1 - Les origines de l’occupation du territoire girondin

Avant les invasions romaines, quelques tribus gauloises sont déjà installées dans la région, elles ont notamment fondé le port de Burdigala durant le IIIème siècle avant JC. L’année -56 marque le début de la colonisation, et donc de l’organisation du territoire par les romains. Non seulement ils développent les villes et les voies, créant un réseau important, mais ils investissent aussi la campagne. L’implantation de nombreuses villas, accompagnées de leurs exploitations, est à la base de l’occupation du territoire girondin : la structure de l’habitat rural ainsi mise en place guidera l’histoire urbaine du département. Six voies romaines se croisent à Bordeaux, qui devient vite une ville majeure. Après une invasion en 276, elle est fortifiée par une muraille quadrangulaire de 700 par 450 m. Les attaques se poursuivent après cette époque : les populations se regroupent, les places fortifiées se multiplient.

A partir du Xème siècle, l’Eglise joue à son tour un rôle moteur, tandis que la Gironde connaît une nette poussée démographique. Les religieux guident ou aident les paysans lors de défrichements et fondations de villages, ils bâtissent de nombreuses églises, et l’habitat rural se concentre autour de ces repères. Des zones auparavant isolées sont ainsi exploitées, mais, souvent, des terres anciennement cultivées par les romains sont réinvesties. Les abbayes deviennent des pôles de peuplement, tandis que les hôpitaux et prieurés, lieux d’accueil des pèlerins, soulignent le passage des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Eglise située en dehors du village, à l'est - Blasimon
crédits : Agence Folléa-Gautier
Eglise du XIIème siècle au cœur du village - Nérigean
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L'abbaye de la Sauve Majeure, fondée en 1080, était un centre important de l'Entre-Deux-Mers - La Sauve
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Pendant l’occupation anglaise (à partir de 1154) et la Guerre de Cent Ans (de 1337 à 1453), de nombreuses défenses sont bâties, soit par l’occupant, soit par le pouvoir royal : forteresses de pierre (et non plus de bois), remparts, églises fortifiées. Des bastides, anglaises ou françaises, sont fondées pour des raisons démographiques, économiques (Libourne) ou défensives (Sainte-Foy-la-Grande), notamment dans l’Entre-Deux-Mers, zone de frictions importantes. Bordeaux se développe également : une troisième enceinte est construite vers 1324, pour protéger les faubourgs. Après la guerre, des zones désertiques sont dévolues à l’immigration : les nombreux étrangers (gavaches en gascon) qui viennent peupler ces "gavacheries" permettent une reconstruction assez rapide.

Le château de Rauzan a été bâti au XIIIème siècle par le roi d'Angleterre et duc de Guyenne, Jean Sans Terre
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Château du XIIIème siècle sur les hauteurs de Langoiran
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La place centrale de la bastide et ses arcades - Créon
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La porte fortifiée marque l'ancienne enceinte du bourg médiéval - Saint-Macaire
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La fin du XVIIème siècle marque le début d’une période de grands projets : reconstruction du château Trompette à Bordeaux, mise en place du verrou constitué par la citadelle de Blaye, fort Paté et fort Médoc... Au XVIIIème siècle, la création du corps des ingénieurs des ponts et chaussées est le symbole de cette politique volontariste d’aménagement du territoire (le projet de fixation des dunes littorales illustre bien cet état d’esprit). Les grands intendants de Bordeaux et Libourne, eux aussi, lancent d’importants travaux : ordonnancements monumentaux, reconstruction en pierre. Sur le département, la population connaît de nouveau une croissance importante : les peuplements se développent, autour de Bordeaux comme dans les campagnes. Les berges de rivières, interfaces entre la production et la commercialisation du vin, concentrent activités et population : moulins, pêcheries, cales... Le nombre très réduit de ponts augmente encore l’importance de ces ports, lieux de franchissement privilégiés des cours d’eau.

