3 - Les paysages cultivés
EVOLUTIONS ORIENTATIONS

Les dynamiques d’évolution récente

3.1 - Une rationalisation des pratiques

Avec la mécanisation, les pratiques agricoles se sont radicalement transformées durant la deuxième moitié du XXème siècle, et les nouveaux moyens de production ont nécessité une gestion différente des terres cultivées. Au lieu de très nombreuses exploitations de petite taille, dont les modes de gestion composaient des paysages complexes, on trouve aujourd’hui de grands exploitants en nombre plus réduits, rationalisant leurs méthodes pour parvenir à une production optimale (60 000 producteurs viticoles étaient en activité en Gironde en 1960, moins de 12 000 en 1999). Remembrement, traitements phytosanitaires, utilisation d’intrants, irrigation... ont permis de maximiser les rendements : aujourd’hui, les terres maïsicoles girondines sont parmi les plus productives au monde, notamment grâce à l’irrigation, et la région Aquitaine produit une des plus importantes récoltes de maïs en Europe ; concernant la vigne, en 2006, un hectare recevait en moyenne 19 traitements dans le Bordelais, ce qui en fait la troisième région viticole pour le nombre de traitements annuels.

La rationalisation de la viticulture se traduit par un écartement plus important des règes et une homogénéisation de leur orientation, afin de faciliter la mécanisation ; on observe aussi l'apparition de piquets en aluminium, employés au détriment du robinier traditionnel.
crédits : Agence Folléa-Gautier
La présence des piquets en aluminium peut apparaître bien plus marquée que les pieux de robinier traditionnels et changer l'équilibre des paysages viticoles girondins - Ladaux
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Concentrées dans quelques vallées, les peupleraies peuvent simplifier les paysages lorsqu'elles sont trop nombreuses.
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La culture intensive du maïs nécessite à la fois un drainage important du sol et des apports en eau conséquents par l'irrigation.
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Lanton en 1950, puis en 2004 - L'apparition des cultures maïsicoles a transformé le paysage du massif forestier, ouvrant de très grandes clairières dont la géométrie circulaire est déterminée par les rampes d'arrosage.
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La géométrie circulaire des parcelles maïsicoles est dictée par les systèmes d'irrigation, Lanton
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Hier, les mattes traditionnelles (élevage).
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Hier, les cultures en ados.
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Aujourd'hui, les mattes agro-industrielles. L'intensification de l'agriculture dans les mattes au cours des dernières décennies s'est traduite par une disparition quasi-complète du pâturage, une simplification des réseaux de drainage, et une suppression des haies brise-vent traditionnelles de tamaris.
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3.2 - Une simplification des paysages (agrandissement des parcelles, disparition des structures végétales, monocultures)

Le remembrement et la rationalisation des cultures ont eu des effets flagrants sur les paysages que dessine l’agriculture : la simplification du parcellaire (regroupement et agrandissement des terrains) s’est accompagnée d’une disparition des structures qui accompagnaient les anciennes limites (haies, murets, fossés) et le développement des monocultures sur des territoires parfois très vastes compose des paysages monotones. L’agrandissement des exploitations agricoles, et la diminution du nombre d’exploitants, a accentué ce phénomène (12 722 exploitations en 2000 ; 10 489 en 2005 ; 9 864 en 2007). Ces phénomènes se poursuivent encore aujourd’hui : en Aquitaine, les bosquets et haies ont régressé de 5 % sur la période 2005-2007.

Les monocultures (ici, de maïs) simplifient les paysages à l'extrême : dans ce fond de vallée de Garonne, prairies et structures paysagères ont disparu.
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Clairière maïsicole dans la pinède.
crédits : Agence Folléa-Gautier
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Casseuil et Barie en 1950, puis en 2004 - Ces photos aériennes successives montrent clairement les transformations du parcellaire agricole : l'agrandissement des parcelles et l'uniformisation des cultures dessinent un paysage très simplifié.
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3.3 - Un fort recul du pâturage, une nette raréfaction des prairies

Avec l’intensification, les cultures les plus rentables ont rapidement remplacé les occupations du sol plus extensives : la céréaliculture ou les peupleraies ont ainsi très souvent pris la place des prairies. Aujourd’hui, les terrains fauchés ou pâturés représentent à peine un cinquième de la Surface Agricole Utile du département. Les surfaces toujours en herbe ont régressé entre 1989 et 2002 de 32 000 ha, soit 45 % de leur surface.

