4 - Les paysages de nature et d’eau
EVOLUTIONS ORIENTATIONS

Les dynamiques d’évolution récente

4.1 - Une extraction massive des graves dans les fleuves : érosion des berges, destruction des frayères, disparition des plages, envasement des lits et augmentation de la turbidité de l’eau,...

Durant les années 1970, de très importantes extractions de graves ont été pratiquées dans le lit de la Garonne. Ces pratiques aujourd’hui interdites ont transformé de façon très marquée les paysages et les écosystèmes de la vallée : les berges, autrefois prolongées par d’amples plages de graviers, sont aujourd’hui abruptes, et plus sensibles à l’érosion due au courant. Les usages liés aux bords de Garonne (baignade, pêche...), autrefois très répandus, semblent aujourd’hui anecdotiques, notamment du fait de ces transformations qui ont rendu ces secteurs impraticables. Les milieux naturels ont également souffert de ces transformations, ayant notamment entraîné la disparition d’un grand nombre de frayères. Aujourd’hui, de petites plages réapparaissent sur les berges, notamment dans la partie convexe des méandres, mais leur ampleur reste limitée.

Autrefois longées de plages de graves qui descendaient vers le fleuve en douceur, les berges de la Garonne sont aujourd'hui très abruptes : d'importantes extractions effectuées jusqu'aux années 1980 dans le lit même du fleuve ont profondément transformé sa morphologie. L'absence de lieux d'échanges entre la terre et l'eau limite fortement la richesse des milieux naturels.
crédits : Agence Folléa-Gautier
De petites plages de graves se reconstituent difficilement du côté convexe du méandre : les barrages en amont limitent l'apport en matériaux sédimentaires nécessaire à cette dynamique.
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Les dragues opéraient jusqu'au ras des berges
crédits : Jacques Mourgues
Les berges de la Garonne étaient autrefois longées de vastes plages de graviers
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Une île est réapparue sur le méandre en amont de La Réole.
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4.2 - Une dégradation des ripisylves, en termes de surface comme de qualité

Avec l’intensification de l’agriculture, les labours dans les vallées s’étirent presque jusqu’aux berges, laissant très peu de place à la ripisylve ripisylve formation végétale du bord des cours d’eau et aux boisements alluviaux. Cette concurrence directe réduit fortement l’emprise de ces milieux, dont l’équilibre est aussi menacé par des espèces comme l’érable negundo ou le peuplier de culture, qui colonisent et appauvrissent les berges.

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Concernant la ripisylve de la Garonne, celle-ci apparaît comme très dégradée et très vulnérable de par sa faible épaisseur et de par sa composition floristique « pauvre ». Les peuplements d'équilibre sont théoriquement ceux que l'on nomme « Chênaie-ormaie des grands fleuves ». Ils ont été remplacés par une ripisylve essentiellement constituée de stades « dégradés » de saulaie-frênaie avec une forte présence des peupliers (cultivar) et de l'érable négundo, ces deux essences étant considérées comme des espèces invasives.
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4.3 - Une diminution des zones humides, marais et prairies au bénéfice d’une agriculture plus intensive

Les vallées humides, autrefois exploitées principalement sous forme de prairies, ont été en grande partie retournées au profit de l’agriculture. Les milieux naturels humides ont vu leur surface diminuer fortement suite à ces politiques d’expansion – longtemps encouragées par des subventions - et sont aujourd’hui peu représentés.

A la naissance du ruisseau du Gestas, les labours s'étirent jusqu'aux bords du cours d'eau - Camiac-et-Saint-Denis
crédits : Agence Folléa-Gautier
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Sainte-Terre en 1950 et en 2004 - En 1950, de nombreuses prairies apparaissent, au long des cours d'eau où dans les parties basses de la vallée, plus humides (le bourrelet alluvionnaire en rive gauche de la Dordogne forme un terrain plus élevé et est donc cultivé) ; aujourd'hui, les prairies ont quasiment disparu et tous les terrains sont cultivés ou plantés de vignes ou de peupleraies, même les plus bas.
crédits : Agence Folléa-Gautier
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Saint-Ciers-sur-Gironde en 1950, 1984 et 2004 - Les marais de Braud-et-Saint-Louis, à l'origine exploités principalement en prairies pâturées, ont vu leur mode d'occupation des sols évoluer de façon significative durant la deuxième moitié du XXème siècle : de nombreuses petites parcelles pâturées (surtout les plus proches de la rive de l'estuaire) ont été regroupées en longues lanières, leurs canaux de drainage effacés, et leurs terres labourées et semées de céréales ; parallèlement, une importante activité de chasse s'est développée dans les secteurs plus proches du canal de ceinture, avec la création de nombreuses mares ; enfin, dans les dernières décennies, la déprise du pâturage a laissé la place à des friches boisées sur les zones les plus humides.
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4.4 - Une fragilisation des espaces de nature (vallons, vallées, fils d’eau) par la pression des extensions urbaines