La qualité et les dimensions de la cale et des quais marquent l'importance passée de ce port sur la Dordogne - Branne
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Les moulins étaient des lieux de production et de vie au bord des rivières, ici l'Isle - Porchères
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La citadelle de Blaye, à la naissance de l'estuaire, permettait de contrôler l'accès au port de Bordeaux
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Une chute de population majeure frappe la Gironde au début du XIXème siècle : 570 000 habitants en 1790, 503 000 en 1801 et 320 000 en 1806. Ce recul, et la baisse d’activité liée, entraînent un déclin des aménagements : ports, routes et ponts, non entretenus, voient leur état se dégrader. Mais bientôt, de nouveaux projets d’infrastructures sont menés, avec plus ou moins de succès : les canaux de navigation et les voies ferrées sont les nouveaux vecteurs de transport. Parmi les plus fructueux, on peut citer la ligne Bordeaux Arcachon (en 1841, quatrième ligne construite en France), le canal latéral à la Garonne (mis en eau en 1856), la ligne Bordeaux Toulouse (1856 également)... Parallèlement à ce développement, certaines communes des Landes girondines ne sont toujours pas accessibles par la route, tandis qu’un réseau ferré secondaire est mis en place pour faciliter l’exploitation forestière. En l’absence de houille, le traitement de la résine des pins est d’ailleurs la seule activité secondaire d’importance : le département ne prend pas part à la révolution industrielle.

Datant du XIXème siècle, le canal latéral à la Garonne, en reliant celle-ci à Toulouse, prolonge le canal du Midi : ensemble ils connectent Atlantique et Méditerranée - Castets-en-Dorthe
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Ce viaduc datant de 1855 permet le franchissement des zones inondables de la vallée - Saint-Macaire
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La ligne Bordeaux-Toulouse se glisse dans la vallée de Garonne - La Réole
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La création d’Arcachon est un phénomène majeur du développement urbain sur le département. Au début du XIXème siècle, les rives du bassin sont encore désertes. Après un premier hôtel implanté en 1823, la ville s’étend de plus en plus, notamment avec l’arrivée du chemin de fer (1841). L’attirance récente pour les bains de mer et la publicité faite par les médecins - vantant les qualités du climat et des eaux d’Arcachon - contribuent à assurer le succès de la cité balnéaire. La Ville d’Hiver, puis la Ville d’Eté se construisent ; la population fixe d’Arcachon passe d’environ 750 habitants en 1866 à 3000 en 1881, puis plus de 8000 en 1886.

Cet engouement pour le littoral s’accentue au cours du XXème siècle, et la pression touristique augmente de façon marquée sur toute la façade Atlantique, particulièrement à partir des années 1960. C’est pourquoi la Mission Interministérielle d’Aménagement de la Côte Aquitaine (MIACA) est créée en 1967, afin d’encadrer le développement urbain et touristique. Le Schéma d’Aménagement de la Côte Aquitaine voit le jour en avril 1972, il prévoit de doter le territoire des équipements touristiques nécessaires en lui donnant une image de marque originale fondée sur la conjonction de l’océan, de la forêt et des lacs, tout en lui conservant son équilibre écologique et humain. Des Secteurs d’Equilibre Naturel sont ainsi créés, afin de préserver les milieux entre les zones à développer, traitées perpendiculairement à la côte et appuyées sur l’urbanisation existante. Ce programme ambitieux et mené de façon volontaire a permis à la côte Aquitaine de préserver la grande qualité de ses paysages.

La dune blanche, dynamique et mobile, surplombe la plage - Lacanau
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2 - L’urbanisation du territoire aujourd’hui / cartographie
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Dans la répartition du bâti se lit une fois de plus la dichotomie est-ouest qui organise le département : à l’est de la diagonale Garonne-Gironde, l’occupation humaine se répartit assez uniformément, héritage lointain des premières implantations agricoles gallo-romaines ; à l’ouest au contraire, le caractère désertique des Landes girondines reste dominant, et les villages semblent bien isolés les uns des autres - le Bassin d’Arcachon, véritable agglomération balnéaire, fait encore une fois figure d’exception. Entre ces deux pays très distincts se trouvent Bordeaux et son aire urbaine, accrochées à un méandre de la Garonne et réunissant plus de la moitié de la population girondine.

Carte générale de l’urbanisation + -
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Carte de l’urbanisation et des réseaux de déplacement
(source : Ocs2004 / IGN BD Topo - BD Alti)

Historiquement, l’urbanisation du territoire girondin est peu dense, et adopte plutôt une organisation diffuse. Cette structure du bâti, associée à une géographie relativement plane qui ne présente que peu de contraintes et offre beaucoup d’espace disponible, tend à exposer le département aux occupations lâches et au mitage.

