2 - Les paysages des infrastructures
EVOLUTIONS ORIENTATIONS

Les dynamiques d’évolution récente

2.1 - Une suprématie de la route pour les transports et déplacements

Le développement spectaculaire, dans la deuxième moitié du XXème siècle, de l’utilisation de la voiture a vu ce mode de déplacement prendre le pas sur les transports collectifs (train, tram...) ; de même, le fret ferroviaire et les gabarres des fleuves ont laissé la place aux poids-lourds. Aujourd’hui, le réseau routier est le premier vecteur de déplacements, à tel point qu’il est souvent surchargé sur ses tronçons les plus fréquentés : le trafic sur la rocade de Bordeaux s’échelonne entre 85 000 et 130 000 véhicules par jour selon les secteurs, donnant lieu à de nombreux bouchons et ralentissements aux heures les plus fréquentées. Au total, ce sont environ 6 000 km de routes qui sont gérés par le département.

L'encombrement des axes routiers aux alentours de Bordeaux aux heures de pointe est révélateur de la prépondérance des déplacements automobiles par rapports aux modes de transports doux ou collectifs.
crédits : Agence Folléa-Gautier
La rocade de Bordeaux constitue le périphérique le plus encombré de France après celui de Paris : le trafic s'y échelonne entre 85 000 et 130 000 véhicules par jour selon les secteurs, et les bouchons et ralentissements sont très importants aux heures de pointe.
crédits : Agence Folléa-Gautier

2.2 - Une urbanisation linéaire au bord des routes

Au sortir des villes et des bourgs, le réseau des routes semble fournir une accroche évidente aux extensions urbaines : les constructions nouvelles s’égrènent, alignées au bord des voies mais souvent isolées en cœur de parcelle, dessinant des faubourgs désorganisés, sans lien direct avec le centre-bourg hormis la voie routière. En effet, aucun espace public ne se constitue au long de ces axes, et les connexions piétonnes ou cyclistes sont difficilement envisageables. De plus, cette forme lâche d’étalement à un coût de revient important en termes de réseaux collectifs (eau, électricité...) comme de services publics (ramassage des ordures...), et ne constitue pas un mode durable d’urbanisation.

En entrée de Saint-Médard-de-Guizières, la RD1089 est longée de chaque côté par la succession des logements pavillonnaires en retrait de la route, qui s'étirent jusqu'au territoire de la commune voisine, Camps-sur-l'Isle ; un long continuum bâti se constitue ainsi progressivement dans la vallée de l'Isle.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Ce tronçon de la RD1113, entre Lamothe-Landerron à l'est et Preignac à l'ouest, est révélateur de l'ampleur du problème de l'urbanisation linéaire : sur une très large majorité du parcours, la route s'accompagne de bâti plus ou moins dispersé, et les coupures d'urbanisation et respirations se font rares au fil de cet axe majeur de découverte des paysages de vallée de Garonne.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les Eglisottes-et-Chalaures en 1950, 1981 et 2004 - L'urbanisation des Eglisottes-et-Chalaures s'est d'abord constituée sur la structure des petites routes rurales (entre 1950 et 1981), mais ce développement a ensuite justifié la réalisation d'une voie plus conséquente (la RD674), longeant et franchissant la voie ferrée. Ce nouvel axe risque aujourd'hui, à son tour, de prolonger le phénomène d'urbanisation linéaire.
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Agence Folléa-Gautier
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les Eglisottes-et-Chalaures en 1950 et 2004 - Entre 1950 et 2004, les extensions lâches se multiplient au fil des routes autour de la commune, à partir des nombreux hameaux dispersés déjà existant.
crédits : Agence Folléa-Gautier
La création récente d'un contournement autour de Sainte-Foy-la-Grande a été suivie rapidement de la constitution de zones d'activités greffées au long de cet axe - Pineuilh
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2.3 - Un aménagement souvent routier des entrées et des traversées de villes

La conjugaison des deux phénomènes précédents (prédominance de la route et urbanisation linéaire) explique la constitution de paysages d’entrée de villes particulièrement appauvris : la priorité donnée à la voiture a mené à la création d’aménagements particulièrement "routiers" (larges voies bitumées, bordures de béton, ronds-points imposants, trottoirs insignifiants...). Particulièrement fréquent en entrée de ville, ce type de configuration se prolonge parfois durant la traversée du bourg, si celui-ci est implanté sur un axe important. Difficile, alors, de proposer un aménagement de l’espace public de qualité, propice aux circulations douces ou aux activités.