Avec la hausse des pressions foncières, de nombreuses terres agricoles sont vendues chaque année pour la construction, et ce phénomène tend à s’accentuer ces dernières années : en 2006 et 2007, près de 1000 ha par an étaient vendus dans ce but. Entre 1999 et 2008, environ 5500 ha de terres agricoles ont connu une artificialisation.

Autour de Paillet, le ruisseau de l'Artolie et ses affluents voient leurs vallons occupés par une urbanisation qui, si elle reste peu importante en nombre, consomme la quasi-totalité de l'espace de leurs lits majeurs.
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Depuis les implantations anciennes en crêtes, l'urbanisation tend à descendre graduellement dans les vallons, sous la forme de lotissements - comme ici, à Artigues-Près-Bordeaux - ou bien d'habitations isolées se succédant en suivant la pente.
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Au fond de ce même vallon, les prairies encore maintenues aux bords du ruisseau sont menacées par la pression de l'urbanisation toute proche - Artigues-Près-Bordeaux
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De la ligne de crête jusqu'au talweg, ce lotissement pavillonnaire a investi l'ensemble du vallon à la naissance du ruisseau de Bisqueytan
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4.5 - Une fragmentation des espaces préjudiciable à la biodiversité

Les constructions de nouvelles infrastructures - souvent accompagnées, dans un second temps, de constructions bâties – dessinent des limites infranchissables pour un grand nombre d’espèces animales. La multiplication de ces structures en réseau souvent dense amène à une fragmentation importante des espaces de nature : continuités et corridors biologiques sont alors rompus, et ces contraintes spatiales diminuent la biodiversité.

Le croisement de la voie ferrée, de l'autoroute A10 et de la RD18 multiplie les obstacles et crée une discontinuité majeure entre les espaces boisés alentour - Saint-Christoly-de-Blaye
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Dans la vallée de l'Isle, l'autoroute A89 dessine une limite nette et infranchissable au sein des marais bocagers des terres - Les Billaux
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La voie ferrée et la RD9E1 se suivent en parallèle au pied du coteau de La Réole, dessinant une rupture importante entre les pentes boisées et le fond de vallée de Garonne.
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4.6 - Un développement des peupleraies dans les fonds de vallées

Les cultures de peupliers, moins contraignantes en termes d’entretien, tendent de plus en plus à remplacer les prairies humides et même les terres labourées : en Aquitaine, leur surface a augmenté de 18,5 % entre 2005 et 2007. L’opportunité financière représentée par ce mode d’exploitation (dont le développement reste étroitement lié à la situation économique, cours du bois et des céréales) a conduit à la colonisation de surfaces importantes, notamment dans les fonds de vallée. Si le développement de petits boisements ne pose pas de réels problèmes, tant en termes de paysage que d’écologie, l’apparition de vastes monocultures constitue une problématique importante : fermeture et monotonie des paysages, appauvrissement de la biodiversité...

Casseuil et Barie en 1950, puis en 2004 - Quasi-absentes de la vallée de Garonne en 1950, les peupleraies (apparaissant en hachures vertes et blanches) se sont aujourd'hui imposées, et remplacent souvent prairies et cultures céréalières. Si leur présence ponctuelle n'est pas forcément problématique, le développement de vastes monocultures (comme ici, le cas exceptionnel du méandre de Casseuil) compose des paysages monotones et pauvres en biodiversité.
crédits : Agence Folléa-Gautier
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Sur les berges, les peupliers coupent toute relation visuelle entre le fleuve et la vallée - Portets
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Large peupleraie en pied de coteau en vallée de Dordogne - Saint-Jean-de-Blaignac
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A l'est de Bazas, le vallon du Beuve est entièrement barré par les peupleraies.
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4.7 - Une gestion complexe des digues et des inondations, une fragilité liée au risque de montée des eaux

Les réseaux complexes de digues qui accompagnent les principaux cours d’eau du département ainsi que l’estuaire posent des questions importantes en termes de gestion. Leur entretien, assuré par de nombreux syndicats privés, peut poser problème localement, et la diversité de ces structures ne permet pas la mise en place d’une politique de gestion à l’échelle départementale, ce qui rend plus difficile la maîtrise des crues et inondations.

