Les sous-unités de paysage des Landes girondines

I-a - Les vallées habitées

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Cette prairie surplombe la vallée boisée et habitée du Ciron - Bernos-Beaulac
crédits : Agence Folléa-Gautier
Le cours de la Leyre s'écoule au milieu des feuillus - Belin-Beliet
crédits : Agence Folléa-Gautier

A proximité de la Leyre, du Ciron, du Gât Mort et du Saucats, le paysage se distingue du reste des Landes girondines, car la proximité de ces cours d’eau assure un drainage plus efficace des terres. Les sols plus secs accueillent des feuillus, qui forment autour des rivières de majestueuses forêts-galeries : chênes et aulnes dominent ces boisements qui peuvent atteindre plusieurs kilomètres de large. Au sein de la monoculture de pins maritimes, des milieux plus riches sont ainsi préservés, favorisant la biodiversité et le maintien d’espèces précieuses.

Extension urbaine récente de Captieux bordant une lisière de feuillus
crédits : Agence Folléa-Gautier

Ces conditions favorables expliquent également la présence de villages en plus grand nombre dans ces vallées, implantés sur les terres saines à proximité des berges. Cette relative concentration urbaine s’est renforcée par une augmentation parfois très importante de la surface bâtie au cours des dernières années. Ainsi, la vallée de la Leyre voit aujourd’hui les villes de Belin-Béliet, Salles, Mios et Biganos s’étendre de façon marquée. Ces évolutions, encore largement consommatrices d’espace, font pression sur les paysages et milieux précieux offerts par ces vallées.

I-b - Les landes rases

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Deux clairières permettent encore d’observer les paysages originels des Landes de Gascogne, avant leur drainage et leur mise en culture au XIXème siècle : le Camp de Souge, situé à l’ouest de l’agglomération bordelaise, et le Camp du Poteau, sur le territoire de Captieux, à l’extrémité sud du département. Ces deux sites militaires n’ont pas été sujets aux mêmes transformations que le reste du plateau landais, on y trouve donc encore des landes humides marécageuses, proches des milieux naturels originels du pays. Des habitats devenus rares s’offrent ainsi aux animaux comme aux végétaux.

I-c - Les clairières de cultures

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Petite clairière céréalière entre Landes girondines et Bazadais - Lavazan
crédits : Agence Folléa-Gautier
Vaste clairière maïsicole à l'est de Villandraut
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immensité des champs de maïs succède à l'immensité de la pinède - Audenge
crédits : Agence Folléa-Gautier
Les fossés drainent les terres trop humides , tandis que les rampes irriguent les cultures - Hourtin
crédits : Agence Folléa-Gautier

Suite aux grands incendies des années 1940, un nouveau modèle de culture s’est imposé : sur les vastes zones détruites par le feu, la forêt a laissé la place à de gigantesques parcelles de maïsiculture. Implantées sur les landes humides, celles-ci nécessitent des systèmes de drainage importants, qui tendent à menacer les biotopes propres à ces milieux. Mais parallèlement, les besoins en eau du maïs sont compensés par une irrigation conséquente, qui peut porter préjudice à la nappe phréatique. En termes de paysage, si ces clairières aux horizons très dégagés apportent une ouverture bienvenue et des espaces de respiration au cœur de la pinède, elles ne présentent pas de réelle richesse paysagère. L’absence de reliefs et de toute structure végétale, la transition nette des cultures aux boisements, n’offrent au regard qu’une opposition brutale entre plein et vide. Dans certains secteurs, le maïs laisse la place à des cultures maraîchères (carottes, haricots...) ou horticoles (tulipes) sur de grandes surfaces.

I-d - Les lisières du massif

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Conifères et feuillus se mêlent à l'approche des terrasses du Médoc - Listrac
crédits : Agence Folléa-Gautier
Productions viticole et sylvicole se côtoient autour des lisières - Avensan
crédits : Agence Folléa-Gautier
La forêt dense laisse la place aux clairières - Sauternes
crédits : Agence Folléa-Gautier

Si la pinède définit clairement l’emprise de l’unité de paysage des Landes girondines, ses limites ne sont pas aussi nettes. Contrairement aux clairières agricoles évoquées plus haut, délimitées par une opposition nette entre boisements et cultures, les lisières extérieures du massif ne dessinent pas de rupture précise. A l’ouest, la couverture boisée se prolonge presque jusqu’à l’océan Atlantique, mais le relief, l’hydrographie et l’urbanisme particuliers du littoral définissent les contours imprécis d’un paysage autre (cf unité J1 : la bande littorale). A l’est, à l’aval de Bordeaux, la forêt se délite au fur et à mesure pour laisser la place aux vignes médocaines, et un paysage de transition se dessine entre ces deux ensembles, constitué de lisières tortueuses et de clairières urbaines et viticoles. A l’amont de Bordeaux, le vignoble des Graves s’organise en grandes clairières et domine nettement la vallée de la Garonne qui s’annonce.