Depuis le milieu des années 1970, l’augmentation du nombre de voitures individuelles a en effet transformé les modes d’urbanisation : jusqu’alors, les populations se groupaient autour des villes et des faubourgs, ou à proximité des réseaux de transports collectifs ; avec l’automobile, la croissance urbaine s’est progressivement diffusée de façon plus large et moins dense. La possibilité de travailler (ou d’accéder à des services) loin de son lieu de résidence a changé la donne et amorcé les phénomènes d’étalement urbain ("développement extensif et peu dense de l’urbanisation autour des centres urbains, en grande majorité sous la forme d’habitat individuel") et de mitage des espaces périurbains et ruraux ("développement progressif, dispersé et anarchique des constructions dans les paysages naturels ou agricoles").

Jusqu’en 1999, les pressions urbaines restent concentrées principalement aux alentours de Bordeaux et son agglomération, ainsi que sur le pourtour du Bassin d’Arcachon, mais depuis, on observe une baisse de l’importance de la Communauté Urbaine de Bordeaux dans la part des constructions neuves. Le développement résidentiel se diffuse aujourd’hui bien plus largement, d’autant plus que le réseau des infrastructures rend très accessible la majeure partie du département. De nouveaux secteurs sont ainsi soumis à des pressions urbaines fortes : le Cubzadais, la rive gauche de la Garonne en amont de Bordeaux et celle de l’estuaire en aval, ou encore le bassin versant de la Grande Leyre.

La population de plus de 1,4 millions d’habitants augmente régulièrement (environ 15 000 personnes par an entre 1999 et 2008), et la densité (142 h/km²) est supérieure de près de 40 % à la moyenne nationale. En 2008, la surface urbanisée sur le département représentait au total 42 000 ha, soit environ 4 % du territoire (deux fois plus que vingt ans plus tôt), dont 30 000 à l’intérieur du périmètre du SCoT SCoT Schéma de Cohérence Territoriale bordelais.

Tendances de la croissance urbaine en Gironde jusqu'en 1999 - document a'urba
crédits : a'urba
Tendances de la croissance urbaine en Gironde depuis 1999 - document a'urba
crédits : a'urba
3 - Un littoral à l’attractivité récente

Le Bassin d’Arcachon constitue le deuxième pôle de population du département, avec plus de 100 000 habitants, concentration d’autant plus surprenante qu’elle est entourée par les forêts peu habitées des Landes girondines. On a vu que le développement urbain du Bassin est le résultat d’un processus récent, initié au XIXème siècle. Depuis, l’engouement pour ce territoire s’est amplement confirmé et a entraîné une urbanisation très importante sur tout son pourtour. Aujourd’hui, les coupures d’urbanisation, espaces non bâtis entre les bourgs, deviennent très précieuses pour les milieux et paysages du Bassin et constituent des "respirations" importantes à l’échelle de l’agglomération du Bassin d’Arcachon.

Le front de mer est un élément typique de l'urbanisme balnéaire - Andernos-les-Bains
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Une étroite, mais nette, coupure d'urbanisation est maintenue entre Andernos et Arès grâce à la forêt
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Le front de mer de Soulac-sur-Mer, symbole du renouveau touristique de la ville dans la deuxième moitié du XIXème siècle
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Habitat balnéaire pavillonnaire - Soulac-sur-Mer
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La structure urbaine des villes du littoral atlantique est très particulière et liée à la morphologie des dunes et lacs, qui a évolué à travers les âges. En retrait de l’étang, à l’est, se trouve le village ancien : au XVIIIème siècle, le niveau d’eau était plus élevé, et ces implantations correspondaient alors au rivage du lac. C’est le creusement du Canal des Etangs qui, en drainant ceux-ci vers l’océan par le Bassin d’Arcachon, a fait descendre le niveau de l’eau de deux mètres. La côte actuelle de ces vastes plans d’eau, à son tour, a accueilli des hameaux, stations lacustres détachées du cœur de village. Enfin, à la limite ouest des dunes boisées, le troisième pôle, littoral cette fois-ci, s’est installé sous les pins, s’avançant parfois jusqu’à un front de mer au-delà des dunes. Cette configuration assure une bonne intégration dans ces paysages très spécifiques, mais une attention particulière doit être portée à la préservation des coupures urbaines entre ces différentes stations, garantes de la lisibilité des paysages autant que des villes.