L'entrée dans Libourne par la RD670 offre un visage très routier ; les quelques potelets visibles à droite ne suffisent pas à assurer une vraie place aux piétons et la piste cyclable se résume à une étroite et dangereuse voie latérale sur la route elle-même.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les petits villages sont particulièrement touchés par le passage de routes importantes : ici, la traversée du Pian-sur-Garonne par la RD672 ne laisse aucune place à l'espace public.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Implantée de part et d'autre de la RD1250, Marcheprime est littéralement divisée par cette route à la circulation importante.
crédits : Agence Folléa-Gautier

2.4 - Une faiblesse du transport fluvial, un patrimoine remarquable encore majoritairement « endormi »

Autrefois axes de circulation majeurs du territoire girondin, les deux fleuves et l’estuaire ont vu leur rôle diminuer fortement. Si quelques terminaux spécialisés sont encore en activité pour le transport de certains produits (Le Verdon, Pauillac, Blaye, Ambès, Bassens, Bordeaux), les nombreux ports jalonnant Garonne et Dordogne, pour la plupart, tombent aujourd’hui dans l’oubli. La navigation est pourtant possible sur ces cours d’eau : les pièces de l’A380, par exemple, transitent aujourd’hui par bateau jusqu’au port de Langon. Mais cette activité si loin en aval reste anecdotique, tout comme les quelques possibilités de déplacement fluvial (traversée Blaye-Lamarque). L’apparition d’un tourisme fluvial en développement pourrait néanmoins offrir l’opportunité de "réactiver" ces cours d’eau et de valoriser le patrimoine lié à leur histoire, encore bien présent (22 paquebots en escale en 2011).

Au début du siècle, les quais de Bordeaux fourmillaient de l'intense activité commerciale du port : la Garonne était alors encore un axe majeur de circulation.
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Navigation en aval de l'écluse de Castets-en-Dorthe, à la jonction entre la Garonne et son canal latéral.
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Langoiran vers 1910 et aujourd'hui - L'abandon progressif de la navigation fluviale a conduit a une transformation radicale du paysage des berges et des chenaux, due à l'absence de gestion (ici sur le Grand Estey).
crédits : Agence Folléa-Gautier
L'ancien chemin de halage offre un site idéal de promenade et de découverte des paysages de la vallée, au caractère patrimonial marqué, mais reste peu valorisé et peu accessible - Saint-Macaire
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les étroits chenaux des ports de l'estuaire composent des paysages de vasières évoluant au rythme des marées - chenal du port de la Chapelle, Saint-Estèphe
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les points de contact précieux entre la terre et les eaux méritent des aménagements de qualité : la cale de Génissac ne présente pas l'image d'un lieu accueillant.
crédits : Agence Folléa-Gautier
A la confluence entre Isle et Dordogne, les quais de Libourne mériteraient une valorisation et un aménagement plus amène pour les divers usagers.
crédits : Agence Folléa-Gautier

2.5 - Un réseau ferré simplifié

La démocratisation de l’automobile a entraîné, en quelques dizaines d’année, une simplification radicale du réseau ferré. De très nombreux tronçons desservant les gares de petits bourgs ont été progressivement désaffectés, jusqu’à ce que ne soient finalement préservées que quelques voies majeures.

crédits : Conseil Général de la Gironde - Archives départementales
Cambes vers 1910 et aujourd'hui - Plus rien ne laisse aujourd'hui supposer que le train a pu à une époque circuler ici, juste au pied de l'église.* carte réseau ferré 1930 /
crédits : Agence Folléa-Gautier
Carte du réseau ferré en 1930
crédits : Agence Folléa-Gautier
Carte du réseau ferré en 2004
crédits : Agence Folléa-Gautier