Dans la vallée du Dropt, les cultures s'étendent aujourd'hui jusqu'aux berges de la rivière : il n'y a plus de prairies pour jouer le rôle de filtre naturel pour les eaux de ruissellement.
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Les pressions foncières entraînent une consommation importante d'espaces de prairie par l'urbanisation - Artigues-Près-Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier
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Casseuil et Barie en 1950, puis en 2004 - Les surfaces dévolues aux prairies (apparaissant en vert) ont quasiment disparu aujourd'hui.
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3.4 - Un enfrichement des terres peu attractives (coteaux raides, régions forestières au parcellaire morcelé, terres humides difficiles à drainer)

Certaines terres anciennement cultivées ou maintenues en prairies laissent aujourd’hui la place à un enfrichement plus ou moins avancé : leurs situations plus complexes ne permettent pas une gestion efficace par les moyens modernes de production. De ce fait, ces surfaces considérées comme non rentables sont souvent laissées à l’abandon et participent alors de la simplification des paysages : aux horizons uniformément ouverts de la monoculture répondent les boisements fermés des friches. Ce phénomène apparaît plus marqué dans les secteurs du Bazadais et des Franges boisées du nord.

Sur les terrains les moins favorables, comme ce coteau pentu de la Dronne, l'abandon des pratiques agricoles mène à l'apparition de friches - Chamadelle
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Certains paysages de coteau tendent à se fermer du fait du boisement spontané des friches - Saint-Christophe-de-Double
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Le coteau du vallon de la Soulège a été abandonné aux boisements - Saint-Avit-de-Soulège
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Certains vallons de l'Entre-Deux-Mers sont littéralement envahis par la végétation spontanée - Listrac-de-Durèze
crédits : Agence Folléa-Gautier
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Les-Eglisottes-et-Chalaures en 1950 puis en 2004 - Là où cultures et boisements étaient autrefois étroitement imbriqués, le coteau est aujourd'hui couvert de boisements tandis que les cultures s'étendent en fond de vallée et sur les hauteurs : un paysage très simplifié se dessine, souligné par la lisière rectiligne en bas de pente.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Cambes vers 1910 et aujourd'hui - Ici, l'enfrichement se traduit par la fermeture des vues : le village de Cambes, bien visible depuis les hauteurs vers 1910, est aujourd'hui totalement caché par les boisements.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Villeneuve-de-Blaye vers 1910 et aujourd'hui - Bien que les prairies se soient bien maintenues, on observe, entre le début du XXème siècle et aujourd'hui, un épaississement notable des boisements du coteau.
crédits : Agence Folléa-Gautier

3.5 - Une pinède soumise aux intempéries. Un écosystème qui se simplifie.

La forêt des Landes de Gascogne a connu très récemment des tempêtes susceptibles d’affecter considérablement le stock de bois, la qualité biologique des forêts, le stockage du carbone sur pieds. La tempête MARTIN de décembre 1999 a provoqué la destruction à plus de 40% de 100000 ha et celle de janvier 2009 « KLAUS » a entraîné la destruction à plus de 40% de près de 226000 ha.

La simplification de cet écosystème par les conduites sylvicoles qui réduisent la concurrence entre le pin et les autres espèces (la suppression du sous bois par exemple, bien que la tendance ne soit pas au renforcement du débroussaillement), qui homogénéisent le peuplement (futaie régulière, absence de stades sénescents, arbres morts…), et les conditions édaphiques (assainissement), entraîne une diminution des capacités d’accueil en supprimant des « niches écologiques » et par conséquent, les interrelations entre organismes, dont notamment ceux qui peuvent réguler les ravageurs (oiseaux, prédateurs …).

3.6 - Une reconnaissance patrimoniale (forêt littorale, vignoble en général, Saint-Emilion en particulier)

Certaines productions agricoles contribuent grandement à l’image de marque du département, tant par les paysages qu’elles dessinent que par la qualité de leurs productions : le vignoble en est l’exemple le plus frappant. Ce statut particulier confère à ces paysages une meilleure "capacité de résistance" aux évolutions, notamment aux pressions foncières : les vignobles prestigieux sont peu frappés par le mitage ou par des extensions urbaines disgracieuses.