A l'approche des dunes, entrée est de la ville littorale - Lacanau
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Habitat pavillonnaire et pinède se mêlent, au long de routes sinuant entre les dunes - Lacanau
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Ici, le front de mer s'avance jusqu'au sommet des dunes littorales, presque sur la plage - Lacanau
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L'esplanade touristique de Maubuisson, la ville lacustre - Carcans
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4 - Les larges mailles viaires de la forêt des Landes

Le réseau des routes qui traversent la forêt des Landes girondines, aux tracés rectilignes dessinés pour faciliter l’exploitation du bois et favoriser la rapidité des déplacements, a clairement déterminé l’emplacement des villages : autour de chaque croisement s’est développé un noyau bâti. Les structures de ces villages s’articulent donc en grande partie au long de ces axes routiers, se prolongeant souvent sur chaque branche du carrefour. Cette configuration implique en général un espace public au caractère très routier, sans réelle place pour le piéton et la vie sociale. Sur les axes majeurs, cette situation peut devenir symptomatique de l’urbanisation linéaire : la D1250 qui relie Bordeaux à Arcachon est longée de zones d’activités et de bâti disparate sur des portions conséquentes de son parcours, présentant un risque, si ce phénomène se poursuit, de continuum urbain au cœur de ces paysages forestiers.

Les zones d'activités s'étendent sans maîtrise au long de la route - Cestas
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Les longues routes rectilignes qui traversent les landes girondines sont parcourues de nombreux poids-lourds - Cestas
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L'importance de la route écrase l'espace public : pas de place pour le piéton - Marcheprime
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Les carrefours sont souvent au cœur des villages - Marcheprime
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Plus isolés autour des villages, les airials constituent un patrimoine important hérité de l’ancienne exploitation agropastorale des landes. Implantés le plus souvent à proximité des cours d’eau, afin de bénéficier de sols mieux drainés, ils se composent de quelques maisons accompagnées de diverses dépendances (grange, porcherie, four, puits...) réparties dans un large espace enherbé. Les feuillus (chênes notamment) accompagnant les bâtiments en faisaient, jusqu’à la plantation de la pinède au XIXème siècle, des oasis boisées au cœur des landes désertiques : aujourd’hui, les airials dessinent à l’inverse des clairières lumineuses cerclées de pins. Parfois groupés, ils forment alors des quartiers, petits hameaux dispersés dans la forêt. Cette typologie bâtie très particulière est un héritage discret, mais précieux, à préserver dans le cadre de l’urbanisation contemporaine.

D’autres facteurs influent sur la répartition des villages. Ainsi, dans la partie sud des Landes girondines, les vallées de l’Eyre et du Ciron sont accompagnées de localités plus importantes, et plus groupées, que dans le reste de la forêt. Ces chapelets de villages sont entourés d’un réseau de desserte locale légèrement plus dense que dans la presqu’île médocaine, au nord. Mais ce sont les routes de grande ampleur qui font réellement la différence : la A63 et la A65 desservent directement cette partie sud des Landes girondines, tandis qu’au nord, la presqu’île reste isolée, sans axe routier majeur.

Des bourgs importants se sont développés à proximité de la vallée de l'Eyre, ici le centre de Belin-Beliet
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Extension de Belin-Beliet
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Centre-bourg de Hostens, aux limites du bassin versant de l'Eyre
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Un airial vers Captieux
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La densité de répartition des villages augmente nettement à l’approche de la bordure est des bois de pins, vers les terrasses viticoles des Graves et du Médoc. On est déjà , alors, dans le territoire de Garonne et de l’estuaire ; sur les terrasses graveleuses, la vigne remplace la forêt, et les villages s’implantent à proximité du raisin autant que des voies commerciales fluviales et maritimes. Au long de la lisière forestière, les villages marquent le passage d’un domaine à un autre.