2.6 - Un développement des réseaux de transports urbains dans l’agglomération bordelaise

La mise en place du réseau de tramway au sein de l’agglomération bordelaise modifie fortement la donne en termes de transports : une alternative efficace à la voiture est ainsi offerte sur le territoire de la Communauté Urbaine de Bordeaux, garantissant des temps de parcours raisonnables et une desserte régulière. Les trois lignes ont été mises en service en 2003 et 2004, avant d’être prolongées entre 2006 et 2008. Aujourd’hui, le réseau totalise 44 km, et est emprunté par environ 350 000 voyageurs par jour.

La mise en place de nouveaux transports urbains, et notamment du tramway, permet d'améliorer la desserte des villes de l'agglomération et de proposer une alternative efficace au tout-automobile - Artigues-Près-Bordeaux
crédits : Agence Folléa-Gautier

2.7 - Un accroissement important des réseaux de circulations douces

A l’échelle du département existe une offre importante, encore en développement, en termes de pistes cyclables : un réseau complet permet de sillonner les paysages girondins. Sur les 600 km existant aujourd’hui, 300 ont été créés directement par le Conseil Général, souvent en tirant parti de la présence d’anciennes voies ferrées, dont les emprises sont ainsi préservées. Si ces circuits forment une activité touristique très attractive, encore en développement, ils peuvent aussi constituer, à plus petite échelle, des réseaux de transports locaux alternatifs à la voiture, encourageant ainsi les déplacements doux au quotidien.

Piste Mios-Bazas à Villandraut
crédits : Agence Folléa-Gautier
Piste Bordeaux-Arcachon à Marcheprime
crédits : Agence Folléa-Gautier
Piste Blaye-Etauliers à Cartelègue
crédits : Agence Folléa-Gautier
La station-vélo de Créon, implantée sur le site de l'ancienne gare et sur le tracé de la piste cyclable Roger Lapébie (reliant Bordeaux à Sauveterre-de-Guyenne par 54 km d'ancienne voie ferrée) est devenue un haut lieu du cyclotourisme en Gironde.
crédits : Agence Folléa-Gautier
La politique départementale de création d'un réseau complet de pistes cyclables offre à la fois une infrastructure de loisirs et de tourisme à grande échelle, et des liaisons douces utilisables localement pour les déplacements quotidiens. La reconversion d'anciennes voies ferrées permet de minimiser les impacts sur l'environnement tout en optimisant le confort des usagers (circuits nivelés).
crédits : Conseil Général de la Gironde
crédits : Conseil Général de la Gironde

Le conseil général est également à l’origine de la création d’un important réseau de circuits pédestres, entretenus et balisés. Empruntant en grande partie des chemins ruraux existants, ces itinéraires permettent de valoriser et d’ouvrir au tourisme le patrimoine paysager et bâti du département. Environ 4200 km de pistes existent aujourd’hui, sillonnant l’ensemble du territoire girondin.

Circuits pédestres autour de la vallée de la Dronne
crédits : Agence Folléa-Gautier
Circuits vers les bords de Garonne - Saint-Macaire
crédits : Agence Folléa-Gautier

2.8 - Des créations récentes ou à venir de grandes infrastructures : A65, LGV...

Au-delà des transformations directes du territoire induites par la création de tel réseaux (terrassements, ruptures de continuités écologiques,...), leur influence se traduit également rapidement à travers les pressions foncières et les constructions, les nouvelles modalités de déplacements ainsi offertes entraînant une reconfiguration des aires d’influence. Ainsi, la mise en place prochaine des Lignes à Grande Vitesse du sud-ouest réduira à moins d’une heure les trajets entre les principales villes d’Aquitaine.