Face aux risques de montée des eaux et de multiplication des tempêtes se pose la question de la gestion et du maintien des digues de l'estuaire : les terres des palus, gagnées sur la mer, pourront-elles et doivent-elles être maintenues en cultures ? Le recul des digues, voire leur abandon pur et simple, afin de constituer une zone « tampon » est fortement envisagé dans des secteurs où les risques vis-à-vis des personnes n'est pas premier - Saint-Vivien-de-Médoc
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Moins esthétiques que les digues enherbées, les digues bétonnées sont également plus fragiles, car le terrain peut s'affaisser sous la chape de béton - Fontet
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4.8 - Une raréfaction des structures végétales arborées (appauvrissement des terres et érosion de la biodiversité)

Avec la simplification des paysages agraires, ce sont de très nombreux kilomètres linéaires de haies qui ont disparu. Outre leur rôle majeur dans la composition des paysages ruraux, ces structures assurent des fonctions écologiques primordiales, repaires de biodiversité et supports principaux des réseaux de la trame verte : la disparition d’une grande majorité de ces haies représente aujourd’hui un appauvrissement.

Casseuil et Barie en 1950, puis en 2004 - Avec la disparition des prairies et le remembrement en vallée de Garonne, les structures végétales qui longent le canal latéral à la Garonne et la Bassanne ont disparu ; cette simplification du paysage s'accompagne d'un appauvrissement des milieux naturels, car avec les haies disparaissent à la fois des structures interconnectées et des habitats.
crédits : Agence Folléa-Gautier
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Les haies de tamaris accompagnaient les fossés drainants des mattes et faisaient office de brise-vents ; aujourd'hui, un grand nombre d'entre elles a disparu, et les reliquats sont souvent dans un état dégradé - Soulac-sur-mer
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Si l'on trouve encore des reliquats de haies arborées, plus ou moins isolés, ceux-ci font rarement l'objet d'un entretien ou d'un renouvellement efficace, et ils ne constituent pas de corridors écologiques interconnectés - Laruscade
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4.9 - Une surfréquentation des sites touristiques : les dunes (érosion), le Bassin d’Arcachon (bateaux, urbanisation)

La concentration des visiteurs sur quelques sites touristiques majeurs pose des problèmes de préservation des milieux naturels : les dunes littorales, le Bassin d’Arcachon, sont ainsi soumis à des pressions conséquentes durant la haute saison. La richesse écologique qui fait en partie l’attrait de ces secteurs est alors menacée par la surfréquentation, au risque, parfois, de subir des dommages irréversibles.

L'affluence colossale en période estivale est problématique en ce qui concerne la sauvegarde des milieux fragiles des dunes littorales.
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La mise en place de cheminements balisés et de clôtures permet de préserver les secteurs les plus fragiles, tout en offrant un accès au public - Lacanau
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4.10 - Une reconnaissance, une protection et une valorisation grandissantes des espaces de nature

Le réseau Natura 2000 en Gironde + -
Inventaire du patrimoine naturel réglementé de Gironde + -
Espaces naturels sensibles de Gironde et leurs zones de préemption + -

La Gironde offre encore des espaces de nature riches en biodiversité, dont l’estuaire ou le Bassin d’Arcachon constituent des exemples marquants. Avec l’inventaire des ZNIEFF ZNIEFF Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique et la mise en place du réseau Natura 2000, ces secteurs sont aujourd’hui reconnus par des outils règlementaires, dont certains constituent des mesures de protection efficaces. 120 000 ha sont aujourd’hui classés en ZNIEFF ZNIEFF Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique de type 2 sur le département, soit 12 % du territoire ; quant aux ZNIEFF ZNIEFF Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique de type 1, elles couvrent 48 000 ha. Les Espaces Naturels Sensibles, gérés par le département, comptaient plus de 4 200 ha en 2010, et 16 000 ha supplémentaires faisaient l’objet d’une préemption à ce titre.