L'inscription par l'UNESCO sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité des paysages de Saint-Emilion, en tant qu''exemple remarquable d'un paysage viticole historique qui a survécu intact et est en activité de nos jours', est révélatrice de la reconnaissance croissante des paysages.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Lussac vers 1910 et aujourd'hui - Le paysage des pentes de Lussac a peu évolué depuis le début du XXème siècle, grâce au maintien des parcelles viticoles.
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3.7 - Un développement de pratiques durables - raisonnées ou biologiques

Les évolutions récentes de l’agriculture vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement se font également sentir en Gironde, et les exploitations biologiques se développent progressivement. Ces évolutions sont encouragées par les collectivités territoriales, sous la forme de primes et d’aides à l’installation pour les exploitants. En 2008, plus de 1000 ha de vignes étaient cultivés selon un mode de production biologique en Gironde.

L’enherbement des vignes, qui permet de lutter contre l’érosion des sols et d’améliorer la biodiversité (il joue le rôle de filtre vis-à-vis des particules fines du sol (colloïdes) ainsi que vis-à-vis des produits phytosanitaires retenus et partiellement « décomposés » par les micro-organismes vivant dans le sol), est un autre exemple de ces pratiques : 80 % du vignoble sont aujourd’hui concernés (l’enherbement n’est cependant complet que sur 8 % du vignoble, le pied des vignes étant désherbé sur la majorité des exploitations). De même, les sarments de vignes sont restitués sur la parcelle dans 83 % des cas, ce qui permet de maintenir en partie la fertilité du sol.

Premier département viticole français, la Gironde enregistre une progression des méthodes alternatives aux traitements chimiques systématiques. Ainsi, 80% du vignoble bordelais disposait d'un enherbement permanent en 2006 (Agreste, 2008).
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Une part de plus en plus importante des vignes est aujourd'hui enherbée, offrant aux regards un paysage viticole plus verdoyant et réduisant l'utilisation de produits chimiques dans les exploitations - Saint-Genès-de-Castillon
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carte orientations des paysage cultivés

Orientation 3.1 - Préserver et renouveler les structures paysagères dans le contexte agricole (haies, murets, alignements, arbres isolés, chemins, ...)

Les objectifs visés :

  • Enrichir et améliorer les paysages agricoles et valoriser notamment les paysages de grandes cultures
  • Faire contribuer les espaces agricoles à la préservation de la culture rurale et de la biodiversité
  • Lutter contre la pollution des eaux et l’érosion des sols
  • Favoriser la présence de petit gibier pour la chasse

Les principes à adopter :

  • Identifier, inventorier, cartographier et préserver les structures paysagères rurales à l’échelle communale (arbres isolés, haies, bosquets, alignements, murets, chemins, …)
  • Redonner une place à l’arbre dans l’espace agricole, en adaptant l’emplacement et en choisissant des espèces adaptées au contexte rural notamment :
    • le long de certaines routes, sur certains itinéraires ou certains secteurs clefs (entrées de bourgs…) en mobilisant les emprises nécessaires à la sécurité
    • le long de chemins agricoles ou à leur croisement (sans gêner le passage des engins) : arbres fruitiers, feuillus précieux…
    • en limite des parcelles vouées à l’arboriculture ou à la culture sous serres
    • le long des itinéraires de randonnée
    • sur des espaces "résiduels" (talus…)
    • autour des fossés, ruisseaux, mares et étangs (ripisylve ripisylve formation végétale du bord des cours d’eau )
    • en limite de parcelles
    • en "arbres-signaux", plantations isolées marquant un repère dans le paysage
    • en accompagnement des bâtiments agricoles : plantations d’arbres et de haies
    • de façon adaptée pour favoriser les objectifs d’agriculture biologique (auxiliaires des cultures...) ou les objectifs cynégétiques
  • Développer les bandes enherbées en limite de parcelles, à proximité des boisements, des cours d’eau ou des routes capables d’assurer également une continuité dans les cheminements ruraux lorsqu’ils font défaut
  • Sur le plateau des Landes girondines, préserver les réseaux de fossés et leurs plantations de feuillus qui caractérisent le paysage forestier notamment lors des coupes rases de pins ou de l’exploitation du pin à proximité des lagunes ; replanter ces mini ripisylves lorsqu’elles font défaut
La subsistance d'une haie constituée de quelques saules têtards au bord de ces vignes participe de la richesse des paysages de l'Entre-Deux-Mers et préserve une trace de l'usage traditionnel de la vime, qui fournissait l'osier nécessaire pour ligaturer les ceps - Arbis
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Le bornage des parcelles par des murets de pierre nous a légué un héritage paysager qui mérite d'être préservé - Saint-Laurent-des-Combes
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Les murs de soutènement, mis en place sur certains coteaux afin d'optimiser les possibilités de cultures, font partie des éléments majeurs de composition des paysages, exprimant à la fois la nature d'un territoire (ici le calcaire du sous-sol) et les transformations humaines - Saint-Emilion
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Les talus, difficilement exploitables, accueillent d'avantage de structures arborées - Lansac
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La recréation de haies en bordure des fossés de drainage permet de recomposer les paysages de grandes cultures issus du remembrement et de recréer des continuités écologiques dans les plaines agricoles - Saint-Pierre-de-Monts
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Ce talus planté de beaux arbres préservés confère à la route une grande qualité et accompagne de façon heureuse le quartier pavillonnaire voisin - Lormont
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Si l'architecture des bâtiments de cette zone d'activité reste simple, la préservation de la haie arborée préexistante présente un exemple intéressant de prise en compte du paysage durant la conception d'un aménagement - Floirac
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Au sein des paysages extrêmement plats des marais estuariens, les haies - en plus de leur fonction de brise-vent - animent le paysage et permettent d'en lire les structures, soulignant les fossés et clôturant les prairies des mattes et des palus - Talais
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Orientation 3.2 - Protéger les prairies et pâturages et promouvoir leur re-développement (voir aussi orientation 4.1.)

