent très soignés, et offrent des configurations riches en termes de paysages, Saint-Etienne-de-Lisse
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Depuis les coteaux de la Garonne, la monoculture viticole s'impose dans la vallée, Langoiran
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Les rosiers plantés en bout de règes permettent de prévenir les attaques d'oïdium : plus sensibles que la vigne, ils signalent l'apparition de la maladie avant, Ordonnac
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Paysage emblématique du département, le vignoble domine largement sa partie est. Mais il ne présente pas un visage uniforme sur tout ce territoire : chaque terroir a son histoire, plus ou moins ancienne, et développe des caractéristiques paysagères propres. Avec 120 000 ha de vignes classées en Appellation d’Origine Contrôlée, la Gironde représente un des plus importants vignobles de crus au monde, tout en ayant, la première, mis en place de telles mesures de valorisation de sa production. Aujourd’hui, la viticulture y tient un rôle économique majeur, mais elle est aussi une agriculture patrimoniale, chargée de l’histoire des hommes et du territoire, comme le montre l’inscription par l’UNESCO, en décembre 1999, de l’ancienne juridiction de Saint-Emilion sur la Liste du Patrimoine Mondial, au titre des paysages culturels.

Tout en couvrant une très grande partie du territoire départemental, le vignoble offre des aspects différents : l’unicité de chaque vin, qui naît d’une relation exclusive avec son terroir, se traduit par des paysages singuliers. Si certains pays, comme Saint-Emilion ou Pomerol, offrent au regard des étendues sans fin de monoculture de vigne, d’autres voient ces parcelles mêlées, plus ou moins étroitement, à des boisements ou des pâtures, c’est souvent le cas dans les vallées. Exposition, sols, humidité : tous ces facteurs influent directement sur la vigne, et cette culture a été adaptée différemment à ces contraintes variées. Terrassements, digues de protection, canaux de drainage ont permis d’installer la vigne des vallées alluviales jusqu’aux plateaux sableux, en passant par les terrasses graveleuses. Les modes de gestion ou de taille sont également différents : vigne basse ou haute, écartement des règes, type de taille pratiquée... Ces variations peuvent créer des horizons viticoles très disparates.

Vigne haute, règes écartés, terre à nu, Braud-et-Saint-Louis
crédits : Agence Folléa-Gautier
Vigne basse, règes écartés, parcelle enherbée et peu fauchée, Braud-et-Saint-Louis
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Vigne haute, bandes enherbées entre les règes, Saint-Savin
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Vigne basse, règes très écartés, larges bandes enherbées, Birac
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Vigne basse, règes peu serrés, étroites bandes enherbés, désherbage chimiques au pied des ceps, Vensac
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Vigne basse, juste après la taille, règes serrés, terre à nu, Pomerol
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Vigne basse, juste après la taille, bandes enherbées entre les règes, Pompignac
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Malgré l’étendue - souvent impressionnante - des surfaces cultivées, la vigne reste toujours une agriculture "à échelle humaine". En effet, chaque cep, élément de base de ces paysages monumentaux, a fait l’objet de soins personnalisés : de la plantation aux vendanges, la présence humaine se constate tout au long de l’année dans les vignes. Aujourd’hui, même si de plus en plus d’opérations sont automatisées, la taille est toujours effectuée à la main, ce qui participe évidemment de l’aspect infiniment soigné de ces paysages. Cette importance grandissante de la machine transforme les vignes (écartement des règes plus importants pour faciliter l’accès) ainsi que la structure des exploitations : depuis le milieu du XXème siècle, le nombre de producteurs est en chute libre (60 000 en 1950, moins de 12 000 en 1999).

Chaque pied est soigné à la main, Saint-Laurent-des-Combes
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Avec les machines, les produits phytosanitaires sont le premier allié du viticulteur : les 3 % de la Surface Agricole Utile française plantés en vigne totalisent ainsi 25 % de la consommation d’herbicides. Ce constat amène à se poser la question des milieux naturels liés à la vigne, étant donnée l’importance des surfaces couvertes. Quelle place est laissée à la biodiversité dans ces pays résolument tournés vers le vin ? Quel rôle pourraient jouer les pratiques raisonnées ou biologiques dans l’évolution de la viticulture girondine ?