La création de l'autoroute A65 a eu des conséquences diverses : outre l'impact direct sur les milieux naturels et les paysages (dégradation d'habitats, rupture des continuités écologiques...), la facilité d'accès des sites proches des échangeurs entraine aujourd'hui une forte hausse des pressions foncières, avec la constitution de zones d'activités aux sorties.
crédits : Agence Folléa-Gautier
La création prochaine de nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse Bordeaux-Hendaye et Bordeaux-Toulouse aura un impact important sur les territoires traversés
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carte orientations des infrastructures

Les objectifs de qualité paysagère et les exemples

Orientation 2.1 - Développer les offres de transport alternatives à la voiture (train, tram, transport fluvial, pistes cyclables, itinéraires de randonnée,...) ; réinvestir les infrastructures existantes (réseau ferré, ports)

Les objectifs visés :

  • Améliorer la qualité de vie en supprimant des déplacements motorisés contraints, coûteux et chronophages et en offrant un environnement plus calme et paisible
  • Réduire la dépendance à la voiture et les émissions de GES (gaz à effet de serre)
  • Lutter contre les inégalités sociales en réduisant les inégalités d’accessibilité, qu’elles soient liées aux ressources ou aux capacités physiques de mobilité (personnes âgées, enfants, …)
  • Encourager les déplacements à pied ou à vélo, améliorer la qualité des déplacements quotidiens des habitants
  • Améliorer l’attractivité touristique et de loisirs et valoriser des paysages, sites et éléments à caractère patrimonial
  • Mettre en relation les espaces habités et de nature ; mailler les quartiers
  • Conforter les microcentralités
  • Développer le réseau des circulations douces pour les déplacements quotidiens, pour les loisirs et pour le tourisme, avec une forte ambition qualitative
  • Renforcer le rôle et la centralité des gares, favoriser l’intermodalité vélo/gare
  • Stopper l’allongement de l’urbanisation linéaire au fil des routes

Les principes à adopter :

  • Organiser concomitamment le développement urbain et l’offre en transports en commun et en circulations douces
  • Développer des quartiers accueillants et propices aux circulations douces (piétons et vélos), aux rencontres et aux échanges, grâce à des espaces publics de qualité et une porosité des quartiers
  • Développer des quartiers bien desservis en transports en commun, offrant à leurs habitants une mobilité vers la ville et les espaces de nature, vers leur lieu de travail ou de loisirs
  • Réserver des emprises dans les documents d’urbanisme pour la mise en place des liaisons douces et des réseaux de transport
  • Développer les sites propres interurbains pour les transports en commun
  • Interconnecter les gares avec les circulations douces
  • Valoriser l’espace public urbain autour des gares et y développer l’offre de services
  • Développer la densité urbaine autour des gares en modulant le principe selon les contextes
  • Favoriser le franchissement piéton des voies au droit ou à proximité des gares
  • Favoriser des circulations douces confortables, efficaces, sûres, et visuellement attractives, notamment pour les liaisons interquartiers
  • Organiser un urbanisme des courtes distances, ne nécessitant pas un recours obligatoire à la voiture
  • Systématiser la création de circulations douces à l’occasion des nouveaux projets routiers
  • Garantir la cohérence et à la continuité des itinéraires cyclables, en secteur urbain comme en zone rurale
  • Compléter le réseau des circulations par des cheminements piétons et cyclistes dissociés des circulations routières
  • Assurer l’entretien et la pérennité des aménagements dans le temps
Le développement du réseau de tramway sur le territoire de la CUB apporte une grande flexibilité dans l'offre de transports en commun sur l'agglomération, favorisant ainsi les déplacements doux - Cenon
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Le pôle multimodal de Cenon permet des liaisons directes entre les réseaux de tramway, de bus, et le TER ; de plus, la présence d'un parc de stationnement conséquent autorise les connexions entre l'utilisation des transports collectifs et des véhicules personnels.
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Le développement de poches de stationnements à proximité des gares facilite l'utilisation quotidienne des lignes ferroviaires pour les usagers réguliers - Beautiran
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Quelques lignes fluviales sont en activité sur l'estuaire et permettent la traversée de celui-ci sans détour par l'agglomération. Ici le port de Blaye, qui offre une liaison vers Lamarque.
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La mise en place par la CUB d'un parc de vélos à louer et de bornes d'emprunt et de restitution sur l'agglomération apporte une offre simple et peu contraignante pour les déplacements doux - Bordeaux
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Le confort d'usage permet de rendre attractifs les modes de déplacement plus doux par rapport à la voiture : ici, la piste cyclable est clairement séparée de la route par une haie, ce qui améliore la sécurité - Bassin d'Arcachon
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En cœur de village, l'aménagement d'itinéraires réservés exclusivement aux piétons et cyclistes offre un plus grand confort pour les circulations douces - Cadillac
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Orientation 2.2 - Adapter les routes aux situations urbaines en entrées et traversées de villes et villages et réduire la place de la voiture au bénéfice des piétons