5 - L’occupation diffuse ancienne du nord-est

Dans la partie est du département, on peut définir deux types d’occupation bâtie : le maillage villageois des plateaux collinéens, et les pieds de coteaux urbanisés des vallées. L’Entre-Deux-Mers et les pays du nord (du Blayais au Libournais) sont parcourus d’un réseau dense et fin de petites voies : suivant les crêtes des collines ou franchissant les vallées, elles permettent l’exploitation agricole de ces terres, mais aussi la distribution du bâti sur tout le territoire. Les villas et domaines de l’aristocratie gallo-romaine avaient déjà jeté les premiers jalons de cette occupation, comme en témoignent encore les nombreux toponymes en -ac et -an, suffixes synonymes de possession souvent associés à des noms propres. Les défrichements du Moyen-Âge, puis la création des bastides ont complété cette trame. Pour la plupart - et à l’exception notable des bastides - ces villages ne disposaient pas d’un vrai cœur dense : l’église était entourée de quelques fermes, souvent groupées vers les hauteurs, mais sans former de bourg bien dessiné. Aujourd’hui, l’urbanisation s’éparpille sur tout le territoire, mais avec une ampleur bien supérieure. Autour de ces implantations originelles, les villages voient leurs extensions descendre de plus en plus vers les vallées, dispersant un bâti souvent banal sur les coteaux.

Pas d'espace public, une raquette de retournement dessert quelques pavillons - Artigues-Près-Bordeaux
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La majeure partie des logements récents s'organisent en lotissements en cul-de-sac - Pompignac
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Etape par étape, le bâti s'éloigne du cœur de village pour s'installer dans les vallons - Puisseguin
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Les bastides, au nombre de huit sur le territoire départemental, ont été fondées à partir du XIIIème siècle. Certaines se sont depuis développées bien au-delà du plan originel : Libourne compte ainsi plus de 23 000 habitants, et ses faubourgs ont depuis longtemps effacé l’enceinte ancienne ; d’autres sont restées de petites communes rurales, guère plus étendues que lors de leur fondation. Mais le plus souvent, elles ont conservé la structure si particulière de ces villes nouvelles médiévales : parcellaire orthogonal, rues étroites, grande place centrale avec arcades... C’est donc un patrimoine de grande qualité à préserver et valoriser, mais souvent encore malmené par des extensions peu réfléchies.

Les extensions récentes, lâches et disgracieuses, contrastent avec le bâti ancien dense des bastides - Sauveterre-de-Guyenne
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Les coteaux en rive droite de la Dordogne se révèlent dans le prolongement des rues étroites de la bastide - Sainte-Foy-la-Grande
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Le bâti ancien est en général très présent, mais il est fréquemment à l'abandon et en voie de dégradation - Sainte-Foy-la-Grande
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Les vallées, quant à elles, ont longtemps joué un rôle majeur dans les déplacements : à une époque où les chemins terrestres n’étaient ni sûrs, ni rapides, la navigation fluviale allait bon train. L’essentiel du commerce du vin transitait par les voies d’eau et une activité intense régnait au long des berges. Les vallées restent des lieux privilégiés pour l’implantation de l’habitat, et de nombreux villages se succèdent au long des routes en pied de coteau ; prudemment implantés en retrait des fleuves, souvent sur de légères terrasses, leurs extensions ont pourtant tendance aujourd’hui à coloniser les zones inondables. Les hameaux des berges, implantés originellement pour ces activités liées aux fleuves et souvent protégés par des digues, voient aussi se multiplier les constructions. Ces vallées concentrent donc une part importante de l’urbanisation : premiers axes de peuplement à la préhistoire, elles conservent aujourd’hui un rôle majeur en termes de démographie.

Les pieds de coteaux forment des lieux privilégiés d'implantation urbaine - Bourg
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L'alignement des maisons anciennes du village, au fond, marque la limite de la terrasse sur laquelle celui-ci s'est implanté à l'origine ; en contrebas, les extensions récentes sont construites en zone inondable - Les-Eglisottes-et-Chalaures
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Franchissement de la digue par la route, un système de protection est prévu en cas de crue - Bourdelles
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Lorsque le village s'avance jusqu'à la berge, les rez-de-chaussée sont surélevés - Saint-Denis-de-Pile
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Une large digue protège la rive gauche de la Garonne - Fontet
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Dans la vallée de l'Isle, la D1089, en rive gauche de la rivière, forme un couloir urbain important et quasi-continu entre Gours et Abzac - Saint-Seurin-sur-l'Isle
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