Les objectifs visés :

  • Préserver les qualités écologiques des prairies : biodiversité, filtration des eaux en fonds de vallons, zones d’expansion des crues...
  • Protéger la richesse des paysages et des structures paysagères liées aux prairies : réseaux de haies, fossés plantés, arbres isolés, ...
  • Améliorer la qualité paysagère des espaces agricoles en favorisant une plus grande diversité
  • Réduire les effets de mitage et pérenniser les espaces agricoles

Les principes à adopter :

  • Identifier et protéger les prairies et pâturages dans les documents d’urbanisme et d’aménagement
  • Pérenniser les exploitations agricoles assurant la gestion extensive des espaces de prairies
  • Soutenir les modes de gestion favorables aux prairies et pâtures
  • Créer des labels et des circuits de distribution de proximité pour les productions locales
  • Valoriser socialement et culturellement les espaces des prairies par une mixité d’usages (visibilité, accessibilité, itinéraires de promenades, pédagogie...)
  • Mettre en oeuvre des modalités de gestion adaptées pour des prairies sans vocation économique mais à vocation sociale, environnementale ou paysagère (gestion de l’eau, espace d’aménité,...), notamment en milieu urbain ou périurbain (voir aussi orientation 4.6)
Ces prairies humides préservées dans la vallée de l'Isle assurent au cours d'eau un vaste champ d'expansion en cas de crues - Saint-Denis-de-Pile
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La prairie de fauche en contrebas des remparts de Saint-Macaire permet d'offrir une vue dégagée sur ce très riche patrimoine architectural ; de plus, ces terrains agrémentés de plantations constituent un jardin accueillant pour les habitants de la cité.
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Prairie préservée entre l'urbanisation de Villenave-d'Ornon et le ruisseau de l'Eau Blanche.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Maintien d'une prairie parmi les franges de l'agglomération bordelaise - Artigues-Près-Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier
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Orientation 3.3 - Maîtriser l’implantation des peupleraies dans certains sites

Les objectifs visés :

  • Concilier la présence des peupleraies avec des situations paysagères, urbaines ou écologiques particulières

Les principes à adopter :

  • Organiser les implantations de peupleraies dans le cadre de « plans de paysages et de populiculture » concertés, menés par des hommes de l’art (paysagistes, forestiers) : préservation d’ouvertures visuelles sur les sites de caractère
  • Maintenir des bandes non plantées entre les berges et les plantations, notamment afin d’éviter la chute des arbres en cas d’effondrement des berges
  • Encourager des pratiques sylvicoles favorables en termes de biodiversité : maintien d’un sous-étage arbustif dans certains cas, préservation d’ourlets boisés en lisière,...
Sous forme de boisements ponctuels, la présence de peupleraies n'est pas forcément dommageable pour la perception des paysages : ici la vallée de Garonne s'offre largement aux regards et le bosquet de peupliers n'empêche pas de comprendre l'organisation du territoire - Langoiran
crédits : Agence Folléa-Gautier
L'ourlet boisé qui accompagne la peupleraie atténue la présence rigide des troncs parallèles et compose une transition avec la prairie - Mazères
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les peupleraies s'inscrivent plus facilement dans des paysages bocagers : les haies arbustives et arborées constituent alors des lisières feuillues qui assurent la transition entre les espaces dégagés des prairies et le couvert des peupliers ; de plus, les horizons moins dégagés du bocage intègrent plus facilement la présence des bois en timbres-poste - Cadaujac
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 3.4 – Préserver et régénérer le massif forestier des Landes Girondines