Les objectifs visés :

  • Améliorer l’image des grandes voies de circulation en milieu urbain
  • Contribuer à apaiser la conduite
  • Améliorer le confort d’utilisation des routes en milieu urbain, comme espaces publics pour les habitants
  • Requalifier les entrées de villes et de villages
  • Requalifier le cadre de vie des communes traversées
  • Eviter la banalisation du territoire

Les principes à adopter :

  • Requalifier les espaces publics dans des dispositions plus urbaines ou jardinées et moins routières, au bénéfice des modes doux de déplacements
  • Mettre en scène et qualifier les entrées de ville, transitions entre espaces de nature et espaces urbains, organiser des portes de villes plantées
  • Réduire les emprises routières et les surfaces minéralisées
  • Créer ou aménager des cheminements piétonniers larges, des traversées piétonnes confortables et faciles
  • Organiser le passage de circulations douces et le cas échéant de Transports en Commun en Site Propre (TCSP)
  • Planter les emprises par des arbres d’ombrage
  • Réserver une partie du stationnement urbain en linéaire (incitation au ralentissement, …)
  • Enterrer les réseaux aériens, réduire la place des publicités et enseignes, revaloriser les façades bâties et le linéaire des clôtures
  • Séquencer les linéaires par des aménagements variés, contraster entre séquences en diffus et traversées de centralités
  • Réduire les largeurs de chaussée et les vitesses
  • Améliorer le fonctionnement et la lisibilité des micro-centralités, donner priorité aux piétons
  • Valoriser le paysage bâti : résorption des points noirs bâtis, relocalisation d’activités « points noirs » dans les ZA projetées, requalification des clôtures dans des dispositions plus douces (végétales), plantations, éclairage,…
  • Offrir les équipements et services greffés sur la route de façon confortable (boutique, pharmacie, école, …)
  • Limiter le mobilier urbain et routier banalisant
  • Requalifier soigneusement les secteurs où se concentrent les commerces, les abords des édifices publics ou religieux, les intersections principales, les places et placettes, etc. : traitement de sols spécifiques, pouvant utiliser des matériaux nobles (pavés, etc.)
Les piétons et les cyclistes se voient accorder des trottoirs spacieux, et la vitesse des voitures est contrôlée par un ralentisseur au niveau des traversées - Cadillac
crédits : Agence Folléa-Gautier
L'espace dévolu à la chaussée n'est pas excessif et les piétons disposent d'un chemin stabilisé accompagné d'arbres et séparé de la route par une bande enherbée - Castets-en-Dorthe
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 2.3 - Stopper l’urbanisation linéaire autour des grandes infrastructures et préserver les espaces de respiration (coupures d’urbanisation)

Les objectifs visés :

  • Limiter la surconsommation d’espace agricole et naturel par l’urbanisation
  • Améliorer la qualité paysagère depuis les infrastructures de déplacements, notamment au niveau des entrées de villes
  • Réduire la dépendance à la voiture et les émissions de GES (gaz à effet de serre)
  • Maîtriser les effets de vitrines sur les grandes routes (surenchère commerciale, développement des panneaux et enseignes publicitaires)
  • Eviter les continuums urbains
  • Préserver les coupures d’urbanisation

Les principes à adopter :

