Les milieux naturels du Blayais au Libournais

L’histoire géologique a donné à ce terroir une diversité d’affleurements, et donc de sols, que l’homme a su exploiter et mettre en valeur notamment en y implantant la vigne. C’est un secteur de grande tradition viticole, connu pour ses grands crus classés (Lalande de Pomerol, Pomerol, Saint-Emilion, Fronsac…). A contrario, le vignoble a laissé peu de place aux boisements et à l’expression d’une flore spontanée. Avec un taux de boisement inférieur à 6%, le Libournais est la région la moins boisée du département de la Gironde.

Deux types de milieux sont caractéristiques de ce paysage : les fonds de vallée sur des alluvions récentes et les coteaux calcaires.

Les coteaux où affleure le calcaire à astéries sont marqués par des ruptures de pente, voire par la présence de véritables falaises (corniche de Bourg à Gauriac). La nature de ce substrat sec et l’exposition au sud, sud-est et sud-ouest, ont permis l’implantation d’une végétation appartenant au courant floristique méditerranéen. Cette flore singulière pour la région leur confère un intérêt patrimonial indéniable.

La flore de la série du chêne vert s’exprime par tâches disséminées sur les coteaux calcaires exposés au sud de la rive droite de la Dordogne (Castillon, Fronsac, Saint-Emilion…). Cette situation se prolonge le long de la Gironde (corniche de Bourg à Blaye) - elle se retrouve également en rive droite de la Garonne.

On y trouve soit le chêne vert (Quercus ilex), soit des témoins d’anciennes plantes méditerranéennes, aujourd’hui isolées. Elles poussent sur des pelouses sèches, des landes ou chaumes, ou parfois d’anciennes friches viticoles.

petite coronille (Coronilla minima)
crédits : Kurt Stüber - Wikipedia - Creative Commons - http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr
Muscari comosum
crédits : Hans Hillewaert - Wikipedia - Creative Commons - http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr
Ail rosé (Allium roseum)
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Nerprun (Rhamnus alaternus)
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La série du chêne pubescent est également présente sur les coteaux calcaires à sol rendziniforme. Il s’agit de sol sec, très peu profond, sur substrat calcaire. Dès que le sol évolue vers des sols bruns ou que la topographie est moins favorable (diminution de la pente), le chêne pubescent est concurrencé par une végétation des étages plus atlantiques. Rarement à l’état pur, il se mêle au chêne pédonculé, au charme ou encore au frêne selon les conditions édaphiques locales.

Avec les orchidées, les tulipes sauvages font partie de cette flore remarquable et menacée que l’on peut encore observer au printemps.

La tulipe de l’écluse, Tulipa clusiana, est présente dans quelques parcelles de vignobles autour de Bourg-sur-Gironde. Elle est la plus rare des quatre espèces de tulipes sauvages que l’on peut rencontrer dans les vignes girondines, car particulièrement sensible aux épandages de désherbant et au labour entre les règes. Plus répandue, la tulipe sylvestre, Tulipa silvestris, s’observe plus fréquemment et parfois en grande densité sur certaines parcelles.

Tulipe précoce (Tulipa praecox)
crédits : GEREA
la tulipe des bois - (Tulipa sylvestris)
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orchidée à fleurs lâches (Anacamptis laxiflora)
crédits : GEREA
Ophrys araignée (Ophris sphegodes)
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La basse vallée de l’Isle

Entre son confluent avec la Dronne et celui avec la Dordogne, la basse vallée de l’Isle abrite un ensemble de zones humides. L’Isle méandre dans une vallée alluviale large, soumise au marnage. Elle abrite l’un des derniers bocages humides en zone alluviale de la Gironde, partiellement touché par le passage de l’Autoroute A89 et par le développement de l’agglomération libournaise.
Si le secteur des Dagueys, sur la commune de Libourne, a perdu de son intérêt en tant que milieu naturel, le marais des Brizards, situé juste en amont sur la commune des Billaux, constitue encore une vaste zone humide composée d’une mosaïque de formations végétales :

  • des prairies inondables entrecoupées de haies, formant par endroit un maillage bocager d’une grande qualité paysagère ;
  • des cariçaies hygrophiles situées au « cœur » du marais dans une dépression tourbeuse ;
Mégaphorbiaie
crédits : GEREA
Salicaire commune (Lythrum salicaria)
crédits : GEREA
Orchidée (Serapia lingua)
crédits : GEREA
  • des boisements plus ou moins humides dominés par les frênes (Fraxinus excelsior, Fraxinus angustifolia) ;

Ces milieux accueillent d’importantes populations d’amphibiens parmi lesquels le Crapaud calamite et le Pelodyte ponctué. Parmi les mammifères, trois espèces présentent un enjeu majeur en termes de conservation : la loutre, le vison d’Europe et le Crossope aquatique (Neomys fodiens).