Les objectifs visés :

  • Conforter le rôle économique et environnemental de la forêt
  • Reconstituer le massif forestier après les tempêtes et leurs conséquences sanitaires
  • Valoriser les paysages et les milieux forestiers de production
  • Favoriser la prise en compte des enjeux environnementaux dans les pratiques sylvicoles
  • Adapter les pratiques au contexte du changement climatique (fréquence des tempêtes, réchauffement des températures...)

Les principes à adopter :

  • Maîtriser le développement de l’urbanisation, des infrastructures, de l’agriculture et des énergies au détriment de la forêt
  • Préserver la forêt et garantir ses conditions de gestion en situation périurbaine (périphéries de Bordeaux, du Bassin d’Arcachon notamment) – voir orientation 3.7
  • Stopper l’urbanisation linéaire et diffuse entre l’agglomération Bordelaise et le Bassin d’Arcachon
  • Promouvoir la recherche, l’expérimentation et la mise en œuvre de pratiques sylvicoles en faveur d’une forêt moins vulnérable aux risques ; encourager la diversification des espèces dans le massif des Landes girondines (robiniers, chênes... ; ces espèces nécessitent des investissements plus lourds de protection contre le gibier)
  • Promouvoir le développement et la diversification de la filière bois
  • Préserver les ripisylves feuillues liées au réseau hydrographique, facteur de richesse biologique et paysagère
  • Enrichir les lisières agro-forestières en termes de paysage et de biodiversité
  • Préserver le cadre forestier des abords de routes (éviter l’implantation de parcs photovoltaïques collés aux axes de circulation, maintenir les implantations d’activités à distance des voies, en lien avec le paysage forestier)
Les lisières feuillus participent à la protection sanitaire des peuplements forestiers - Lège-Cap-Ferret
crédits : Agence Folléa-Gautier
Jeune pinède et diversité de la strate arbustive : ajoncs, genêts et bruyères - Lerm et musset
crédits : Centre Régional de la Propriété Forestière d'Aquitaine - Amélie Castro
Sous bois de pins à fougères - Cabanac
crédits : Centre Régional de la Propriété Forestière d'Aquitaine - Amélie Castro
Lande séche en premier plan d'un boisement de pins
crédits : Centre Régional de la Propriété Forestière d'Aquitaine - Amélie Castro

Orientation 3.5 - Encourager les pratiques agricoles biologiques ou raisonnées

Les objectifs visés :

  • Renforcer la biodiversité ordinaire et la qualité paysagère du cadre de vie
  • Réduire la pollution par les intrants, notamment en matière de produits phytosanitaires
  • Améliorer la qualité paysagère des espaces agricoles en favorisant une plus grande diversité

Les principes à adopter :

  • Soutenir les reconversions d’exploitations traditionnelles en agriculture biologique
  • Organiser et développer des filières de produits spécifiques, notamment des circuits courts de distribution
  • Promouvoir les méthodes culturales durables, les principes d’agriculture raisonnée ou biologique limitant l’utilisation d’intrants
  • Protéger des espaces agricoles en situation urbaines et périurbaines (cf Orientation 3.6)
  • Favoriser des modes de commercialisation alternatifs (productions biologiques, cultures de niches,…) permettant une amélioration de l’image de marque du territoire et une valorisation du terroir
Enherbement total de la parcelle - Tonte de l'inter-rang (deux rangs sur deux) - Fauchage sous le rang de vigne - Gestion de la concurence hydrique par un travail du sol (un rang sur deux, labour superficiel) - Loupiac
crédits : Chambre d'Agriculture de la Gironde, Service Vigne et Vin - Maxime Christen
Parcelle en enherbement total avant fauchage entre les pieds - Omet
crédits : Chambre d'Agriculture de la Gironde, Service Vigne et Vin - Maxime Christen
Les allées entre les règes ne sont pas désherbées ; une large bande enherbée sépare la vigne du fossé, faisant office de filtre ; enfin, une haie arborée accompagne le fossé en offrant habitats et continuités à la faune - Prignac-et-Marcamps
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 3.6 - Développer l’agriculture urbaine et périurbaine