Engagée dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Création d’Aires Protégées (SCAP), la politique de préservation des espaces de nature issue du Grenelle de l’environnement s’est fixée comme objectif de placer 2% du territoire terrestre métropolitain en protection forte d’ici 10 ans. Par protection forte, on entend : les cœurs de parc national, les arrêtés de protection de biotopes ou de géotopes, les réserves naturelles nationales et régionales, ainsi que les réserves biologiques. Le réseau Espaces Naturels Sensibles de compétence départementale intègre la SCAP en termes de complémentarité.

4.11 - Des capacités et des modes de gestion en question pour les espaces ’naturels’

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Loubès et Izon en 1950, puis en 2004 - L'enfrichement des terres délaissées est à l'origine de la formation de nombreux boisements : sur ce secteur, les anciennes prairies bocagères forment aujourd'hui une forêt alluviale parsemée de clairières. L'ampleur de ce peuplement pose la question de la gestion de ces espaces 'naturels', dont la richesse écologique est précieuse.
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carte orientations nature eau

Orientation 4.1 – Protéger, gérer et redévelopper les zones humides

Dans les vallées, les zones humides constituent les principaux secteurs d’expansion des crues et participent à l’autoépuration de l’eau. Sur le plan écologique, elles renferment des habitats naturels à très forte valeur patrimoniale et constituent des corridors biologiques d’échanges indispensables à de nombreuses espèces menacées. Fortement réglementés par la loi sur l’eau, tous les aménagements ou travaux qui entraîneraient la destruction de zones humides nécessitent une compensation.

Les objectifs visés :

  • Prévenir les risques d’urbanisation des zones humides
  • Contribuer à la protection de la qualité des eaux
  • Améliorer la gestion des crues par le maintien des zones d’expansion
  • Mettre en réseau des espaces de nature au fil de l’eau
  • Contribuer à renforcer la biodiversité, notamment dans le cadre de la trame verte et bleue
  • Favoriser la richesse biologique, cynégétique et paysagère des milieux associés à l’eau
  • Adapter les modes d’aménagement de gestion de l’eau au changement climatique
  • Développer la présence de nouveaux espaces de nature, y compris en milieu urbain et périurbain
  • Proposer des liaisons douces associées aux cours d’eau et zones humides

Les principes à adopter :

  • Poursuivre l’inventaire et la protection des sites présentant un intérêt floristique et/ou faunistique et des milieux et paysages aquatiques ; poursuivre les stratégies d’acquisition de terrains et de gestion sur le long terme
  • Définir des plans de gestion à l’amont pour concilier capacités d’accueil du public et protection des milieux
  • Promouvoir une gestion des espaces favorable à la qualité de l’eau, à l’échelle de bassins versants et dans le cadre de « plans de paysage de l’eau » menés par des hommes de l’art (paysagistes + écologues, hydrauliciens, agronomes) : limitation de l’artificialisation et de l’imperméabilisation des sols ; adaptation des pratiques de gestion hydraulique (pas de rectification des cours d’eau, création d’ouvrages filtrants ou de zones épuratrices, …) ; adaptation des pratiques agricoles et sylvicoles (non érosives, limitant la sédimentation
  • Gérer les ripisylves et créer des bandes enherbées au bord de l’eau
  • Créer des cheminements continus au fil de l’eau et des traversées occasionnelles
  • Créer ponctuellement des aires de détentes associées à ces itinéraires
  • Proposer un service de conseil et d’aide aux particuliers riverains et aux collectivités locales pour l’entretien des berges ou des zones humides privées (notamment sur les secteurs des jalles) et publiques
  • Favoriser la re-création de pâtures, de prairies de fauche, de forêts alluviales, y compris en milieu urbain et périurbain...
  • Encourager des modes de gestion adaptés, des produits issus d’une gestion durable (labels, marques...)
  • Développer une valorisation pédagogique spécifique des paysages de zones humides
Le maintien de nombreuses prairies dans le fond de la vallée de l'Isle permet d'assurer aux eaux de la rivière un champ d'expansion important et donc de réguler ses crues - Bonzac
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Au débouché du ruisseau de Lanton dans le Bassin d'Arcachon, les prairies humides préservées offrent un paysage remarquable.
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Tous proches de Bordeaux, les marais de Bouliac offrent une respiration bienvenue aux portes de l'agglomération et constituent un espace de nature précieux.
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Dans la vallée de l'Isle, ce viaduc permet le passage de l'autoroute A89 tout en garantissant le maintien d'une continuité écologique au cœur des zones humides - Saillans
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Orientation 4.2 - Revaloriser les paysages "naturels" fluviaux et estuariens