  • Stopper l’urbanisation linéaire au fil des routes : inconstructibilité des bords de routes portée aux documents d’urbanisme
  • Identifier et préserver aux documents d’urbanisme les coupures d’urbanisation et les ouvertures visuelles depuis les routes
  • Développer une politique d’acquisition foncière en bords de routes (passage de circulations douces, plantations d’alignements)
  • Réduire au maximum les surfaces minéralisées
  • Réduire le mobilier à caractère routier
  • Réduire la place des panneaux publicitaires et enseignes
  • Mettre en scène les fenêtres préservées sur le grand paysage
  • Mettre à distance les implantations urbaines et d’activités par rapport aux routes
  • Mettre en scène les transitions entre séquences construites et séquences ouvertes, les entrées de villes et de villages
  • Développer la gestion paysagère et environnementale des emprises de la route, avec la mise en place d’une gestion différenciée
Les traversées routières des Landes dessinent de longs corridors rectilignes bordés de boisements continus, que l'on retrouve bien sur ce tronçon de la RD1250, encore préservé de l'extension linéaire, entre Cestas et Marcheprime.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le maintien d'un secteur boisé préservé entre Andernos-les-Bains et Arès assure une respiration en soulignant la coupure d'urbanisation : le passage de la route RD3 offre un retour au paysage de la pinède entre les deux villes.
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 2.4 - Valoriser les routes-paysages, axes de découverte du patrimoine girondin

Les objectifs visés :

  • Offrir à la vue les grands paysages de la Gironde depuis les grandes infrastructures et les itinéraires touristiques pour contribuer à l’attractivité du département
  • Contribuer à la lutte contre le mitage et l’urbanisation linéaire
  • Contribuer à la protection des espaces agricoles et de nature
  • Améliorer la lisibilité et la qualité des entrées de villes et villages
  • Mettre en valeur le territoire par des itinéraires de qualité
  • Révéler le patrimoine plus "discret" des paysages
  • Revaloriser l’image de la Gironde perçue depuis les principales infrastructures

Les principes à adopter :

  • Identifier les bords des routes concernés et les rendre inconstructibles sur une largeur à déterminer au cas par cas dans les documents d’urbanisme
  • Acquérir le cas échéant des bandes de terrain d’accompagnement : pour les circulations douces et les dessertes agricoles, pour les plantations, pour les fossés, pour les murets de protections, pour les arrêts touristiques, …
  • Améliorer les terrassements (talus de déblais, de remblais, murs, …)
  • Planter certaines sections, favoriser les plantations d’alignement
  • Mettre en scène des points de vue et aires d’arrêt
  • Prévoir des aménagements sobres, sans surenchère
  • Développer une signalétique adaptée spécifique aux routes-paysages, intégrer la signalisation touristique
  • Mettre en place des points d’interface avec les circulations douces (stationnements, points de vue...)
  • Marquer les entrées de villes et villages (portes d’entrée, seuils, lisières urbaines)
  • Pérenniser les plantations d’alignement en lien avec les dispositifs de sécurité, de gestion et de valorisation paysagère
  • Adapter les équipements routiers au caractère patrimonial de ces itinéraires
  • Mettre en valeur les villages qui ponctuent ces routes : entrées de villages, espaces publics, services, patrimoine architectural...
La gestion de la végétation du coteau permet de maintenir les vues dégagées depuis la corniche de Gironde - Saint-Seurin-de-Bourg
crédits : Agence Folléa-Gautier
Cette haie arborée dense et basse compose une lisière entre une zone industrielle du Bec d'Ambès et les berges de la Garonne - Ambès
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 2.5 - Poursuivre la valorisation du patrimoine fluvial

Les objectifs visés :

  • Offrir des espaces publics de qualité en contact avec les cours d’eau, qu’il s’agisse de sites urbains ou d’espaces plus naturels
  • Revaloriser le patrimoine lié à la navigation, facteur historique de développement de la Gironde
  • Aménager des sites susceptibles d’accueillir des bateaux dans l’optique d’une réactivation de la navigation fluviale
  • Intensifier les activités de loisirs liées aux fleuves en offrant des sites accessibles et praticables
  • Proposer des aménagements tournés vers les cours d’eau, plus amènes, et non plus vers les routes

