5 - Les cultures

D’autres cultures, moins étendues ou plus récentes, participent des paysages du département. Exploitations anciennes arrivées à un stade avancé de déclin, productions à destination locale, ou encore introduction de pratiques nouvelles, toutes composent la variété des paysages girondins en remplaçant ou en s’associant avec les pins et la vigne.

Les séchoirs à maïs signalent la présence de cette culture, Asques
crédits : Agence Folléa-Gautier
Drainage et irrigation sont mis en place pour assurer le meilleur rendement aux vastes parcelles de maïsiculture, Hourtin
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Dans les marais en rive droite de l'estuaire, le maïs remplace souvent l'élevage, Saint-Ciers-sur-Gironde
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Les fonds de vallées sont régulièrement mis en culture, Rauzan
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Céréaliculture dans la vallée de la Garonne, Lamothe-Landerron
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La géométrie circulaire des parcelles maïsicoles est dictée par les systèmes d'irrigation, Lanton
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Le maïs a la part belle parmi les céréales. Nous avons évoqué plus haut la plantation de vastes clairières, au sein de la pinède, dans les années 1960 : d’énormes rampes d’arrosage assurent l’irrigation de champs circulaires, drainés par des réseaux de fossés complémentaires. Cette assistance constante permet d’assurer à ces champs une des meilleures productivités au monde. Si le maïs garde le monopole dans ce secteur des Landes, on le retrouve, ainsi que d’autres céréales, dans les palus palus terres marécageuses asséchées par drainage et cultivées et les vallées, où ces cultures ont souvent remplacé l’élevage. Là aussi, les terres alluviales nécessitent souvent drainage et irrigation, pratiques peu cohérentes avec le territoire et ses atouts.

Vignes et cultures maraîchères mêlées (haricots), Braud-et-Saint-Louis
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Potager en cœur de village, Abzac
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Séchoirs à tabac, Saint-Avit-Saint-Nazaire
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Séchoir à tabac, Loupiac
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Un alignement d'arbres fruitiers sépare la route du champ, Blasimon
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Un verger sur le coteau, Listrac-de-Durèze
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Culture de vimes en vallée de Garonne, Bassanne
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A une échelle plus réduite, le maraîchage crée des paysages riches, rares et précieux ; souvent pratiqué en clairières au sein des boisements, il compose des parcelles très fines. Lorsqu’il est établi à proximité des centres urbains, sa pérennité peut être compromise par les pressions foncières. Dans certains pays comme le Bazadais, la polyculture a toujours tenu une place prépondérante, mais ces pratiques sont malmenées ces derniers temps. Ainsi, la culture du tabac a quasiment disparu, remplacée en général par le maïs ; la seule trace visible de cette ressource autrefois majeure est architecturale : les séchoirs à tabac, bâtiments hauts et étroits à pans de bois sombres, parsèment encore la campagne. De même, les cultures de vimes - qui fournissaient l’osier servant à ligaturer les ceps de vigne - se font de plus en plus rares aujourd’hui : les techniques modernes ont rendu inutile cette production, qui est devenue anecdotique dans les paysages girondins. Vers l’est de l’Entre-Deux-Mers, on trouve aussi quelques vergers, annonciateurs des paysages du Lot-et-Garonne.

Saint-Jean-de-Blaignac
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La vallée de la Garonne est parfois couverte de peupleraies, Sainte-Croix-du-Mont
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La rive gauche de la Garonne est invisible derrière ce rideau de peupliers, Le Tourne
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Les peupliers remplacent souvent les pâtures, Coutras
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Dans les vallées, aux paysages complexes articulant vignes, prairies, boisements et cultures, des plantations plus récentes perturbent cet équilibre de façon importante par l’ampleur de leur développement : de nombreuses peupleraies, s’étendant sur les rives des fleuves et rivières, ont une incidence forte sur les paysages en bouchant totalement les vues depuis ou vers les vallées. La substitution de pâtures ouvertes par des boisements fermés aux sous-bois appauvris perturbe l’équilibre des panoramas comme des écosystèmes.