Les objectifs visés :

  • Favoriser la reconquête de milieux naturels issus des dynamiques fluviales et estuariennes, par abandon des dispositifs de protection
  • Re-penser la gestion des milieux littoraux, estuariens et fluviaux dans le contexte de changement climatique : montée du niveau des eaux, érosion des côtes
  • Contribuer à la gestion des risques de crues
  • Offrir des espaces naturels protégés pour accueillir l’avifaune en périodes de migrations
  • Contribuer à renforcer la biodiversité, notamment dans le cadre de la trame verte et bleue
  • Développer des sites pédagogiques liés aux milieux naturels

Les principes à adopter :

  • Identifier des secteurs susceptibles de faire l’objet de renaturations (terres agricoles délaissées, secteurs exposés à de fréquentes inondations, secteurs d’expansion des crues,...)
  • Fonder les projets sur une compréhension fine des fonctionnements hydrologiques des écosystèmes
  • Poursuivre la politique d’acquisition des terrains
  • Mettre en place des plans de paysage et de gestion adaptés, en faisant appel à des hommes de l’art (paysagistes + écologues, hydrauliciens,...)
  • Mettre en place des systèmes d’observation et de suivi des processus et communiquer sur les évolutions et résultats (observatoires de la biodiversité)
  • Associer la reconnaissance du patrimoine culturel et des usages aux objectifs de renaturation
Le Conseil Général avec le Conservatoire du Littoral, s'est engagé dans un programme de renaturation par abandon des digues sur l'Ile Nouvelle. Véritable opération de « renaturation », ce programme permet une reprise des dynamiques végétales très rapide (sols très riches sur le plan agronomique) et de reconstituer des habitats naturels de grand intérêt écologique.
crédits : Conseil Général de la Gironde - Mission paysage
crédits : Agence Folléa-Gautier
Renaturation de l'île nouvelle
crédits : Conseil Général de la Gironde - Mission paysage

Orientation 4.3 - Maîtriser le développement des carrières et accompagner leur reconversion

L’encadrement réglementaire (activité soumise à la réglementation des Installation Classées pour l’Environnement) est fort et permet notamment d’imposer à l’exploitant des mesures de restauration du site en fin d’exploitation. Par contre, les communes sont beaucoup plus démunies en ce qui concernent les sites « orphelins », nécessitant pour des raisons notamment de sécurité, d’engager des travaux de réaménagement et pour certains de valorisation écologique (renaturation) , paysagères…

Les objectifs visés :

  • Réduire les risques de déstructuration des paysages alluviaux de Gironde
  • Tirer parti des sites marqués par la présence d’anciennes gravières nombreuses pour créer des pôles de nature et d’activités autour de l’eau

Les principes à adopter :