Les principes à adopter :

  • Mettre en scène les sites de contact entre la ville ou le village et l’eau
  • Revaloriser les petits ports de l’estuaire et des fleuves
  • Revaloriser le patrimoine bâti lié à l’eau : moulins, entrepôts...
  • Requalifier les espaces publics en contact avec les cours d’eau (traitements des sols, place de la voiture, accessibilité à l’eau, plantations...)
  • Revaloriser les façades bâties fluviales
  • Mettre en place une gestion des berges et des ripisylves permettant de préserver les qualités écologiques des cours d’eau et d’assurer l’accessibilité du public
  • Développer des circulations douces au long des berges des cours d’eau
  • Proposer des lieux de traversées par bacs reliant les sites stratégiques ?
L'aménagement du port de Branne en fait un vrai espace public de la ville, utilisable par les habitants et les promeneurs.
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La piste verte aménagée au bord du canal latéral à la Garonne permet de découvrir ce patrimoine majeur en cheminant au pied des alignements de platanes majestueux - Castets-en-Dorthe
crédits : Agence Folléa-Gautier

Orientation 2.6 - Inscrire les futures infrastructures dans les paysages

Les objectifs visés :

  • Valoriser les notions de cadre de vie et de paysage dans les projets de développement d’infrastructures
  • Minimiser les nuisances pour les riverains dues à l’implantation d’infrastructures lourdes sur le territoire
  • Préserver des continuités écologiques et paysagères sur le territoire
  • Valoriser le territoire aux yeux des usagers

Les principes à adopter :

  • Faire appel à des hommes de l’art (paysagistes, architectes d’ouvrage d’art, écologues...) en complément de l’ingénierie tout au long du programme, de la conception à la réalisation
  • Garantir les budgets d’aménagements paysagers, urbains et écologiques dès l’amont et jusqu’au bout
  • Acquérir des emprises permettant de traiter les transitions
  • Accompagner les infrastructures par des emprises paysagères plantées dans le cadre d’un plan de valorisation et de gestion paysagère d’ensemble
  • Gérer le paysage des abords des infrastructures par la mise en place d’ourlets plantés et gérés en fonction des territoires traversés
  • Multiplier les fonctionnalités sur les emprises latérales (circulations douces...)
  • Maintenir un recul de constructibilité afin d’éviter les effets de vitrine commerciale (routes)
  • Aménager des franchissements pour la faune afin de compenser le morcellement des habitats
  • Préserver les corridors écologiques majeurs
  • Maintenir la continuité des cours d’eau pour préserver la trame bleue
crédits : Agence Folléa-Gautier
Dans le cadre de l'élaboration du SCoT du Bassin d'Arcachon Val de l'Eyre, ces propositions suggèrent d'inscrire une nouvelle infrastructure dans le paysage de la forêt par le maintien d'un recul de constructibilité important, qui permet de conserver une large emprise boisée entre route et urbanisation, dont une partie sera gérée en parc forestier de chaque côté de la voie.
crédits : Agence Folléa-Gautier
Principe de l'emprise boisée 1 - Un recul est maintenu entre route et urbanisation - dessin : Agence Folléa-Gautier pour SYBARVAL / A'URBA
crédits : Agence Folléa-Gautier

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Principe de l'emprise boisée 2 - La lisière urbaine est plantée d'essences variées - dessin : Agence Folléa-Gautier pour SYBARVAL / A'URBA
crédits : Agence Folléa-Gautier
Principe de l'emprise boisée 3 - De larges parcelles sont exploitées en sylviculture traditionnelle - dessin : Agence Folléa-Gautier pour SYBARVAL / A'URBA
crédits : Agence Folléa-Gautier
Principe de l'emprise boisée 4 - Les abords de la voie sont gérés en parc forestier - dessin : Agence Folléa-Gautier pour SYBARVAL / A'URBA
crédits : Agence Folléa-Gautier