Les objectifs visés :

  • Pérenniser l’activité agricole dans un cadre périurbain et urbain
  • Développer de nouveaux débouchés et filières économiquement viables
  • Favoriser les échanges entre agriculteurs, encourager l’organisation des professions et des filières
  • Améliorer la qualité des produits
  • Offrir des espaces de respiration pour les habitants, des espaces de "nature" intra urbains
  • Favoriser les échanges urbains/agriculteurs (prévention des conflits d’usages)

Les principes à adopter :

  • Protéger sur le long terme les parcelles, offrir une visibilité d’exploitation durable pour les agriculteurs (« parcs » agricoles)
  • Fonder les orientations sur des diagnostics agricoles (exploitants, repreneurs, qualité des sols, accès à l’eau, fonctionnement des exploitations,...) réalisés par des hommes de l’art (agronomes, paysagistes, urbanistes,...)
  • Mettre en place ou développer tous les types de circuits courts
  • Créer des points de vente directe
  • Constituer des lisières urbaines, interfaces ville/agriculture, aménagés spécifiquement dans un intérêt réciproque : protection des cultures contre la fréquentation sauvage, pérennisation des accès aux parcelles, protection des habitants contre les nuisances d’exploitation, mise à disposition d’espaces d’aménités au bénéfice des habitants
  • Développer l’agritourisme
  • Créer des itinéraires pédagogiques de découverte agricole (sensibilisation des urbains aux activités de production)
  • Valoriser les abords des sièges d’exploitations
  • Mettre en place des opérations exemplaires locales et communiquer sur les résultats

Outil d’intervention foncière, les périmètres de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PPEANP) répondent à ces nouveaux enjeux dans une logique de développement durable. Ils permettent de garantir une mise en valeur des espaces agricoles, forestiers et naturels « sous tension » en raison de l’urbanisation, de conflits d’usage, de prix du foncier…Ils contribuent ainsi à la maîtrise de l’étalement urbain et une consommation raisonnée de l’espace et au soutien des activités agricoles, notamment en valorisant des formes de commercialisation en circuits courts (marché, vente directe, AMAP…) de plus en plus prisés par les consommateurs urbains.

Le parc des Jalles, au sud de Blanquefort, est à la fois un espace naturel (marais de Bruges...) et un site cultivé dans l'enceinte même de la CUB : maraîchage, jardins familiaux et prairies humides composent ici un paysage précieux, véritable respiration pour l'agglomération.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Au pied des remparts de Saint-Macaire, la commune a acquis des terrains aujourd'hui occupés par des jardins familiaux.
crédits : Agence Folléa-Gautier
La présence de la vigne en milieu urbain peut être hautement valorisante pour les espaces publics.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Maraîchage sous les remparts de Monségur.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Maraîchage sous les remparts de Monségur.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Cette pâture se maintient parmi les espaces résiduels entre d'anciennes gravières, la rocade, et les extensions pavillonnaires de Villenave-d'Ornon.
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 3.7 - Adapter l’urbanisme et la sylviculture aux situations forestières urbaines et périurbaines

Les objectifs visés :

  • Pérenniser l’activité sylvicole en situation périurbaine
  • Limiter les risques liés aux incendies
  • Offrir des espaces de vie valorisés, fondés sur la qualité paysagère forestière identitaire et spécifique au département
  • Promouvoir un "urbanisme forestier"

Les principes à adopter :

  • Fonder le projet urbain sur une reconnaissance des paysages et des milieux forestiers, ainsi que des conditions de leur gestion
  • Faire appel à des hommes de l’art (paysagistes, architectes, urbanistes, environnementalistes, forestiers...) de l’amont à l’aval des opérations
  • Garantir le maintien des accès aux parcelles, les places de dépôts,...
  • Organiser la fréquentation du public dans les espaces sylvicoles
  • Créer des lisières urbaines spécifiques : espaces tampons favorisant la coexistence apaisée de la ville et de l’exploitation forestière (limitation des risques incendies, maîtrise de la fréquentation du public, éloignement des nuisances d’exploitation, …) (voir orientation 1.5)
  • Encourager les pratiques sylvicoles de diversification
  • Doter chaque boisement urbain et périurbain public d’un plan de gestion adapté (usages et pérennité des peuplements, biodiversité…)