  • Réemployer prioritairement les gravats existants issus des chantiers de démolition
  • Fonder la stratégie spatiale d’exploitation des carrières sur la base d’une étude paysagère approfondie à l’échelle départementale, menée par des hommes de l’art (paysagiste, écologue...)
  • Faire appel à des hommes de l’art (paysagistes, écologues, hydrauliciens...) dès l’amont de l’opération pour définir les conditions de création, de gestion et de reconversion des carrières
  • Mettre en scène l’exploitation des carrières dans le paysage, sans nécessairement la masquer derrière des merlons et clôtures industrielles ; valoriser le paysage de l’interface entre l’exploitation et le territoire d’accueil
  • Créer des zones humides biologiquement riches à l’occasion de la remise en état/requalification des gravières engagée par l’exploitant au moment de l’arrêt de l’exploitation
  • Proposer des aménagements ou réaménagements tenant compte des éléments paysagers culturels et identitaires de la Gironde : digues enherbées, peupleraies, forêts alluviales, ouvrages hydrauliques, portuaires, patrimoine archéologique, ...
  • Ouvrir les sites reconvertis au public en tirant parti de la présence des étangs : visuellement ou physiquement
Les gravières de Courréjean, à Villenave d'Ornon, sont aujourd'hui devenues des étangs de pêche accueillant de nombreuses espèces de poissons.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les anciennes carrières de lignite d'Hostens composent aujourd'hui une base de loisirs organisée autour des vastes lacs, l'un étant dédié à la baignade, un autre à la pêche et l'ornithologie... Des circuits pédestres ou cyclistes complètent cet aménagement.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le bassin des Dagueys est issu de la reconversion d'une très longue gravière, dont une partie a été aménagée en 'plage urbaine' entourée d'un vaste parc et d'équipements sportifs ; la longueur totale du bassin, qui couvre 40ha, autorise d'ailleurs l'organisation de compétitions internationales (aviron, kayak) - Libourne
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le site naturel des Dagueys où s'inscrit le bassin constitue une vaste ZNIEFF de 55 ha au patrimoine naturel riche - Libourne
crédits : Agence Folléa-Gautier
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Le parc de l'Ermitage est lui aussi issu de la reconversion d'une ancienne carrière (liée à l'exploitation d'une cimenterie), aujourd'hui, la richesse végétale de ce site a justifié son classement en ZNIEFF et en fait un lieu de promenade et de loisirs privilégié - Lormont
crédits : Agence Folléa-Gautier

Le parc de l’Ermitage est lui aussi issu de la reconversion d’une ancienne carrière (liée à l’exploitation d’une cimenterie), aujourd’hui, la richesse végétale de ce site a justifié son classement en ZNIEFF ZNIEFF Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique et en fait un lieu de promenade et de loisirs privilégié.

Orientation 4.4 - Mettre en place une gestion spécifique - paysagère et environnementale - des berges des cours d’eau

Les objectifs visés :

  • Contribuer à la protection de la qualité des eaux douces
  • Contribuer à renforcer la biodiversité, notamment dans le cadre de la trame verte et bleue
  • Offrir aux habitants de nouveaux sites de nature dans ou à proximité des espaces urbains
  • Rendre plus accessibles les berges des cours d’eau
  • Restaurer des pratiques liées aux cours d’eau
  • Faire des bords de l’eau un support de valorisation écologique et paysagère du département
  • Valoriser paysagèrement le réseau des digues

Les principes à adopter :

  • Rétablir la continuité écologique des cours d’eau : protéger certains cours d’eau en tant que réservoirs biologiques
  • Favoriser la présence et l’épaisseur des ripisylves : mise à distance des cultures agricoles et des peupleraies (bandes enherbées, gestion et plantation des berges par les propriétaires riverains)
  • Préserver ou réhabiliter les circulations le long des berges des cours d’eau (chemins de halage, chemins agricoles...) afin de prolonger les continuités piétonnes et cyclables
  • Utiliser les digues comme supports de circulations douces privilégiés à travers les plaines fluviales (création de boucles Garonne-Canal latéral, valorisation des bords de fleuves et de l’estuaire...)
  • Expérimenter localement l’ouverture au public des digues pour les circulations douces
  • Gérer et enrichir les ripisylves dans le but de dégager ou cadrer des vues sur les cours d’eau à intégrer au plan de gestion et d’entretien
  • Valoriser les relations des villes et villages en relations physiques et visuelles avec les cours d’eau, gérer les espaces et les plantations en interface
  • Aménager des lieux de pause et de découverte au fil de l’eau et les mettre en réseau
  • Proposer un service de conseil et d’aide aux particuliers riverains pour l’entretien des berges privées
  • Concilier les objectifs environnementaux et l’accueil du public dans le cadre d’un plan de paysage et de gestion global réalisé par des hommes de l’art (paysagistes, écologues...)
Les prairies au bord du Moiron sont gérées par pâture et fauche, tandis que la berge est laissée plus libre, notamment en rive gauche : un ourlet herbacé et broussailleux accompagne le ruisseau, pour partie complété par une ripisylve - Saint-Avit-Saint-Nazaire
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La présence des carrelets suppose des usages réguliers et une gestion douce des berges - Roque-de-Thau
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La RD123 passe ici à proximité de la Dordogne, sur sa rive droite : l'alternance de berges boisées et dégagées permet de maintenir une certaine richesse en termes de milieux naturels tout en ouvrant des vues vers le fleuve - Sainte-Terre
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Quelques plages de graves se reconstituent sur les berges de la Garonne, du côté convexe de certains méandres : la végétation s'installe rapidement sur ces terrains et forme les prémices d'une ripisylve spontanée - Floudès
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La préservation d'espaces non bâtis autour du canal des Landes a permis la création d'un parc linéaire en ville qui valorise les quartiers adjacents - Gujan-Mestras
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Les bords préservés du ruisseau permettent d'accueillir une piste cyclable à proximité de l'entrée de ville de Gujan-Mestras, visible à droite.
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Orientation 4.5 - Poursuivre les efforts d’accessibilité aux espaces de nature et développer des actions culturelles dans ces sites, mêlant culture scientifique, artistique et paysagère

Les objectifs visés :

  • Poursuivre la mise en valeur paysagère et environnementale des sites naturels, y compris en milieu urbain ou périurbain
  • Réduire la pression et organiser la fréquentation sur les sites les plus sensibles
  • Sensibiliser et informer le public sur les espaces naturels
  • Promouvoir une gestion adaptée, différenciée et pérenne de ces espaces
  • Offrir des espaces « naturels » de proximité accessibles au public, participant de la qualité de vie du département
  • Améliorer la perception des espaces de nature par le maintien des covisibilités (coteaux-cours d’eau,...)

Les principes à adopter :

  • Concilier les objectifs environnementaux et l’accueil du public dans le cadre d’un plan de paysage et de gestion global réalisé par des hommes de l’art (paysagistes, écologues...)
  • Proposer des animations, rencontres et promenades autour de divers thèmes : la Garonne et ses crues, les milieux dunaires, les zones humides de la pinède...
  • Créer des cheminements accessibles au plus grand nombre lorsque c’est possible (piétons, poussettes, handicapés...) afin de révéler les espaces de nature au public, en fonction de leur fragilité (piétinement, quiétude...)
  • Maîtriser la qualité paysagère, architecturale et environnementale des équipements d’accueil écotouristiques : restaurants, hébergement, signalétique, stationnements, aires de pique-nique, points de vue, équipements techniques, à …
  • Réduire la fréquentation des sites sur-investis en répartissant la pression vers d’autres lieux à ouvrir au public
  • Canaliser les visiteurs par les aménagements afin de protéger les milieux fragiles
  • Eviter le sur-entretien des espaces et sites naturels publics (gestion differenciée)
L'aménagement de pistes cyclables permet d'ouvrir le massif forestier aux promeneurs tout en canalisant les flux sur un parcours précis - Bassin d'Arcachon
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Des palissades de ganivelles délimitent clairement les zones et passages accessibles au sein des milieux fragiles des dunes - Bassin d'Arcachon
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De petites poches de stationnement liées aux cheminements tracés dans les sous-bois minimisent les points de nuisances dus aux voitures - Lacanau
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Ces sentiers, formés de platelages de bois surélevés, permettent aux promeneurs de découvrir les milieux humides des bords de Garonne sans leur nuire - Bègles
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Orientation 4.6 - Intégrer les paysages de nature et d’eau au développement urbain et les valoriser

Les objectifs visés :

  • Pérenniser et valoriser la présence de nature dans la ville
  • Offrir des espaces de vie valorisants fondés sur une qualité paysagère et environnementale
  • Promouvoir une culture environnementale auprès des habitants

Les principes à adopter :

  • Etablir une trame paysagère d’ensemble à l’échelle intercommunale
  • Fonder le projet urbain sur une reconnaissance des paysages et des milieux
  • Faire appel à des hommes de l’art (paysagistes, écologues, urbanistes...) de l’amont à l’aval de l’opération
  • Rechercher des synergies entre les fonctionnalités des espaces urbains et des espaces de nature (gestion de l’eau, productions à circuits courts de commercialisation, espaces de promenades et de loisirs,...)
  • Mettre en place des aménagements spécifiques aux interfaces : les lisières urbaines, facilitant la gestion des fréquentations (voir aussi orientation 1.5)